Le voyage à Pyongyang

Le voyage à Pyongyang

octobre 9, 2018 0 Par La rédaction

 

Mais quelle mouche a bien pu piquer certains Français de l’étranger pour  qu’ils se rendent en Corée du Nord?

Le très sérieux groupe de presse britannique The Economist procède depuis 2006 à un classement des pays selon un indice de démocratie.  Depuis sa création, c’est la Corée du Nord, qui a le plus faible score :  1,08 en  2017  (sur une échelle de 1 à10) loin derrière l’avant dernier… la Syrie (1,43).  Aucune dictature n’égale celle des Kim qui ont fait de leur pays un état voyou qui trempe dans tous les trafics : stupéfiants , armes….

 

 

Dans cet enfer, on ne trouve heureusement  quasiment aucun Français.  La  carte interactive du Ministère des  Affaires Etrangères  est rassurante  sur ce point.  La France n’a d’ailleurs pas de relations diplomatiques avec la République populaire démocratique de Corée (abrégé RPDC).

 

La surprise est donc grande d’ y retrouver ce weekend Gérard Depardieu.  Après la Belgique, il avait annoncé son installation en Algérie et on le croise à Pyongyang pour les cérémonies de célébrations des  70 ans de la RPDC.  Harold Thibault, l’envoyé spécial du journal Le Monde  rapporte que la star nationale  a  lancé aux reporters présents « je n’aime pas les journalistes » avant de vite s’en aller.

 

 

 

 

Cela fait 5 ans que la RPDC n’a pas organisé de telles cérémonies : parade militaire, chorégraphies de masse dans un stade de 100.000 places.  Il y a 5 ans,  dans une période diplomatiquement plus sensible, un sénateur des Français de l’étranger y assistait  contre l’avis du Quai d’Orsay. Comme Gérard Depardieu, il n’avait pas non plus apprécié la présence de journalistes britanniques :  » le sénateur a été contrarié par la présence de journalistes anglais qui l’ont reconnu et n’a pas hésité à le faire savoir » relate  un journaliste dans  un article consacré au Sénateur Chritophe Frassa

Un autre journaliste parle même  de « nordcoréophilie  » pour celui qui s’était déjà rendu en 2011 en RPDC.

 

Dans le cas de Gérard Depardieu, la presse parle de motivations  qui seraient principalement financières.   L’acteur ne semble en plus  pas être particulièrement allergique aux dictateurs : il n’hésite d’ailleurs pas à faire état de son amitié  avec le président russe Vladimir Poutine,  ni à s’afficher avec les très démocrates Alexandre Loukachenko (Biélorussie)  ou Ramzan Kadyrov (Tchétchénie).  A droite de l’échiquier politique actuel, des hommes politiques font aussi régulièrement le déplacement de Moscou.

On peut espérer que le voyage de Pyongyang soit pour Gérard Depardieu l’occasion d’une prise de conscience, comme cela le fut en son temps pour André Gide qui de retour  des funérailles de Gorki rédigea un livre dénonçant le totalitarisme soviétique :Retour d’URSS. On peut même pardonner ses errements à un acteur dont le génie dépasse  le naufrage.

Dans le cas du sénateur Frassa,  Président de la Fédération de l’Etranger des Républicains, défenseur de la ligne de  Laurent Wauquiez,  maçon et président de la FraPar (la fraternelle qui regroupe les parlementaires maçons), une question se pose : Si André Gide a rapporté dans ses bagages un livre, qu’a  donc rapporté de Pyongyang le Sénateur Frassa?  On attend toujours son livre…

La Rédaction,

 

Le 09/09/2018

 

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