Le fantôme du FLN propose la candidature du fantôme de Bouteflika.

Le fantôme du FLN propose la candidature du fantôme de Bouteflika.

novembre 1, 2018 0 Par La rédaction

Le FLN, le parti au pouvoir en Algérie depuis l’indépendance, a proposé la candidature du Président Bouteflika pour un cinquième mandat à la tête de l’Algérie. Abdelaziz Bouteflika avait été élu la première fois en 1999. A ce moment, l’Algérie comptait moins de 30 millions d’habitants. Elle dépasse les quarante aujourd’hui. De là à penser que Bouteflika est le père de la Nation, il n’y a qu’un pas qu’ont franchi les dirigeants du FLN. Près d’un tiers des Algériens n’étaient pas né lorsque Bourteflika accéda au pouvoir. A la fin de son cinquième mandat, ce sera la moitié. Car s’il est candidat, il sera réélu. Il n’a jamais obtenu moins de 78% des voix. La dernière fois, il était déjà malade. On parlait déjà de fin de règne. On disait déjà que si l’armée et le FLN qui dirigent le pays voulaient le conserver, c’était parce que la guerre des clans faisait rage. Ce que l’on dit encore aujourd’hui.

Pourtant, au cours de ce dernier mandat les choses se sont éclaircies. Le général Toufik, puissant chef du renseignement a été évincé. Djamel Ould Abbès a pris la tête du FLN, dont le Président d’honneur est Bouteflika , et a évincé un bon nombre des cadres antérieurs. De fait, le FLN est devenu, comme de juste le parti du Président. Et de son frère. Car chacun sait que si Abdelaziz n’a plus la force de diriger le pays, n’a plus la force de marcher, de parler, voire de penser, son frère Saïd,  lui, a accru les siennes, de forces, et la bonne fortune de ses amis. Saïd Bouteflika dirige l’Algérie. Et la candidature de son frère, annoncée par le FLN, ou ce qu’il en reste, tant le parti n’est qu’artificiellement plaqué sur le pays, permet de taire toutes les ambitions. Personne ne sera sérieusement candidat contre le fantôme. (Le vrai Bouteflika ne s’est plus exprimé en public depuis 2012). Mais en réalité, rien n’est fait.

Le Président Bouteflika n’annoncera sa décision, celle d’être à nouveau candidat, et de répondre à la pression amicale de ses amis, qu’en janvier. Ce sera un événement. Sa dernière apparition date de 2016. Malgré le talent des médecins du Val de Grace, il pourrait ne pas tenir, ni le temps d’une interview, encore moins celui d’un cinquième mandat. Alors il est probable, qu’au moment de la candidature, Abdel Aziz demande à son jeune frère (60 ans seulement)  de le remplacer et de se sacrifier à son tour. Pendant ce temps , la candidature du Président bloque tout le monde.  Sauf Saïd.

L’armée devra bien considérer qu’il n’y a en fait pas d’autre solution. D’autant que les généraux n’ont pas été maltraités. Il n’est donc pas certain, contrairement aux annonces, que le président Bouteflika se succédera à lui-même. Ce serait prendre, pour son frère, un risque trop grand : celui de rater le coche. Il est un moment où ce que l’on peut supporter de l’autorité légitime devient insupportable quand elle émane du pouvoir de l’ombre. Le fantôme de Bouteflika a donc toutes les chances de devenir le prochain Président, mais il y a fantôme et fantôme.

La rédaction

le 01 Novembre 2018

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