La crise catalane avive les tensions diplomatiques entre Espagne et Belgique

La crise catalane avive les tensions diplomatiques entre Espagne et Belgique

octobre 18, 2018 0 Par La rédaction

Lors du sommet européen, le Premier ministre belge Charles Michel s’est désolidarisé des tensions qui ont éclaté entre les autorités flamandes et espagnoles au sujet de la crise catalane.

Le président flamand, Geert Bourgeois, a appelé le gouvernement fédéral à convoquer l’ambassadrice espagnole après la décision de Madrid de retirer les représentants diplomatiques en Flandre, suite aux critiques incessantes sur la gestion de la crise catalane.

La décision de l’Espagne est survenue en réponse à une lettre du président du parlement flamand, Jan Peumans, qui a reproché à Madrid d’emprisonner des séparatistes catalans.

La manière dont l’Espagne a emprisonné des responsables politiques catalans montre que le pays « n’a pas su respecter les conditions de son appartenance à une Union européenne moderne et démocratique », a déclaré Jan Peumans dans sa lettre, qui a irrité Madrid.

Une dizaine de leaders catalans ont été écroués à cause de leur implication dans l’organisation d’un référendum illégal et d’une déclaration unilatérale d’indépendance en octobre 2017.

Dans sa lettre, il décrit les violences policières durant la consultation en Catalogne comme « l’expression outrancière d’une police non démocratique ». Jan Peumans est membre de la Nouvelle alliance flamande (N-VA), un parti séparatiste qui dispose d’une majorité au Parlement flamand, la Flandre étant la plus grande région de Belgique.

La missive a été adressée à Carme Forcadell, ancienne présidente du parlement catalan, et derrière les barreaux pour sa participation à la déclaration unilatérale d’indépendance de la Catalogne.

Le gouvernement espagnol a prévenu les autorités flamandes trois fois avant de rappeler les représentants diplomatiques de la région, a déclaré le ministre espagnol des Affaires étrangères, Josep Borrel, qui dénonce les « insultes régulières » de la Flandre à l’encontre de Madrid.

Geert Bourgeois a qualifié la décision de « mesure hostile » et a appelé le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, à convoquer l’ambassadrice espagnole, Beatriz Larrotcha.

Le Premier ministre belge, Charles Michel, a refusé de commenter les tensions entre les autorités flamandes et espagnoles. « Il n’y a pas de conflit diplomatique entre l’État fédéral et l’Espagne », a-t-il asséné à son arrivée au sommet européen le 17 octobre.

Il a toutefois souligné qu’en vertu de la Constitution belge, la Flandre était autonome dans ses relations diplomatiques avec d’autres pays, y compris l’Espagne.

Charles Michel et le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, se sont entretenus avant le sommet hier, mais reste à savoir s’ils ont discuté des tensions croissantes entre les autorités espagnoles et flamandes.

Toutefois, des sources diplomatiques ont confirmé que des responsables belges avaient essayé d’apaiser les tensions entre les deux pays, en soulignant bien que les actions du gouvernement flamand étaient indépendantes.

Pris dans le conflit catalan

Charles Michel se trouve au cœur de la crise catalane depuis le début, à cause de la composition de son gouvernement, où le parti nationaliste flamand N-VA est fortement représenté.

Le Premier ministre a déjà créé quelques tensions avec Madrid lorsqu’il a condamné les violences policières en Catalogne lors du référendum illégal d’indépendance dans la région.

« La violence ne peut jamais être la réponse ! Nous condamnons toute forme de violence et réaffirmons notre appel à un dialogue politique », avait-il déclaré sur Twitter à cette époque.

La situation a empiré lorsque le président destitué de la Catalogne, Carles Puigdemont, et quatre de ses ministres, ont fui les poursuites judiciaires en Espagne et trouvé refuge en Flandre après la déclaration d’indépendance échouée.

Quelques jours auparavant, le secrétaire d’État belge à l’Asile et aux Migrations, Theo Francken avait proposé que les « Catalans qui se sentent menacés du point de vue politique » puissent demander l’asile en Belgique.

Même si cela n’est pas arrivé, les autorités belges ont refusé d’extrader les trois anciens ministres vivant désormais en Belgique, défiant ainsi les autorités espagnoles qui ont lancé un mandat d’arrêt européen, invoquant des failles dans la procédure.

Interrogé à l’époque sur de possibles divisions au sein de son gouvernement à cause de la crise catalane, Charles Michel avait répondu que la crise politique était en Espagne, et non pas en Belgique.

La rédaction

le 18/10/2018

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