Frédéric Petit, le 8 septembre, arrêtons de « penser à l’élection suivante »

Frédéric Petit, le 8 septembre, arrêtons de « penser à l’élection suivante »

Alors que François Bayrou convoque une session extraordinaire de l’Assemblée nationale le 8 septembre pour un vote de confiance crucial, Frédéric Petit, député MoDem des Français de l’étranger (MoDem), défend la démarche du Premier ministre et appelle à dépasser les calculs électoraux pour sauver la France. Au micro d’« En toute confidence » le parlementaire de nos compatriotes vivant en Allemagne, Europe centrale et dans les Balkans déclare « On a un problème et il faut le régler », et arrêtons « de penser à l’élection suivante ». Explications !

Écouter le podcast avec Frédéric Petit

Le 8 septembre : la confiance ou pas le chaos ?

Au cours de sa conférence de presse de rentrée, le Premier Ministre, François Bayrou, a annoncé une mesure inédite : celle d’une « année blanche », avec gel de la prise en compte de l’inflation, contribution accrue des entreprises et hausse ciblée des impôts. L’objectif est, selon le locataire de Matignon, d’assainir les finances publiques et tracer une trajectoire budgétaire claire jusqu’en 2029. Mais avant, il lui faut recueillir la confiance des députés lors d’un vote à l’Assemblée nationale via l’article 49.1 de la constitution.

Ainsi, le 8 septembre, les députés devront répondre donc à une question simple : « Accordez-vous, oui ou non, votre confiance au Premier ministre ? ». François Bayrou fait-il ainsi tapis ? Cette démarche a d’ores et déjà suscité les appétits électoralistes des oppositions qui semblent déjà unies pour réclamer son départ.

« Ce que l’on veut le 8 septembre, c’est dire : écoutez, on arrête le bac à sable (…) et on regarde ce qu’il faut pour notre pays, pour les petits-enfants de nos petits-enfants »

Dans ce contexte tendu, le député Frédéric Petit, élu de la 7e circonscription des Français établis en Allemagne, Europe centrale et Balkans, appelle à la responsabilité collective : « Ce que l’on veut le 8, c’est dire : écoutez, on arrête le bac à sable, on arrête de penser à l’élection suivante et on regarde ce qu’il faut pour notre pays, pour les petits-enfants de nos petits-enfants. »

Vote de confiance du Premier Ministre : un manque de négociations avec les oppositions ?

Certains accusent le gouvernement d’avoir manqué de dialogue. Une version que notre invité d’ »En toute confidence » balaie fermement : « C’est faux. Tout le monde a été en contact avec tout le monde. Les syndicats, les associations, les autres partis politiques… tout l’été, par M. Bayrou et par ses équipes. »

Conférence de presse de François Bayrou ©AFP
Conférence de presse de François Bayrou ©AFP

Pour lui, l’impasse vient d’une logique politicienne : « Les interlocuteurs passaient leur temps à essayer d’obtenir, à bricoler. On dirait de la négociation à la Poutine : je prends et je ne donne jamais rien. »

« On dirait de la négociation à la Poutine : je prends et je ne donne jamais rien »

Aussi, le parlementaire accuse clairement certaines formations de l’Assemblée nationale et leurs représentants d’agir par calcul électoral : « Ce qu’ils veulent, c’est se faire élire à la prochaine (élection). Et ça, ce n’est pas de la politique, pour nous. Pour moi, je fais de la politique pour rendre service à mon pays, pas pour être élu à la prochaine».

Le 8 septembre, « il ne s’agit pas d’un budget »

Contrairement à ce que certains laissent entendre, il ne s’agira pas d’un vote sur des mesures budgétaires précises.

« Le 8 septembre (…) Il n’y a pas un tableur Excel François Bayrou a fait un PowerPoint en disant : voilà ce que je pense et où je veux aller à cinq ans, en 2029 »

Frédéric Petit répond à nos questions en insistant : « le 8 septembre, ce n’est pas un budget que Bayrou a fait. Il n’y a pas un tableur Excel pour dire on va dépenser tant ici, tant là. Il a fait un PowerPoint en disant : voilà ce que je pense et où je veux aller à cinq ans, en 2029. »

François Bayrou photographie officielle ©SIG
François Bayrou photographie officielle ©SIG

Autrement dit, le Premier ministre propose un cap politique, pas un chiffrage technique. Si la confiance au Premier Ministre est accordée, viendra ensuite le temps des débats parlementaires sur chaque mesure : « Après, il y aura le budget et là, Bayrou n’aura plus rien à dire, ça sera les députés. »

La France : une image encore solide à l’international

Interrogé sur la perception de cette crise française en Europe, le député relativise.
« Ça fait partie du folklore qu’on colle aux Français… mais on est quand même vus comme une grande démocratie enviable. On n’a pas une image de pays en faillite, bien loin de là. »

Expatriation : un choix d’ouverture, pas de fuite

Enfin, sur la tentation pour certains Français de s’expatrier, Frédéric Petit encourage la mobilité, mais avec une philosophie claire. « Il ne faut pas le faire parce qu’on fuit son pays. Il faut le faire en restant un membre encore plus dynamique et participatif de l’aventure nationale ».

« Il faut s’expatrier pour comprendre le monde (…) mais en restant attaché à la France »

Pour notre invité, « Il faut s’expatrier pour comprendre le monde, pour aller vivre avec les autres, travailler avec les autres… mais en restant attaché à la France. »

Un pari pour l’avenir

Le 8 septembre sera donc un moment de vérité : les députés accepteront-ils de dépasser les calculs partisans pour tracer une route budgétaire jusqu’en 2029 ? Ou la France replongera-t-elle dans le blocage politique ? Réponse dans quelques jours.

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