Gilets jaunes : un bilan et des propositions concrètes

Gilets jaunes : un bilan et des propositions concrètes

novembre 19, 2018 0 Par Fabien Ferasson

Le mouvement des « gilets jaunes » aurait mobilisé près d’un million de personnes dans les villes et certaines routes de France. En Belgique, ce fut moins brillant, en dépit d’une surmédiatisation dans les journaux et chaînes télé. La récupération politique de cette exaspération citoyenne n’augure rien de bon. Pourtant, il y a des solutions.

Certes, le prix du carburant est trop élevé. Et les accises sur l’essence et le diesel ne servent, ni à améliorer l’état de nos routes (comme annoncé régulièrement, à chaque augmentation de prix, par le gouvernement), ni à lancer des initiatives pour purifier l’air.

L’argent des automobilistes sert à boucher les trous du budget de l’Etat, fort mal géré par les partis traditionnels. Et cependant, en Belgique, l’action « gilets jaunes » n’a pas connu un franc succès.

Le prix des carburants est trop élevé, mais ne peut-on pas se poser une autre question ?

Tandis qu’en France le premier weekend de mobilisation des gilets jaunes a rassemblé près de 300.000 personnes

Les premiers chiffres donnés par le ministère de l’Intérieur, samedi matin, avaient été accueillis par les gilets jaunes avec beaucoup de circonspection. En fin de journée finalement, le décompte total était de 287 710 personnes, répartis en 2 034 lieux de blocage. Ce dimanche, la place Beauveau recensait encore 150 manifestations, sur des autoroutes ou des péages, à Disneyland Paris ou dans des zones commerciales. Le ministère n’a pas donné de chiffres mais une source policière a avancé le chiffre de 46.000 manifestants pour la journée de dimanche, selon l’AFP.

Si les gilets jaunes n’ont pas réussi à bloquer la France, tout le territoire a été touché par leurs actions, et certaines villes se sont particulièrement mobilisées. C’est le cas par exemple à Dijon, où environ 6.000 personnes ont manifesté, occasionnant des échauffourées avec les forces de l’ordre, quand le cortège, hors de contrôle, s’est écarté de l’itinéraire prévu pour envahir le centre-ville. À Caen, ils étaient un millier à bloquer samedi un accès important au périphérique.

De par la capacité à couvrir tout le territoire sans organisation centralisée, le mouvement des gilets jaunes est globalement considéré comme un succès. Un “succès de participation”, ajoute même le politologue Jean-Marie Pernot, chercheur à l’Institut de recherches économiques et sociales (Ires), interrogé par l’AFP. La plupart des responsables des partis d’opposition qui soutenaient le mouvement – Rassemblement national, Les Républicains, Parti socialiste, France insoumise – estiment également que la mobilisation est réussie.

Confronté à ce mouvement, le gouvernement a été accusé par ses détracteurs de minimiser son impact. Mais le gouvernement a plutôt essayé de temporiser, reconnaissant la “colère” mais appelant à la responsabilité des manifestants pour éviter tout débordement. “La liberté de manifestation, ce n’est pas l’anarchie”, a notamment rappelé Édouard Philippe dimanche soir. La veille, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner et le ministre de la Transition écologique François de Rugy ont justifié la position du gouvernement, sur le maintien de l’ordre comme sur le maintien de la taxe carbone.

Le mouvement des gilets jaunes s’est cristallisé sur la hausse du prix de l’essence, mais s’est très vite élargi à de nouvelles revendications, concernant pour l’essentiel le poids des impôts en France. Parmi les militants les plus irréductibles, qui souhaitent poursuivre la mobilisation, les annonces du gouvernement – extension de la prime à la conversion, des indemnités kilométriques et du chèque énergie – n’ont pas convaincu. Beaucoup réclament désormais l’abandon pur et simple de la trajectoire de hausse prévue de la taxe carbone. Et les plus radicaux souhaitent même une dissolution de l’Assemblée nationale.

Le gouvernement l’a dit, par la voix du Premier ministre : le cap est maintenu. Reste à savoir si les gilets jaunes vont aussi maintenir le leur. Dimanche, en soirée, un appel à manifester le samedi 24 novembre sur la place de la Concorde, à Paris, réunissait sur Facebook près de 20.000 “participants” et 130.000 “intéressés”.

Fabien Ferasson de Quental

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