Francophobie dans le monde #3 USA

Francophobie dans le monde #3 USA

novembre 6, 2019 0 Par Francois Lestanguet

Une semaine après les terribles attentats du 11 septembre, et en marge d’une visite au Secrétaire Général de l’ONU, Jacques Chirac fut le premier dirigeant étranger à se rendre à ground zero. Après le survol en hélicoptère en compagnie de Rudolph Giuliani, avocat personnel du Président Trump et à l’époque premier édile de la grosse pomme, Jacques Chirac exprima la solidarité de la France, sa confiance en la capacité de New-York à se relever, et sa consternation personnelle.

2 ans plus tard, la très démocrate New York tombait, comme le reste du pays, dans un French-bashing délirant. C’était pendant la confrontation entre le même Jacques Chirac et Georges Bush sur la guerre en Irak. 34% des Américains à l’époque, selon le Washington Post, avaient une image positive de la France. Ils sont encore aujourd’hui environ 20% à en avoir une opinion défavorable.

Le plus ancien allié de l’Amérique

Si la France s’est ruinée à l’occasion de la guerre d’indépendance des Etats-Unis, cette amitié marquée par des intérêts communs contre l’Angleterre ne dura pas longtemps. La quasi-guerre de 1798 à 1800, guerre maritime non déclarée marqua le début du recul des relations.

Le centenaire de l’indépendance américaine fut l’occasion pour la France d’offrir à l’Amérique le plus beau des cadeaux, la Statue de la Liberté, mais les USA avaient déjà très largement évolué vers ce qu’ils sont désormais, un pays de langue anglaise, profondément imprégné de culture anglo-saxonne, et avec des ambitions mondiales.

Alliés des deux guerres

Pour autant, l’Amérique ne faillit jamais à soutenir la France et les alliés européens lors des deux guerres mondiales. Tout comme la France accepta immédiatement de participer à la guerre en Afghanistan après le 11 septembre.

Les “freedom fries” pendant la guerre en Irak

De nos jours, le “french-bashing” est tout d’abord fortement minoritaire, aucun Chef aux USA n’a la réputation de Jean-Georges, Hollywood a donné un Oscar à Marion Cotillard et les Daft Punk triomphent, il est aussi presque plus lié au folklore. Cela va de Pépé le putois, personnage de cartoon né avant #MeToo, véritable prédateur qui forcément est Français, au terrifiant Godzilla qui dans la version américaine de 1998 ne pouvait naturellement qu’être la conséquence des essais nucléaires français du pacifique, sans oublier les Simpsons qui ont réussit l’exploit de faire entrer dans le dictionnaire Oxford, et nous désignant, l’expression « cheese-eating surrender monkeys » qui pourrait être traduite par “singes capitulateurs et mangeurs de fromage”, tout un programme.

N’oublions pas cependant plusieurs choses: personne n’aime autant Paris que les Américains. Disney passe son temps à rendre hommage à notre histoire et gastronomie avec par exemple Le bossu de Notre Dame et Ratatouille, Colombo roule dans une vieille Peugeot et la statue de Lafayette fait face à la Maison Blanche. Alors, tout est pardonné?

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