Le solde migratoire de la France  vire au rouge?

Le solde migratoire de la France vire au rouge?

janvier 8, 2019 0 Par Redaction

Cette semaine un géographe, Laurent Chalard, a fait paraitre dans Le Figaro une tribune au titre provocateur « Les Français de l’étranger fuient-ils la France ? »

L’universitaire y commente les données que l’INSEE vient de publier pour 2015. Le principal constat est une surprise de taille : pour la France métropolitaine le solde migratoire a été négatif en 2015. Plus de personnes ont quitté la Métropole que d’autres n’y sont venues.

La France comptait 64,468 millions d’habitants le 1er janvier 2016 alors qu’on s’attendait à près de 100.000 personnes de plus.
Avec +168.000 personnes 2015 a connu le plus faible accroissement de la population depuis longtemps.

Il y a deux facteurs d’augmentation de la population : le solde naturel (différence entre les naissances et les décès) et le solde migratoire (différence entre les entrées et les départs).

Ces deux indicateurs ont nettement baissé en 2015 !

Tout d’abord le solde naturel de la France métropolitaine a chuté de + 234 164 personnes en 2014 à + 178 651 personnes en 2015. Cette baisse s’explique par la baisse de la fécondité et la hausse de la mortalité. Pour Laurent Chalard le solde migratoire aurait fortement chuté passant de + 38 699 personnes en 2014 à – 10 000 personnes en 2015 alors qu’on s’attendait à un solde positif d’environ 80.0000 personnes. .

Comment expliquer ce déficit du solde migratoire ? Les attentats de 2015 pourraient avoir eu une influence sur l’attractivité de la France et incité aussi certains à la quitter. En absence de données disponibles, on ne peut pas tirer de conclusion certaine.

De quels éléments dispose -t-on ? Les entrées d’étrangers ont augmenté en 2015, année de crise. Il faut donc penser que le déficit est provoqué par une augmentation de départs des nationaux et de moindre retours des expatriés !

Ce solde négatif serait la conséquence d’une baisse dramatique de l’attractivité considérable de la France
Laurent Chélard parle « rupture historique, la France étant une terre d’immigration depuis le XIXe siècle et non une terre d’émigration ».

 

Laurent Chalard

 

Il faudra néanmoins attendre les résultats détaillés des recensements des prochaines années pour déterminer si le phénomène relève bien d’une réalité et non des biais statistiques évoqués précédemment, et pour éventuellement savoir si le déficit migratoire s’avère conjoncturel, produit d’un «coup de blues» momentané, ou s’il s’inscrit dans une tendance à plus long terme, synonyme d’une perte de confiance des Français dans leur capacité à s’épanouir pleinement dans leur pays, augurant mal de son avenir.

 

Les chiffres fournis sont ceux de 2015.  Depuis il y a eu  des changements.  La lecture des dernières données sont celles des Français inscrits sur les registres consulaires au 31/12/2017, il y a un an. Le ministère des affaires étrangères constate que « Le nombre d’inscrits au registre des Français tenu par les consulats au 31 décembre 2017 s’élève à 1.821.519, soit une progression de 2.2% par rapport à 2016. Cette augmentation est inférieure à la tendance moyenne d’accroissement de la communauté française à l’étranger au cours des dix dernières années, à savoir une croissance annuelle moyenne de 3,24 % ».

 

Le nombre des Français inscrits sur les registres consulaires a continué à croître, mais de manière moins soutenue.

La France semble redevenue plus attractive.  Ceci ne devrait pas être sans effet sur le solde migratoire.

La Rédaction,

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