Municipales en Belgique : cafouillage dans les urnes et négociations intenses

Municipales en Belgique : cafouillage dans les urnes et négociations intenses

octobre 14, 2018 0 Par La rédaction

Le parti Ecolo victime cette nuit d’une attaque informatique, des problèmes informatiques avec de nombreuses machines de vote menant à des files d’attente parfois interminables comme à Uccle, mais également dans d’autres villes de la région bruxelloise et de Wallonie, des milliers de non belges dont nous avons appris qu’ils n’ont pas pu être inscrits sur les listes électorales, ce n’est pas peu de dire que les élections municipales qui organisent pour les 6 ans à venir les 600 villes du Royaume ont commencé dans la confusion.

L’enjeu est de taille tant les villes ont, dans ce pays ultra décentralisé, pour ne pas dire déstructuré, de l’importance. Enjeu aussi pour l’avenir des coalitions au sein des autres niveaux de pouvoir : les libéraux dirigent la Wallonie avec le petit parti Chretien démocrate CdH alors que ce sont les socialistes qui ont la main à Bruxelles en alliance avec ce même parti et les centristes de DéFI. L’équilibre des alliances, à quelques mois des élections fédérale et régionale de mai 2019, sera crucial et les négociations, qui probablement vont durer dans certains cas une bonne partie de la nuit, seront analysées de près. Plusieurs villes à observer attentivement : Liège ou le PS est pour le moment très dominant, Namur ou le CdH risque de perde sa majorité, Anvers la ville du très puissant président du parti nationaliste flamand N.VA, et bien sûr les 19 communes de la région bruxelloise ou l’équilibre des pouvoirs est ô combien fragile.

Alors que les bureaux de vote étaient censés fermer à 13 heures en Wallonie, un horaire délirant dans un des 3 pays d’Europe ou le vote est encore obligatoire,  il fut prolongé compte tenu de la longueur des files encore présentes.

Les Tendances par région 

Wallonie

Certaines personnalités politiques seront suivies de près ce dimanche soir. Parmi elles : Benoît Lutgen qui s’est imposé à Bastogne où il était opposé à son frère Jean-Pierre. Ce dernier a déclaré qu’il arrêtait « définitivement » la politique.

Il y a longtemps que l’on n’avait plus connu un scrutin communal aussi indécis à Charleroi. La majorité PS – cdH – MR dirige la Ville depuis 2007. Sauf qu’aujourd’hui, un parti vient redistribuer les cartes, à gauche de la gauche : le PTB qui réalise « une belle percée ».

Georges-Louis Bouchez, qui avait l’ambition de renverser la majorité en place avec « Mons en Mieux », obtient pour l’heure quelque 21% des voix. Pas assez, donc, pour réaliser son pari face à un PS loin devant (44%). La tête de liste socialiste à Mons Nicolas Martin obtient pour l’instant le plus de voix de préférence, il sera surement le nouveau Bourgmestre, l’ancien premier ministre, actuel président du Parti socialiste, qui participait à la liste.

Selon nos sources, les résultats des 38 bureaux de vote donnent le cdH en tête dans la ville de Namur. Des observateurs du parti considèrent déjà que le parti humaniste se dirige vers une victoire nette

Après dépouillement des votes dans un tiers des bureaux de Marche-en-Famenne, commune où s’affrontent le ministre wallon de l’Agriculture René Collin et le ministre-président wallon Willy Borsus, le cdH resterait en tête mais perdrait la majorité absolue.

A Olne, c’est celui qui avait révélé le scandale Publifin qui est sorti victorieux. Cédric Halin remporterait 10 sièges sur 15 dans cette commune de province de Liège.

Bruxelles

Ecolo tient la corde dans plusieurs communes. A Ixelles ou à Woluwe-Saint-Pierre par exemple. Zakia Khattabi, la coprésidente d’Ecolo, a pris la parole à Bruxelles pour saluer ce qu’elle décrit comme « la vague verte ». Selon elle, « les écologistes ont gagné ces élections ».

A Koekelberg, le résultat du scrutin indique une net recul pour la liste du bourgmestre sortant Philippe Pivin. Celle-ci n’a obtenu que 38,79% ( en recul de 17% par rapport au scrutin de 2012).

Les premiers résultats officiels à la Ville de Bruxelles (70 bureaux sur 100) laissent apparaître une baisse de 4% pour le parti socialiste du Bourgmestre sortant Philippe Close. Avec 25% des voix, il serait suivi par le parti Ecolo emmené par Benoit Hellings (21%) qui enregistrerait une belle progression (+9%). Le MR, et en particulier, la tête de liste M. Courtois, à l’origine du désastrer de la non construction du nouveau stade, semble être rejeté.

La liste Pro-Ganshoren emmenée par Pierre Kompany (le père de Vincent Kompany – joueur de l’équipe nationale – 3èmeà la coupe du monde) remporte largement le scrutin communal à Ganshoren. Elle obtient 28,38 % des voix, en hausse de 5,77% par rapport à 2012. En vertu d’un accord pré-électoral avec le MR, Pierre Kompany pourrait emporter le maïorat et devenir par la même le premier bourgmestre d’origine africaine en région bruxelloise.

A Uccle, le MR pris dans la tourmente des affaires, perd la majorité absolue mais conserve le mayorat grâce à une alliance sécrète avec les Ecolos signée avant les élections. C’est ainsi que le premier parti de la commune perd le premier siège au profit du grand perdant de l’élection.. Une histoire belge !

Flandre

A Anvers, Bart De Wever (N-VA) est le champion des voix de préférence, Groen double son score.

Selon des résultats presque définitifs à Bruges (113 bureaux sur 115 comptés), le CD&V de Dirk De fauw y est le plus grand parti, avec 31,8 %. Le sp.a de l’actuel bourgmestre Renaat Landuyt est le deuxième parti avec 19,4 % (-7,4%). Il avait déclaré que s’il récoltait une voix de moins, il jettait l’éponge.

La liste du bourgmestre sortant d’Ostende, Johan Vande Lanotte (sp.a), serait en tête suivie par la liste de l’Open Vld menée par Bart Tommelein. Sur 52 bureaux dépouillés sur 71, la liste du bourgmestre recueille 22,7% des votes et l’Open Vld 20%

Plus de Quarante Français étaient candidats

Issus de tous les partis, les français se sont impliqués en nombre dans ce pays où ils représentent la première communauté d’étrangers du Pays.

Investis au service de leurs concitoyens belges ou français, ils ont su s’installer dans le paysage politique français que ce soit en confirmant leur élection de 2012 comme Bertrand Wert à Ixellles (Ecolo), Jean-Manuel Cisey (MR – droite républicaine) à Watermael-Boitsfort ou leur récente implantation comme Véronique Ledermann (Uccle en Avant ! – Indépendant).

La communauté ayant fortement évoluée au cours des dernières années, les Français ont principalement voté Défi et Ecolo,  en accord avec la sociologie des nouveaux arrivants. Pour rappel, ces derniers ont porté En Marche et France Insoumise au second tour des élections législatives. Les historiques des Français de Belgique, les expatriés fiscaux, aujourd’hui largement minoritaires, ont, eux, continué à voter MR.

La rédaction

Le 14 Octobre 2018

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