Le Corbusier en Inde

Le Corbusier en Inde

octobre 11, 2018 0 Par La rédaction

Le Corbusier est un des architectes qui marquent l’architecture du XXème siècle.   Par ses écrits comme par ses réalisations il a initié le modernisme en architecture.

Née en 1887 dans le Jura Suisse, il étudie deux ans un cours supérieur d’art et décoration avant de voyager  longuement en Europe en  puis de rejoindre l’agence des frères Perret. Il s’installe définitivement à Paris en 1917. Au cœur de sa vision de l’architecture se trouve l’utilitarisme. Pour Le Corbusier « la maison est une machine à habiter ».

Suite aux destructions de la première guerre mondiale, Le Corbusier, élabore un système de construction industrielle, pour faciliter la réalisation de maisons avec des modules. Il l’appelle  Dom-ino. Cette technique emploie le béton armé.  Les colonnes sont dégagées de la façade. La performance de l’acier permet de concentrer les charges dans des sections réduites et permet de réaliser des façades complètement vitrées.

Cette triade restera au cœur de l’architecture de Le Corbusier: béton armée, façade vitrée, construction sur pilotis. L’utilisation des jardins et des terrasses jardins  ainsi que d’espaces modulaires est aussi une marque de Le Corbusier qui dès l’après-guerre réalise des nombreux rojets en France et à l’Étranger. Naturalisé Français,  il décède au cap Martin en 1967.

Le Modulor, modèle référence pour les dimensions de ses projets. FLC

En 1947 l’Inde prend son indépendance de l’Empire Britannique Il faut alors construire des bâtiments officiels pour les nouvelles institutions. Le Corbusier en réalise plusieurs.

A Chandigar, Le Corbusier travaille  sur une échelle monumentale.Ce chantier gigantesque – une ville nouvelle – est  aussi l’occasion de former des architectes Indiens. En tant qu’urbaniste, Le Corbusier appliqua à Chandigarh « la règle des 7  V » qu’il a énoncé en 1948.  Cette règle montre comment un morceau de territoire peut être desservi par sept voies de communication. La V1 est la route nationale, la V2 l’artère principale, la V3 la route réservée aux voitures, sans trottoir et sur laquelle n’ouvre aucune porte, etc. Deux fleuves traversent la ville, à sec pendant dix mois, débordant avec les moussons ; en prolongement de la voie dite « Boulevard des eaux », Le Corbusier fait construire un barrage, créant un lac  et transformant l’environnement. En tant qu’architecte, il édifie les Palais du Capitole et composele Parc. Le Secrétariat qui contient le Palais des Ministères, comporte des « vitrages ondulatoires », et des brise-soleil savamment diversifiés pour donner une impression de relief. Le Palais de l’Assemblée se distingue par la forme circulaire de la salle, faite d’une coque hyperboloïde, et par sa tour à section oblique, qui reçoit une couverture d’aluminium, assurant diverses fonctions techniques, mais aussi destinée à se prêter à d’éventuelles « fêtes solaires». Enfin, le Palais de Justice, couronnant le tout, emprunte aux reflets de différents miroirs d’eau une illusion d’optique raccourcissant la distance le séparant de l’Esplanade.

Palais de l’Assemblée de Chandigar

Dans la ville d’Ahmedabad, Le Corbusier réalise une autre de ses œuvres majeures : le Palais des Filateurs, dont les façades nord et sud, presque entièrement aveugles, sont en brique apparentes.  Le bâtiment possède une salle d’assemblée éclairée indirectement par les reflets d’un plafond courbe rafraichi par un bassin d’eau. Le Musée, construit sur pilotis, est connu pour les études préparatoires faites pour l’éclairage, « La lumière est désormais employable en solo, en duo, en trio, en symphonie-en grave ou à l’aigu, selon des méthodes semblables à des partitions musicales. La Lumière est devenue partie intégrante de l’action du musée  sur le visiteur. Elle est élevée au rang de puissance émotive », (Le Corbusier, Oeuvre complète, Tome VI). La visite du bâtiment s’achève par la toiture, où quarante-cinq petits bassins d’eau permettent la culture des fleurs et de fruits. On trouive aussi  la Villa Shodan et la Villa Sarabhai qui emploient pour structure des berceaux des tuiles plates, dits voûtes catalanes.  Ces villas sont les soeurs de la maison Jaoul à Neuilly, faîte selon le même esprit d’usage de matériaux élémentaires.

Musée d’Ahmedabad

Bruno Veauvy

 

 

 

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