Le Pape et les Parrains

Le Pape et les Parrains

octobre 9, 2018 0 Par La rédaction

Devant 100.000 fidèles, à Palerme, le Pape François a dénoncé la Mafia: « On ne peut pas croire en Dieu et être mafieux. ». Premier pape non italien depuis des siècles, Jean Paul II avait été le premier pape à dénoncer la Mafia. Quand il avait demandé dans un prêche à Agrigente, en Sicile, aux mafieux de cesser leurs activités et de se convertir, la Mafia avait répliqué : une bombonne de gaz avait été placée devant la basilique du Latran, deux autres attentats avaient été commis dans des églises. Benoit XVI, lui, avait reconnu « martyr » un prêtre assassiné par la Mafia, Giuseppe Puglisi, dit Don Pino, celui-là même que le Pape François est allé célébrer à Palerme. Le Pape avait déjà déclaré en Calabre, fief de la NDrangheta, que les mafieux devaient être excommuniés.

Mais l’excommunication doit être signifiée et personnalisée. Une excommunication générale est sans portée, sinon symbolique. Le Vatican souhaite-t-il se doter d’un document décidant l’excommunication de tous ceux qui participent au crime organisé ? C’est ce qu’on laisse entendre. Cela signifierait-il que les prêtres auront le devoir de signaler les criminels notoires et leur refuser la communion ? Alors, l’Italie, loin de là, ne sera pas la seule concernée. Le bastion catholique qu’est encore l’Amérique latine sera au premier rang. Sans compter les Etats-Unis. Que d’excommuniés en puissance !

Il y a deux ans, le procureur de Reggio di Calabria, Nicola Gratteri, avait déclaré craindre pour la vie du Pape. Ce dernier avait décidé de faire le ménage dans les comptes du Vatican, dont certains auraient permis de blanchir des comptes mafieux. Selon ce Procureur, la Ndrangheta calabraise l’avait mal pris. Cela fait-il partie des bruits habituels de complots contre le Pape ? Lorsque la Mafia croise le Vatican, tous les fantasmes prennent leur envol. Ne se rappelle-t-on Le Parrain 3 qui reprenait la thèse du Pape Jean-Paul Ier empoisonné par la Mafia un mois après son élection? L’Eglise et la Mafia ont parfois été complices, avec la Démocratie Chrétienne sicilienne au cœur de l’écheveau, comme l’illustrait si bien l’ancien maire de Palerme, Salvo Lima.

Curieusement, aujourd’hui, il semble que le crime organisé soit plus puissant qu’hier, et l’Eglise plus faible. A tel point que l’on peut se demander, si l’Eglise décidait d’engager la bataille, laquelle de ces deux internationales, celle du poignard ou du goupillon, serait la plus forte. Prions pour que la religion de l’amour soit plus forte que celle du crime. A moins que cela ne reste, comme souvent, des vœux pieux.

 

La Rédaction,

 

Le  19/09/2018

 

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