Le fisc français, toujours champion d’Europe

Le fisc français, toujours champion d’Europe

novembre 5, 2019 0 Par Philippe Crevel

Selon Eurostat, les recettes fiscales représentaient en moyenne 41,7% du PIB au sein de la zone euro en 2018 (40,3% dans l’ensemble de l’Union européenne). Par rapport à 2017, ce ratio a augmenté de 0,2 point.

Le rapport entre les États membre est de 1 à 2. En effet, en Irlande, le taux de recettes fiscales est de 23% du PIB quand il atteint en France 48,4% du PIB. Notre pays occupe le premier rang. Il devance la Belgique (47,2%), le Danemark (45,9 %) et la Suède (44,4 %). Parmi les pays qui demandent le moins à leurs citoyens figurent après l’Irlande, la Roumanie (27,1 %) et la Bulgarie (29,9 %).

Forte hausse depuis 2002

En France, le poids de la pression fiscale est en forte hausse depuis 2002. En 16 ans, elle est passée de 44,1 à 48,4 % du PIB quand les ratios respectifs pour la zone euro sont 39,7 et 41,7 %.

Les impôts sur la production et les importations représentent en moyenne 13,6 % du PIB au sein de l’Union européenne et 13,3 % du PIB pour la zone euro. En France, leur poids est de 16,7 % du PIB. Néanmoins, notre pays ne détient pas le record en la matière, la première place étant occupée par la Suède (22,4 %) suivie de la Croatie (20,1 %).

Poids des cotisations sociales

Pour les impôts sur les revenus et le patrimoine, la France se situe dans la moyenne européenne. Ils représentent dans notre pays 13,3 % du PIB contre 13,2 % pour l’Union européenne et 13 % pour la zone euro. La Suède détient une fois de plus le record avec un taux de 18,6 % du PIB. Le poids des impôts sur le revenu est en France de 9,6 % du PIB. Ce poids est de 24,7 % au Danemark et de 15,1 % en Suède. En revanche, la France se démarque au niveau des cotisations sociales qui s’élèvent à 18 % du PIB contre 13,3 % du PIB pour l’Union européenne et 15,2 % du PIB pour la zone euro. L’Allemagne avec un taux de 17,1 % du PIB se situe juste derrière la France.

Impôts et déficits

Au sein de l’Union européenne, la France se caractérise par le niveau élevé de ses prélèvements et par le poids de ses cotisations sociales. Elle se démarque également par leur forte progression qui est intervenue depuis 2010 de manière quasi ininterrompue sans pour autant que cela se soit accompagné d’un véritable assainissement des finances publiques. La situation française semble confirmer la règle en vertu de laquelle un assainissement des comptes publics reposant sur les impôts est moins efficace que celui fondé sur des économies budgétaires. En effet, le déficit public français était de 2,5 % du PIB en 2018 quand la moyenne de la zone euro était de 0,5%.

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