Les ultra-riches n’ont jamais eu autant la bougeotte. Voilà ce que révèle une étude de la banque suisse UBS, qui a interrogé 87 de ses clients milliardaires. Selon son rapport, 36% de ses clients ont déjà déménagé une fois, alors que chez ceux âgés de 54 ans et moins, ils sont 44% à avoir changé de domiciliation en 2025. Chez les plus jeunes, presque un sur deux a déjà déménagé.
La plus grande migration de richesse privée
Pour la banque suisse, « nous vivons probablement la plus grande migration de richesse privée de l’histoire ». Une tendance confirmée par le cabinet Henley & Partners, spécialisé dans l’immigration d’investissement. En 2025, il a reçu des propositions émanant de 100 nationalités différentes (+28% en un an), pour 40 programmes différents de résidence ou de citoyenneté.
L’exemple le plus connu reste celui du Royaume-Uni, où le régime fiscal des « non-domiciliés » a convaincu 16 500 millionnaires de quitter le pays, faisant fuir 92 milliards de dollars. Greenback, une entreprise spécialisée dans la fiscalité pour les Américains expatriés, constate également que 49% des États-uniens partis vivre à l’étranger ont renoncé à leur citoyenneté pour éviter une double taxation.
Des projets dans certains États américains inquiètent aussi les riches contribuables. En Californie par exemple, un projet inspiré de la « taxe Zucman » a été à l’étude, porté par le puissant syndicat de la santé SEIU-UHW, qui représente 120 000 travailleurs. Le texte prévoit de taxer à 5% le patrimoine net des milliardaires résidant dans l’État le plus riche des États-Unis. S’il voyait le jour, ce prélèvement entrerait en vigueur en 2027, avec une date de référence fixée au 1er janvier 2026 pour déterminer les actifs concernés, et pourrait toucher plus de 200 milliardaires.
Bien qu’hypothétique, cette taxe a déjà commencé à provoquer des réactions contrastées dans la Silicon Valley. Jensen Huang, patron de Nvidia et neuvième fortune mondiale avec 155 milliards d’euros, assure ne pas être inquiet mais d’autres milliardaires semblent en revanche anticiper le risque : selon la presse américaine, Larry Page aurait transféré une partie de ses actifs vers le Delaware et la société d’investissement de Peter Thiel a ouvert un bureau à Miami, signe que l’hypothèse d’une taxe sur les grandes fortunes commence déjà à peser sur les stratégies patrimoniales.
Le succès des Golden Visas
Mais où vont les ultra-riches ? La tendance, sans surprise, c’est plutôt vers le Golfe, notamment vers les Émirats arabes unis. Le pays a une politique fiscale très souple, sans impôt sur la fortune, les plus-values et surtout un impôt sur le revenu à 0%. Il propose également des Golden Visas relativement faciles à obtenir, contre de l’argent cash ou des promesses d’investissement dans un marché déjà florissant. Résultat, il a enregistré l’arrivée de 9 800 millionnaires en 2025, un record.
Les Golden Visas ont pourtant également la cote en Europe. Le Portugal, la Grèce, l’Italie, la Suisse et Monaco ont par exemple attiré des milliers de millionnaires grâce à ces règles sur mesure. Arrivent ensuite Singapour, réservé aux gros portefeuilles mais ultra stable et aux multiples opportunités de marché, puis les Caraïbes et leur régime fiscal souvent très avantageux. Même si, dans la majorité des cas, les plus grosses fortunes ont des antennes dans plusieurs de ces destinations, pour se prémunir du moindre risque et optimiser les taxes à régler en fin d’année.
























