Les Français de l’étranger, futurs rapatriés climatiques ?

Les Français de l’étranger, futurs rapatriés climatiques ?

octobre 11, 2018 0 Par La rédaction

Environ 700  millions de personnes – un 8èmede la population mondiale – vivent dans une zone côtière de faible élévation c’est-à-dire  en dessous de 10  mètres au-dessus du niveau de la mer ; 150 millions en Chine, 70 en Inde et au Bangladesh, 30 millions au Japon et 25 millions aux Etats Unis. Ces zones comprennent certaines des plus grandes zones urbaines de la planète comme Shanghai, Calcutta, Londres et New-York.   En Europe, un pays comme les Pays-Bas sera très durement affecté.

Du 1erau 6 octobre s’est tenue la 48e session du Groupe des experts climat de l’ONU (Giec) lors d’une réunion à huis clos. Avant de publier le rapport adopté à l’unanimité, il a fallu surmonter l’opposition de l’Arabie Saoudite.   Le rapport a été rendu public lundi matin.

Au cœur de ce rapport – fait sur la base de 6.000 études – se trouve la grande différence d’impacts entre un réchauffement de +1,5°C et de +2°C   

Ce qui frappe est que le rapport ne décrit pas un horizon lointain, mais proche.   2030 c’est demain.  En effet si le réchauffement « continue de croître au rythme actuel », sous l’effet des émissions de gaz à effet de serre, il « devrait atteindre 1,5°C entre 2030 et 2052.  Avec+1,5° supplémentaire, le niveau des océans monte de 48 cm et frappe 46 millions de personnes.  Surtout au-delà de +1,5°c, il y a une vraie menace d’emballement: vagues de chaleur, extinctions d’espèces, ou déstabilisation des calottes polaires, source de montée des océans sur le long terme.  Nous arriverons à  +3°C à la fin du siècle.

Entre 300.000 et 400.000 Français vivent à Londres, plus de 100.000 habitent les grandes villes de la Côte Est des Etat Unis (NYC, Washington, Miami).. de très nombreux autres vivent dans des zones côtières de très faible altitude (Pays Bas, Rio de Janeiro, Tokyo etc..) . Pour ces Français de l’étranger, la question du retour au pays pourrait se poser plus rapidement qu’ils ne le pensent. 

 

Il est encore possible d’éviter ce scenario catastrophe. Mais ceci nécessite une très forte baisse des émissions de CO2 à l’horizon 2050.  Pour y parvenir, il faut prendre dès maintenant des décisions fortes et surtout les mettre en oeuvre. Les énergies renouvelables doivent passer de 20% à 70% de la production électrique au milieu du siècle, la part du charbon être réduite à quasi zéro, la demande d’énergie globalement baisser et l’efficacité énergétique croître…  Dans le détail l’industrie doit réduire ses émissions de CO2 de 75-90% d’ici 2050 par rapport à 2010 et les transports doivent passer aux énergies bas carbone (35-65% en 2050 contre moins de 5% en 2020). Ceci implique 2.400 milliards de dollars d’investissements annuels entre 2016 et 2035 pour la transformation des systèmes énergétiques, soit 2,5% du PIB mondial.  S’il est conséquent, le coût n’est pas prohibitif surtout comparé avec celui de l’inaction.

Comme souvent, les Français de l’étranger se retrouvent aux avant-postes de nouveau défi :  le combat contre le réchauffement climatique. Ils le sont d’abord car beaucoup vivent dans ces zones urbaines côtières directement menacées par la montée du niveau des mers et par la violence et la fréquence d’épisodes météorologiques.  Il le sont aussi car nombre d’entre eux  effectuent des déplacements aériens fréquents pour leur travail et pour revenir régulièrement en France. Ils le sont enfin, car un monde déréglé sera un monde marqué par les replis nationalistes et la multiplication des  conflits et des  guerres.

La rédaction

Le 07 Octobre 2018

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