Les Allemands favorables à un Conseil européen de sécurité

Les Allemands favorables à un Conseil européen de sécurité

octobre 19, 2018 0 Par La rédaction

Jean Claude Juncker, Président de la Commission Européenne, souhaiterait passer du principe de prise de décision à l’unanimité à celui de la majorité qualifiée en matière de sécurité et de politique étrangère. Difficile, mais l’Allemagne y vient. Lors d’un discours à l’Institut fédéral des Hautes études sur la sécurité de Berlin, le Ministre des Affaires étrangères allemand, Heiko Maas, a plaidé pour la création d’un Conseil de sécurité Européen. « Nous pourrions, au sein d’un cercle d’Etats membres changeants (comme à l’ONU), travailler plus rapidement et plus intensément à trouver des solutions aux crises actuelles… Nous devons rendre l’UE enfin capable de mener sa politique étrangère. »

Angela Merkel avait déjà évoqué cette possibilité en rappelant le modèle du Conseil de Sécurité des Nations unies, dont les pays sont membres par rotation. Il reste à faire aussi accepter le principe de membres permanents, comme l’est la France à l’ONU, et non l’Allemagne. La France sera d’ailleurs bientôt le seul membre permanent du Conseil de sécurité, après le départ du Royaume-Uni. Il ne serait pas concevable qu’en matière de défense les « grands », ceux qui ont des capacités militaires, soient absents

Cette idée traduit en tout cas l’engagement progressif de l’Allemagne pour une défense européenne. Il est évidemment qu’il ne peut y avoir de diplomatie sans politique de défense. Et qu’il ne peut y avoir de politique de défense sans harmonisation des forces de défense, sans industrie de défense. Cela incitera sans doute Belges, Allemands, Polonais, et tous les européens à se doter de matériel européen. La Chine travaille à l’autonomie de  son industrie de défense. L’Europe doit la reconquérir.

La question de l’abandon de l’unanimité est plus complexe. Car si on peut supposer que les grands pays comme la France et l’Allemagne peuvent l’accepter, puisque rien ne pourrait se faire sans eux, la susceptibilité des autres pays est plus délicate. On devrait peut-être moduler les droits de vote en fonction du budget consacré à la défense ?

La rédaction

le 19 Octobre 2018

Publicités