L’accord entre Jinping et Trump sauve in-extremis le G20

L’accord entre Jinping et Trump sauve in-extremis le G20

décembre 4, 2018 0 Par La rédaction

La trêve entre Donald Trump et Xi Jinping a permis de consolider la défense du multilatéralisme incluse dans la déclaration finale du G20 à Buenos Aires.

Les conclusions du G20 reconnaissent « ce que le système commercial multilatéral a apporté à la croissance, l’investissement international et la création d’emploi ». Mais « le système ne remplit plus ces objectifs et des améliorations sont possibles », admettent les dirigeants.

Pour cette raison, le groupe soutient « la réforme nécessaire de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour améliorer son fonctionnement. »

Le G20 n’a toutefois pas appelé à l’ouverture des marchés et n’a pas fait la critique des pratiques protectionnistes comme cela avait été le cas à Hambourg l’année dernière, alors que les divergences entre les pays les plus puissants du monde se creusent en matière de commerce international.

L’intégration dans les conclusions de la réforme de l’OMC a été saluée par les nations européennes, car cela permettra de régler les différends commerciaux mondiaux au sein de cet organe multilatéral.

L’équilibre fragile atteint dans la déclaration et la réforme de l’OMC pourrait bien se poursuivre grâce à la trêve décidée par Donald Trump et Xi Jinping samedi soir à Buenos Aires, quelques heures après la clôture du sommet.

Donald Trump a donné au dirigeant chinois 90 jours pour avancer sur une série de points de friction minant les relations bilatérales des deux pays : des droits de douane au transfert forcé des technologies en passant par l’accès au marché chinois.

En contrepartie, le président américain s’est engagé à ne pas élever les droits de douane de 10 % à 25 % sur une valeur totale de 200 000 millions de dollars de biens chinois, comme il voulait le faire à partir de janvier.

Avec sa rhétorique exubérante habituelle, Donald Trump a parlé d’un « accord incroyable » à son retour à Washington. Si les négociations avec Pékin avancent, ce serait selon lui « l’un des plus grands accords commerciaux » jamais conclus.

Toutefois, une issue positive est loin d’être certaine. Avant de rencontrer Xi Jinping, il avait loué les bénéfices des droits de douane sur les produits chinois, ce qui avait eu l’effet d’une douche froide.

À la veille de la réunion, il avait également critiqué Pékin pour ses « agissements économiques prédateurs » et déclaré dans une interview qu’il était tout à fait improbable de ne pas revoir les droits de douane à la hausse.

Donald Trump a une fois de plus appliqué sa stratégie de proposer des négociations le doigt sur la gâchette, comme il l’avait fait avec le président de la Commission, Jean-Claude Juncker en juillet dernier.

Il souhaite que l’UE abaisse ses droits de douane sur les biens industriels et aligne ses normes règlementaires. Sinon, il menace les Européens de taxer les importations de voitures.

La rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping s’est tenue le 1er décembre au soir alors que les dirigeants du G20 rentraient dans leur pays, après deux jours de sommet à la fin duquel ils ont adopté une déclaration pour sauver la face.

« Tout le monde attend la réunion qui aura lieu dans quelques heures », a déclaré le président argentin Mauricio Macri après le sommet, admettant que l’importance de la déclaration dépendrait de la rencontre entre les dirigeants chinois et américains.

Divergences sur le climat

Alors que les gouvernements du G20 sont parvenus à trouver une issue acceptable sur la question commerciale, notamment grâce à la trêve entre la Chine et les États-Unis, le paragraphe faisant référence à la politique climatique est resté une pierre d’achoppement jusqu’à la dernière minute.

Si le groupe a réussi à maintenir Donald Trump au sein du consensus mondial sur le commerce multilatéral, les efforts ont été vains sur le front climatique, alors même que les nations du monde entier se réunissent à Katowice en Pologne pour COP24.

Les États-Unis ont refusé de faire partie du consensus comme ils l’avaient fait lors du précédent sommet du G20 à Hambourg en incluant un paragraphe dans lequel ils réitéraient leur décision de se retirer de l’accord de Paris.

Ils ont également affirmé leur « engagement ferme en faveur de la croissance économique, de l’accès à l’énergie et de la sécurité énergétique, en utilisant toutes les sources et technologies énergétiques tout en protégeant l’environnement ».

Le communiqué final contenait également une vague référence à la migration, question que les États-Unis n’avaient pas envisagé d’inclure, mais qui l’a été sous l’insistance des Européens.

Le texte dit que les « grands mouvements de réfugiés » représentent « une préoccupation mondiale ». Et a souligné « l’importance d’actions communes pour s’attaquer aux causes profondes du déplacement et pour répondre aux besoins humanitaires croissants ».

Jorge Valero en direct de Buenos Aires

Un article publié sur le site de notre partenaire

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