Frédéric Lefebvre: Trump ne finit pas dans le décor mais s’y installe !

Frédéric Lefebvre: Trump ne finit pas dans le décor mais s’y installe !

novembre 7, 2018 0 Par Redaction

Les Républicains gardent le Sénat, les Démocrates prennent la Chambre des représentants. Ils avaient besoin de 23 sièges et en gagneraient 30 selon les dernières estimations. Loin d’un raz de marée anti-Trump ces midterms ne dérogent néanmoins pas à la règle.

Dans l’histoire des US, seul George Bush, a emporté les midterms et faut-il le rappeler dans un contexte unique, au lendemain du 11 septembre ! Les élections intermédiaires sont toujours un mauvais moment à passer pour les présidents en exercice et ce quelle que soit leur cote de popularité. On connaît d’ailleurs ce phénomène en Europe. Seuls les mécontents se déplacent massivement pour voter…

Ils auront été moins qu’espéré par l’élite anti-Trump.

Seul un résultat hors norme, avec un Donald Trump perdant la majorité dans les deux chambres, aurait pu être analysé comme une véritable sanction.

 

Or Trump s’est installé dans le paysage, en particulier chez les Républicains, où les plus modérés sont ceux qui ont le plus souffert, alors que les Démocrates ont rarement été aussi divisés.

Les progressistes, centristes dans la lignée d’Hillary Clinton et de l’establishment du parti face à la minorité radicalisée à gauche autour de Bernie Sanders. Ce dernier, qui a des accents de la France Insoumise, a pu faire valider plus d’un 1/3 de ses candidats à l’investiture du parti. Cette fracture profonde des opposants de Trump est une des grandes leçons de ces Midterms. Il va falloir prendre le temps de regarder dans le détail la composition de la majorité démocrate.

La scène politique Américaine a des ressemblances avec le paysage que nous connaissons en France : un PS explosé et mon ancien parti LR, en voie de balkanisation avancée.

L’Amérique est profondément divisée, entre l’Est et l’Ouest, entre Républicains et Démocrates, à l’intérieur de ces deux partis entre les modérés et les radicaux, et maintenant au congrès.

Trump surfent sur ces fractures et emporte même quelques duels symboliques comme Ted Cruz qu’il a été soutenir personnellement au Texas, réélu face à l’espoir démocrate Beto O’Rourke.
De même, les démocrates ont perdu la course la plus scrutées pour l’un des 36 sièges de gouverneurs : le duel entre le démocrate Andrew Gillum, premier candidat noir à ce poste en Floride, et le très trumpiste Ron DeSantis.

Les bons résultats économiques de l’Amérique de Trump expliquent sans doute que la revanche tant annoncée d’un «hold-up » de 2016 ne soit finalement pas au rendez-vous. Si les démocrates veulent l’emporter dans deux ans, il va falloir qu’ils mettent un garot sur leurs dissensions et qu’il trouvent un candidat hors norme, capable de rivaliser avec le « monstre » Trump. Est-ce que Michael Bloomberg, très mobilisé pour les midterms pourrait être celui là ?

Frédéric Lefebvre, écrivain, avocat, ancien ministre et ancien député des Français d’Amérique du Nord  

il est l’auteur de Chaos – Histoires secrètes de la guerre des droites, Michel Lafon, 2018, 335 pages, 18,95euros

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