Chaque année, la France rend hommage aux victimes du terrorisme, un fléau qui a marqué profondément le monde depuis les attentats du 11 septembre 2001. Pour les Français de l’étranger, cette journée est l’occasion de se souvenir, mais aussi de s’informer sur les risques persistants et les dispositifs d’aide disponibles.
Le terrorisme dans le monde depuis 2001
Les attentats du 11 septembre 2001, qui ont causé la mort de près de 3 000 personnes, ont marqué un tournant dans l’histoire du terrorisme mondial. Depuis, le nombre d’attentats et de victimes a connu une augmentation dramatique, notamment entre 2014 et 2016, années les plus meurtrières avec plus de 33 000 morts en 2014 et 14 852 attentats en 2015. Les pays les plus touchés sont l’Irak, l’Afghanistan, le Pakistan, la Syrie et le Nigeria, où des groupes comme Daech, Al-Qaïda, Boko Haram et les Talibans ont perpétré la majorité des attaques.
En 2023, 87 % des décès liés au terrorisme se sont concentrés dans seulement dix pays, avec un déplacement de l’épicentre du Moyen-Orient vers le Sahel africain, où plus de la moitié des décès sont désormais recensés.
La France frappée de plein fouet
La France a été durement frappée par le terrorisme, notamment entre 2012 et 2026. Les attentats contre Charlie Hebdo (12 morts en 2015), le Bataclan et le Stade de France (130 morts en 2015), ainsi que l’attentat de Nice (86 morts en 2016) restent gravés dans les mémoires. Au total, depuis 2012, 275 personnes ont perdu la vie lors d’attentats en France, et 16 projets d’attentats ont été déjoués depuis 2024.

Pour soutenir les victimes et leurs proches, plusieurs associations se mobilisent :
- FENVAC (Fédération nationale des victimes d’attentats et d’accidents collectifs) : créée en 1994, elle regroupe plus de 80 associations et accompagne les victimes d’attentats en France et à l’étranger
- AfVT (Association française des Victimes du Terrorisme) : elle défend les droits des victimes sur les plans judiciaire, sanitaire et diplomatique
- 13onze15 Fraternité et Vérité : dédiée aux victimes des attentats du 13 novembre 2015, elle mène des actions mémorielles et de lutte contre le terrorisme.
L’État français a également renforcé son dispositif d’aide, avec la création d’une délégation interministérielle d’aide aux victimes, un Fonds de garantie des victimes d’actes de terrorisme (FGTI) pour l’indemnisation, et des cellules psychologiques et sociales pour un accompagnement global.
Les Français aussi victimes d'attentats à l'étranger
Les Français ne sont pas seulement touchés sur le sol national. Depuis 2001, de nombreux ressortissants ont été victimes d’attentats à l’étranger, notamment en Tunisie, en Israël en particulier lors du « 07 octobre » , au Moyen-Orient et en Afrique subsaharienne.
En mars 2026, près de 400 000 Français étaient présents dans la douzaine de pays directement concernés par la guerre au Moyen-Orient. Grâce à la mobilisation des 19 ambassades et consulats, comme des élus consulaires, des rapatriements ont été organisés pour les plus vulnérables, et des permanences téléphoniques ont été mises en place pour informer et assister les Français sur place.
En cas de crise, le Centre de crise et de soutien du Quai d’Orsay coordonne les opérations, en lien avec les autorités locales, pour assurer la sécurité et le retour des ressortissants. Les consulats jouent un rôle clé dans l’accompagnement des victimes et de leurs familles, en collaboration avec les associations et les services de l’État.
Les zones à risque terroriste en 2026
En 2026, plusieurs régions du monde restent exposées à un risque terroriste élevé :
- Le Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger) : épicentre du terrorisme, avec une augmentation de 68 % des morts en 2023 au Burkina Faso
- Le Moyen-Orient (Syrie, Irak, Iran, Israël, Liban) : en raison des tensions géopolitiques et des conflits en cours
- L’Afrique de l’Est (Somalie, Kenya) et l’Asie du Sud (Afghanistan, Pakistan) : zones d’activité de groupes comme Al-Shabaab et les Talibans
Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères publie régulièrement des conseils aux voyageurs et des cartes des risques, classant les pays en fonction de leur niveau de dangerosité. Il est fortement déconseillé de se rendre dans les zones en guerre ou à très forte instabilité politique.
Si, malheureusement, dans ces zones ou ailleurs, vous êtes confronté(e) à une telle situation, voici un rappel des consignes des autorités françaises.
- S’échapper : quitter la zone de danger sans prendre de risques inutiles.
- Se cacher : si la fuite est impossible, se barricader et éteindre les lumières.
- Alerter : Contacter la police/gendarmerie (112 numéro d’urgence européen et dans de nombreux pays) une fois en sécurité.
- Ne pas diffuser d’informations non vérifiées : éviter de partager des images ou des rumeurs sur les réseaux sociaux.
- Suivre les consignes des autorités : respecter les instructions des forces de l’ordre et des secours
La Journée nationale d’hommage aux victimes du terrorisme est un moment de recueillement, mais aussi de sensibilisation. Pour les Français de l’étranger, il est essentiel de connaître les risques, les dispositifs d’aide et les consignes de sécurité. En cas de doute ou de situation d’urgence, les ambassades et consulats restent les premiers interlocuteurs pour une assistance rapide et efficace. Ensemble, restons vigilants et solidaires face à la menace terroriste.
Pour rappel, si vous séjournez en France, le plan Vigipirate, est maintenu au niveau « Urgence attentat » depuis janvier 2026. Il renforce la sécurité des lieux publics, des transports et des bâtiments institutionnels. Une vigilance accrue est demandée à tous, notamment lors des grands rassemblements ou des fêtes religieuses.
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Chantal Julia est maitre de conférence en Suisse. Après plusieurs années à l'Université de Lettre Paris 1, Chantal a suivi son compagnon à Lausanne où elle enseigne toujours la littérature française. Elle écrit pour différents magazines universitaires et Lesfrancais.press
























