« Les Billes du Pachinko » de  Elisa Shua Dusapin

« Les Billes du Pachinko » de Elisa Shua Dusapin

octobre 12, 2018 0 Par Jean-Louis Gibault

Elisa Shua Dusapin est une écrivaine franco-coréenne.    Née en France d’un père Français et d’une mère Sud-coréenne, elle a grandi  entre la France et la Suisse.  En 1995 sa famille s’installe dans le Jura Suisse. Elle développe jeune un intérêt pour la littérature.  Diplômée de  la Haute Ecole des arts de Berne, elle obtient un bachelor en écriture en 2014 de l’institut Littéraire Suisse de Bienne puis un master de « Français moderne » à l’université de Lausanne.

Elisa Shua Dusapin publie son premier roman  en  2016.   Ce dernier Hiver à Sokcho  est accueilli très favorablement par la critique et remporte un beau succès.  Il obtient aussi de nombreux  prix littéraires suisse et français :  Prix Robert Walser, pris Alpha et le prix Régine Déforge.

 

Hiver à Sokcho, c’est l’histoire d’un Français.  Il arrive  dès les premières lignes et s’en va à la fin . C’est un client de passage dans un hôtel. Il est au cœur d’un triangle amoureux, entre  lui, la narratrice et son fiancé Jun-Ohn, un mannequin. L’écriture est d’une superbe simplicité, le vocabulaire précis et  l’atmosphère celle d’un huis clos.  C’est un roman intimiste – avec un érotisme tout en retenue- au carrefour de plusieurs identités culturelles.

Le second roman d’ ESD était donc attendu pas beaucoup.  Toujours publié chez Zoé – une maison d’édition suisse romande fondée en 1975 et qui  s’intéresse à des auteurs qui savent créer des univers littéraires –  Les Billes du Pachenko est sorti en août 2018.

Entretien avec l’auteur

L’ héroïne-narratrice  s’appelle Claire.   Agée d’un peu moins de trente ans, cette Suisse d’origine coréenne,  se rend un été chez ses vieux grands-parents maternels des Coréens  qui ont émigré au Japon il y a cinquante ans pour fuir la guerre.    Son grand-père y tient un établissement de pachinkos : des flippers verticaux semblables aux  machines à sous des casinos  Elle veut organiser avec eux un voyage en Corée, pays qu’elle ne connait pas et où ses grands parents ne sont jamais retournés. Claire  a aussi répondu à une annonce demandant une répétitrice de langue française pour s’occuper de Mieko, une petite Japonaise de dix ans  que sa mère désire envoyer en Suisse poursuivre ses études.  Les deux histoires permettent à nouveau à ESD d’aborder la question de l’identité culturelle  ou plutôt des identités multiples , de la quête et de la solitude que peut ressentir celui qui est expatrié.

Son écriture maitrisée et subtile est  au service d’un livre d’une grande pudeur emprunt de mélancolie.  Cette mélancolie que ressentent beaucoup de ceux qui vivent à l’étranger.

Les Billes du Pachinko, Elisa Shua Dusapin  Editions Zoé,  2018, 144 pages, 15,50 €

 

Jean-Louis GIBAULT

Le 12/10/2018

 

 

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