La restitution d’oeuvres d’art: un défi culturo-diplomatique

La restitution d’oeuvres d’art: un défi culturo-diplomatique

novembre 30, 2018 0 Par Redaction

Musee du Quai Branly

Quelques jours après la publication d’un rapport sur le patrimoine africain commandé par le président Emmanuel Macron, de nombreux pays africains demandent à la France la restitution d’œuvres d’art. En effet le rapport des deux universitaires Bénédicte Savoy et Felwine Sarr ouvre la voie à un changement radical de la loi française sur le patrimoine pour redonner à l’Afrique une partie de son patrimoine.

Le ministre sénégalais de la Culture, Abdou Latif Coulibaly a informé mardi 27 novembre, que son pays souhaite la restitution par la France de «  toutes les œuvres identifiées comme étant celles du Sénégal  ». Mais le ministre ne désire pas provoquer de crise diplomatique et temporise « Le Sénégal est disposé à trouver des solutions avec la France »
Cette position sénégalaise intervient alors que le 6 décembre sera inauguré à Dakar le musée des Civilisations noires (MCN). L‘idée d’un musée panafricain n’est pas récente. La paternité en revient au président-poète Léopold Sédar Senghor, premier chef d’État du Sénégal (1960-1980), lors du premier festival mondial des arts nègres organisé en 1966 au Sénégal. Il aura fallu attendre plus de trente ans pour les travaux commencent sous la présidence d’Abdoulaye Wade (2000-2012).

A l’occasion de cette inauguration des ministres et des décideurs culturels de nombreux pays sont attendus dans la capitale sénégalaise. Il est intéressant de remarquer que le bâtiment, situé dans le centre-ville de Dakar est le fruit de la générosité de la Chine. C’est un don chinois de près de 30,5 millions d’euros qui a permis sa construction.

Dans le cas de la Côte D’Ivoire, l’annonce a été faite mercredi 28 novembre par le porte-parole du gouvernement Sidi Touré, à l’issue du conseil des ministres. Une liste dressée par le Musée des civilisations de Côte d’Ivoire sera transmise « aux experts désignés par l’Etat français en vue de leur restitution », a indiqué Sidi Touré, également ministre de la Communication. Œuvre myhtique « le Djidji Ayokwe, le tambour parleur du peuple Ebrié » et actuellement conservé au Musée du Quai-Branly à Paris, y figure.

La question de la restitution est d’une actualité délicate car elle ne manquera pas d’être posée lors de l’inauguration le 6 décembre prochain. Une fois de plus diplomatie et culture sont étroitement liées et Paris doit trouver la voie entre les attentes des pays africains et celles de nos musées.

La Présidence de la république française a déjà annoncé que 26 chefs d’œuvre pillés pendant la période coloniale seraient rendu au Bénin. Les statues royales d’Abomey, actuellement propriété du Musée du Quai-Branly à Paris, y figurent.

La Rédaction

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