Gilets Jaunes : Un samedi chaotique – VIDEOS – Bruxelles et Paris, Marseille, Toulouse, Narbonne, Bordeaux, Côte d’Azur, etc.

Gilets Jaunes : Un samedi chaotique – VIDEOS – Bruxelles et Paris, Marseille, Toulouse, Narbonne, Bordeaux, Côte d’Azur, etc.

décembre 8, 2018 0 Par La rédaction

Retrouvez les photos et les vidéos des heurts en Belgique et dans les principales villes de France.

Depuis la Turquie, le président Recep Tayyip Erdogan a dénoncé la « violence » des autorités françaises. (sic!) Quant à Donald Trump, il a critiqué une nouvelle fois samedi l’accord de Paris sur le climat, estimant que le mouvement des « gilets jaunes » en France était la preuve que cet accord « ne marche pas ». Il a affirmé, sans preuves, que des manifestants scandaient « Nous voulons Trump ». Plusieurs pays européens ont conseillé la prudence à leurs ressortissants, voire d’éviter Paris ce week-end comme la Belgique.

Nous vous proposons un tour complet en photos et en vidéos des principaux points chauds en Belgique et en France.

Belgique

Alors que la matinée fut calme, ponctuée par des interpellations préventives dans les lieux de vie autour du quartier européen.

La situation s’est tendue en début d’après-midi. Les manifestants tentaient vers midi de rejoindre la zone neutre (quartier des institutions européennes), bouclée par les forces de l’ordre. Sans pouvoir y entrer, les gilets jaunes ont modifié leur trajectoire et se sont rendus vers Arts-Loi. Après avoir bouclé la petite ceinture, la circulation a repris.

 

Les manifestants se sont ensuite dirigés vers la rue Belliard. Les policiers en ont profité pour fermer les sorties de la rue. Le piège s’est refermé. A 13h30, une partie d’entre eux était pris en tenaille par les autorités qui ont bouché les deux sorties de la rue Belliard. Des arrestations supplémentaires ont eu lieu. A 14h, la tension reste palpable aux alentours d’Arts-Loi.

 

A 14h30 les manifestants se dirigent vers le centre-ville. Ils laissent derrière eux de nombreux dégâts. Mais la police tente de les déplacer vers la gare du Nord à partir de Rogier. Arbres et panneaux arrachés, voitures retournées, ça dégénère au jardin Botanique. Les manifestants se dirigent vers la rue Royale et le centre-ville. Mais la rue Neuve est bouclée, là aussi, la situation se tend. Le noyau dur des manifestants se retranche vers la gare du Nord et à 15h vers le parc Maximilien où se trouvent les migrants.

A 15h45, les derniers manifestants sont en passe d’être interpellés à proximité de la chaussée d’Anvers. La police fédérale n’a, pour l’heure, encore rien confirmé officiellement.

Mais vers 16h, nous apprenons qu’un autre groupe de gilets jaunes de plus d’une centaine de personnes manifeste toujours. Des irréductibles, du côté de Trône. Un groupe qui se dirige maintenant vers la Toison d’or.

Selon un bilan de la police fédérale , plus de 400 interpellations administratives ont  eu lieu. On peut s’interroger sur le fort taux d’interpellation (40% des manifestants), qui inquiète sur le respect des droits civiques en Belgique.

France

Malgré la mobilisation de 89 000 membres des forces de l’ordre dont 8 000 à Paris, le scénario du 1er décembre semble se répéter: de violents heurts ont éclaté à Paris à la mi-journée, alors que les blocages se poursuivent dans tout le pays.

Après une matinée relativement calme, des heurts ont éclaté samedi après-midi à différents endroits de la capitale mais aussi en province pour la quatrième grande journée de mobilisation des « gilets jaunes » placée sous très haute sécurité.

De nombreux tirs de gaz lacrymogènes aux abords des Champs-Elysées, le Drugstore Publicis de l’avenue attaqué, des vitrines brisées avenue de Friedland et avenue Marceau, une barricade enflammée sur les Grands-Boulevards où les véhicules blindés de la gendarme ont été déployés…

Des points de tension se sont soudainement créés en début d’après-midi alors que contrairement au samedi précédent aucun incident majeur ne s’était produit jusqu’à la mi-journée.

La préfecture de police a décompté 30 blessés en début d’après-midi, dont trois parmi les forces de l’ordre.

En milieu de journée, les heurts à Paris se déplaçaient des abords des Champs-Elysées et les casseurs ont envahi l’avenue Marceau, quartier huppé entre la place de l’Etoile et les bords de Seine.

« C’est n’importe quoi! », dit à l’AFP Laurent, 37 ans, mécanicien du Val d’Oise, en s’éloignant d’un groupe de jeunes sans gilets jaunes qui détruit la vitrine d’un magasin d’équipements de golf. « On a essayé de s’interposer mais on a été menacés ».

Un peu plus tôt, des manifestants ont tenté d’incendier la façade du Drugstore Publicis situé en haut des Champs-Elysées, en brûlant des sapins placés contre la devanture. Une jeune femme blessée à la tête en face du Drugstore a été évacuée.

