La filière nucléaire française, un succès qui ferait honte

La filière nucléaire française, un succès qui ferait honte

novembre 3, 2018 0 Par La rédaction

En d’autres temps, cela aurait fait la « Une » de tous les journaux et de toutes les télés. Aujourd’hui, personne n’en parle. Pourtant, c’est un succès français. Le premier réacteur de troisième génération (EPR) mis en service dans le monde est bien français. Il a été connecté à Taishan au réseau chinois en juin dernier et a atteint sa pleine puissance le 30 octobre pour alimenter en électricité 4 millions de foyers Chinois. C’est le premier réacteur nucléaire de troisième génération à fonctionner au monde.

Les Chinois ne comptent pas en rester là, 16 réacteurs sont en construction, quarante sont déjà en activité. C’est leur façon de lutter contre la pollution, et de remplacer les centrales à charbon qui asphyxient leurs villes. Malheureusement, les Chinois  font aussi appel à d’autres fabricants de réacteurs nucléaires que ceux de la filière française. Trois réacteurs américains de troisième génération ont été mis en route depuis juin et la « première » française. Les Chinois parient sur le nucléaire, comme les Français l’avaient fait il y presque cinquante. Ils ont d’ailleurs signé un accord avec EDF pour construire une usine de retraitement des déchets comme celle de La Hague.

Le succès français en Chine pourrait s’amplifier. D’autant plus que la Chine n’est pas le seul pays à investir dans le nucléaire plus que dans les panneaux solaires (dont elle est le premier producteur). La Turquie a acheté quatre réacteurs de moyenne puissance (1100MW), et l’Inde, est intéressée par l’achat d’EPR, ces réacteurs de nouvelle génération aussi prometteurs que délicats et coûteux qui ont été vendus au Royaume-Uni, à la Finlande et à la Chine.

Russie, Chine, Etats-Unis, Japon, Inde, tous investissent sur le nucléaire. La France est le seul pays européen à maitriser encore cette filière, qui assure, indépendance énergétique, électricité à couts maitrisés, et non polluante. La production mondiale d’électricité nucléaire augmente régulièrement. En 2018, 448 réacteurs nucléaires étaient opérationnels dans le monde, dix de plus que l’année précédente. Le charbon représente 38% de la production électricité mondiale et le nucléaire apparait, avec le gaz, comme la substitution la plus fiable au charbon parce que les énergies renouvelables restent chères et discontinues. (Il faut assurer une production à toute heure du jour et de la nuit, ce que ne permettent pas l’éolien et le solaire. Sauf à être épaulés par des centrales … thermiques)

 

La filière nucléaire française continue de fonctionner à plein régime, mais pour l’étranger, d’autant que les recherches sur le réacteur à fusion, le projet Iter, ont lieu en France. Cependant, rares sont ceux qui en parlent, tant le nucléaire fait peur et a mauvaise presse. Les Allemands y ont renoncé après Fukushima. Les Japonais, au contraire, ont validé à nouveau leur confiance au nucléaire. Le tabou semble prendre consistance en France plus que partout ailleurs, et les autorités politiques mettent plus en avant la fermeture de Fessenheim que l’exportation de la technologie nucléaire française. Comme si ce succès faisait honte. Une schizophrénie qu’il serait courageux de soigner un jour.

La rédaction

le 03 Novembre 2018

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