« Les disparus du phare », un polar écologique et rafraichissant

« Les disparus du phare », un polar écologique et rafraichissant

octobre 10, 2018 0 Par La rédaction

Vous avez quitté la chaleur intenable des grandes plaines américaines ou la mousson asiatique et vous espériez retrouver le climat tempéré de la douce France. C’est râpé ! Que vous soyez sur la côte d’Azur ou au fin fond de l’Auvergne, vous suffoquez de chaud et aspirez à la fraicheur écossaise. Seuls les privilégiés de Ouessant peuvent espérer en avoir un avant-goût.

Si vous voulez vous détendre en imaginant sur vous le crachin et la brise marine, si vous voulez faire des rêves froids et non torrides, si vous aspirez à un monde en train de disparaitre à cause du réchauffement climatique, lisez Peter May. Si vous voulez lire un bon polar, tout en vous rafraichissant l’esprit et vous sensibiliser à l’avenir écologique de planète, lisez son avant dernier livre : Les disparus du phare.

Imaginez les Hébrides extérieures. Non ce n’est pas au large de l’Australie… Il s’agit d’un archipel d’iles sauvages en face des highlands écossais. Imaginez d’immenses plages de sables d’un blanc virginal, des montagnes d’un vert émeraude et des ciels bleus comme il en existe peu. Non ce n’est pas un tableau de Gauguin… ce sont les iles de Lewis et de Harris dont vous connaissez probablement les fameux tweeds, tant prisés par Mademoiselle Chanel.

Peter May écrivain écossais installé dans notre Sud Ouest a déjà écrit La trilogie écossaise qui comprend L’Ile des chasseurs d’oiseaux, L’Homme de Lewis et Le Braconnier du lac perdu (éd. Rouergue noir, 1008 p, 26,90 €). Le narrateur des Disparus du phare n’est plus l’inspecteur Fin McLeod, mais un homme amnésique qui se réveille un jour sur le sable, rejeté par la mer. Il ne sait plus qui il est, où il est, ni ce qu’il fait sur cette île perdue. Le thème de l’amnésie est classique, mais tout l’art de Peter May est de savoir construire une intrigue riche en rebondissements autour de personnages à forte densité humaine, dont le chien n’est pas le moindre. La nature est omniprésente, belle sauvage à peine effleurée par l’homme. Toute l’ingéniosité de l’écrivain est de greffer une problématique écologique d’actualité – la disparition des abeilles -et vous avez le parfait thriller pour bronzer intelligemment tout en vous musclant l’esprit. Tout ceci ferait un superbe scenario pour un film de Roman Polanski…

Vous refermez le livre des images écossaises plein la tête, votre conscience citoyenne aiguisée et certain que l’abeille est l’avenir de l’homme.

Les Disparus du phare, Peter May, traduit de l’anglais, Les éditions du Rouergue, 2016, 314 pages, 22,50 euros

 

 

 

Jean Louis GIBAULT
Le 08/08/2018

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