Le week-end dernier, les images de quartiers huppés de Paris en proie pendant des heures à la guérilla urbaine, avaient stupéfié en France comme à l’étranger et poussé les autorités à revoir leur stratégie de maintien de l’ordre.

A 16h15, les forces de l’ordre avaient procédé à 1000 interpellations en France. 1220 personnes ont été placées en garde à vue selon une source policière. Malgré ces chiffres impressionnants, la situation semble avoir été mieux gérée que lors des précédentes semaines. L’impact des nombreuses manifestations sera cependant important. La réponse politique doit être à la hauteur. La France attend, fébrilement, l’intervention télévisée du Président Emmanuel Macron.

Battant le pavé, ils étaient 130 000 sur toute la France, avec des manifestations notamment à Marseille, Lille, Bordeaux, Toulouse, Lyon.

Paris

1737 personnes interpellées et 951 garde-à-vue en marge de la mobilisation des « gilets jaunes » à Paris. (18H le 8/12/18)

Alors que la journée semblait mieux maitriser, avec une matinée et un début d’après-midi plutôt calme avec des cortèges dispersés dans la capital, les  légères frictions entre les manifestants et les forces de l’ordre se sont transformés petit à petit en de vrais affrontements. La Police pourchassant les manifestants dans les rues adjacentes des principaux axes, ces derniers se sont crispés et la violence s’est intensifiée.

La vidéo d’un manifestant portant un « gilet jaune », immobile, bras écartés devant les forces de l’ordre, et qui reçoit un tir de flash ball dans l’abdomen, a été visionnée près de 400.000 fois et partagée plus de 7.000 fois.

Lille

À Lille, le rassemblement des Gilets jaunes, pour l’acte 4 de la protestation, s’est effectué place de la République à 14 h 30, ce samedi. Très rapidement, le cortège a emprunté la rue du Molinel, puis la rue Faidherbe, où les premières tensions avec les forces de l’ordre, sans gravité, sont apparues.

Toulouse

Des heurts à Toulouse, plusieurs milliers de manifestants

Des heurts ont éclaté dans l’après-midi entre manifestants et forces de l’ordre à Toulouse, où plusieurs milliers de manifestants participant à trois défilés distincts ont fusionné en un seul cortège que la police tentait de repousser hors du centre-ville.

Dans le quartier de Compans-Caffarelli, où tous les magasins avaient baissé leurs rideaux, les manifestants jetaient toutes sortes de projectiles, canettes, cailloux ou bouteilles, sur les forces de l’ordre, celles-ci répliquant par des jets de grenades de gaz lacrymogène sur la foule. Selon la préfecture, quelque 2 000 personnes défilaient dans Toulouse en début d’après-midi, et une vingtaine de personnes avaient été interpellées.

Marseille

Deux mille « gilets jaunes » ont défilé à Marseille et plusieurs centaines de personnes ont été bloquées en bas de la Canebière de Marseille. Il s’agissait des manifestants qui occupaient le Vieux-Port et qui ont été dispersés dans les rues adjacentes par les gaz lacrymogènes. Ils tentaient de rejoindre les quais mais les forces de l’ordre leur bloquent le passage.

Ils se sont écartés au passage des pompiers et ont applaudi les soldats du feu.

Mais certains ont forcé le barrage. Un projectile a été lancé dans la foule et quelques barrières renversées sur leur passage, ce qui a occasionné une réponse immédiate des forces de l’ordre qui ont utilisé gaz lacrymogènes et flashball. La tension continue en début de soirée.

 

Côte d’Azur

A Cannes, les manifestant étaient présents sur le bord de mer et dans les rue commerçantes.

Tandis que des «gilets jaunes» ont bloqué, dans les deux sens, le passage des camions entre la France et l’Italie dans les Alpes-Maritimes, au niveau de Vintimille, indique France Bleu.

 

Narbonne

Plus de 1.600 manifestants ont convergé à Narbonne et fusionné avec la marche pour le climat, accompagnés d’une centaine de motards et d’une dizaine de tracteurs avec des « remorques pleines de gilets jaunes ».

Bordeaux

Le cortège des « gilets jaunes », qui a rassemblé pacifiquement plusieurs milliers de personnes dans les rues de Bordeaux samedi après-midi, a dégénéré en fin de parcours sur la place face à l’Hôtel de Ville, où des manifestants ont lancé des cocktails Molotov. Sur la place Pey-Berland, bordée par la mairie et la cathédrale Saint-André, des éléments incontrôlés se sont affrontés aux forces de l’ordre, alors que certains « gilets jaunes », partisans d’une manifestation pacifique, tentaient de les dissuader, certains se mettant à genoux. La grille donnant accès à la cour de la mairie, objet des attaques de « gilets jaunes » ces deux derniers samedis, était protégée par des véhicules de la police. Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes tandis que des manifestants allumaient des feux.

Fabien Ferasson de Quental

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