Le Trésor bloque la construction de Lycées Français

Le Trésor bloque la construction de Lycées Français

décembre 4, 2018 0 Par Redaction

André Ferrand, président de l ANEFE depuis 2005

Début septembre la sacro-sainte direction du trésor a interrompu brutalement le fonctionnement de l’ANEFE. Pour le vulgum pecus la nouvelle est passée inaperçue. Pour les Français de l’étranger il s’agit d’une véritable bombe à retardement. La décision fait l’effet d’un coup de théâtre et pourrait durablement bloquer le développement du réseau d’enseignement français à l’étranger.

Dans les faits, suite à un audit du trésor, le ministère de l’économie et des finances a stoppé le traitement des dossiers par l’ANEFE, association nationale des écoles françaises à l’étranger.

Cette dernière a été fondée en 1975 sous la forme d’une « association loi de 1901 ». Seuls les établissements scolaires homologués par le Ministère de l’Éducation Nationale et ayant des conventions ou partenariats avec l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Étranger (AEFE) peuvent rejoindre l’ANEFE. En échange l’association leur permet d’obtenir la garantie de l’État pour leurs financements immobiliers. Tout ceci est encadré par des procédures strictes  établies dans la  loi en  1979 et  ajustées par  le décret n° 2008-1516 du 22 décembre 2008

Le rôle de l’ANEFE dans la construction ou l’extension d’écoles et lycées est non seulement fondamental mais aussi institutionnel. Par ailleurs, au lendemain du discours du Président de la République fixant comme objectif à l’horizon 2028 le doublement du nombre d’élèves dans le réseau d’enseignement à l’étranger, la question du financement des projets immobiliers est brûlante.

Il est donc compréhensible que l’état soit soucieux de vérifier l’efficacité et la pertinence de l’ANEFE comme outil à la disposition de l’ambition présidentielle. Néanmoins, trois mois après la décision de Bercy, les acteurs restent dans l’ignorance du devenir. Ni le Ministère des affaires étrangères, ni le Ministère de l’éducation nationale ne sont tenus  informés des motifs de la suspension ou de sa durée.

Evelyne Renaud-Garabedian

C’est dans ce contexte que le 18 octobre dernier la sénatrice des Français de l’étranger, Évelyne Renaud-Garabedian, a posé une question écrite à Bruno Lemaire, le Ministre de l’économie et des finances. Elle attire l’attention du gouvernement sur le fait que « Dans son discours sur la francophonie du 20 mars 2018 dernier à l’Institut de France, le président de la République déclarait vouloir « développer les établissements partenaires avec l’objectif de doubler le nombre d’élèves accueillis au sein du réseau scolaire français d’ici à 2025 ». Or cette suspension des engagements de l’État remet en cause le développement de projets immobiliers en cours nécessaires à l’accueil d’élèves nouveaux, en particulier dans cinq établissements dont ceux de Panama et de Mascate (Oman). »

Face à l’urgence de la situation la sénatrice souhaite « savoir quelle solution transitoire peut être envisagée pour ces établissements directement affectés par cette décision soudaine et dans quels délais les conclusions de l’audit pourront être remises »

Plus globalement elle s’interroge sur « les moyens que le Gouvernement entend déployer pour augmenter les capacités d’accueil des établissements français à l’étranger et répondre ainsi à l’objectif de croissance de leurs effectifs voulu par le chef de l’État. »

A ce jour la question d’Evelyne Renaud-Garabedian est restée sans réponse. Il semble pourtant important que la direction du trésor informe les parties prenantes et les considère comme des partenaires.

S’il y a des corrections à apporter au fonctionnement de l’ANEFE il est normal d’y procéder. Cela fera bientôt un an que la parole présidentielle est tombée et l’énergie de tous est nécessaire au succès du chantier du doublement des effectifs. Dossiers stoppés,  rééchelonnement de dette interrompu, non dépôt de nombreux projets de par le monde, en quelques mois le bilan est déjà lourd.   Pour que l’ambition présidentielle réussisse, il faut que des salles de classes soient construites.

 

La Rédaction,

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