La France et le Monde en commun : un think tank pour placer les Français de l’étranger au cœur du débat

La France et le Monde en commun : un think tank pour placer les Français de l’étranger au cœur du débat

Penser la France depuis l’extérieur, interroger ses politiques publiques et replacer les Français établis hors de France au cœur du débat démocratique : telle est la vocation du think tank « La France et le Monde en commun ». Sa présidente, Florence Baillon, détaille une démarche singulière, nourrie par l’expérience de terrain et tournée vers l’action.

Écouter le podcast avec Florence Baillon

La France et le Monde en commun : un laboratoire d’idées né d’un constat

Créée il y a environ trois ans, la structure s’appuie sur un collectif fondateur aux profils complémentaires. L’ambition est clairement assumée : « notre objectif vraiment, c’est de mettre en lumière les problématiques des Français et d’étrangers qui nous apparaissent comme un angle mort des politiques publiques françaises. »

« On s'appuie sur notre expérience de Français d'étrangers, mais aussi, et c'est très important, d'anciens élus ou d'actuels élus des Français d'étrangers »

Le think tank revendique notamment une expertise issue de l’expérience vécue : « on s’appuie sur notre expérience de Français d’étrangers, mais aussi, et c’est très important, d’anciens élus ou d’actuels élus des Français d’étrangers. » Cette approche entend combler un déficit d’analyse et de visibilité. Pour Florence Baillon, les réalités de l’expatriation restent insuffisamment étudiées, alors même que leur diversité sociologique s’accroît, et le mot diaspora est parfois prononcé.

Une approche différente des associations traditionnelles

Face à des acteurs historiques bien implantés, « La France et le Monde en commun » ne se positionne pas sur la défense directe des droits, mais sur l’éclairage des décisions publiques. « Notre démarche, c’est plutôt d’éclairer les politiques publiques françaises. » Le diagnostic est récurrent : « il y a une loi qui passe, il y a une décision politique qui est prise et elle ne prend pas en compte la spécificité des Français d’étrangers. »

Florence Baillon, co-fondatrice du think tank La France et le monde en commun
Florence Baillon, co-fondatrice du think tank La France et le monde en commun

Le think tank privilégie études, enquêtes et débats, avec une méthodologie revendiquée comme rigoureuse et une « approche aussi anthropologique, de connaissance fine de ces problématiques. » Objectif : produire des recommandations concrètes et favoriser leur appropriation par les décideurs.

Une reconnaissance encore incomplète

Selon Florence Baillon, la perception des Français de l’étranger demeure biaisée. « Il y a en plus […] une image fausse aussi des Français d’étrangers. » Au-delà des clichés, elle insiste sur un manque de travaux académiques : « Il y a, par exemple, très peu de chercheurs qui travaillent sur ces problématiques-là. »

« Pour être élu sénateur des Français d'étranger, il suffit de 55 voix, ce qui pose une vraie question aussi sur cette représentation »

Aussi, les recherches menées par le think tank soulèvent des questions structurelles, notamment sur la représentation démocratique : « pour être élu sénateur des Français d’étranger, il suffit de 55 voix, ce qui pose une vraie question aussi sur cette représentation. »

Un réseau ouvert et pluridisciplinaire

La France et le Monde en commun se veut également un espace inclusif. « Il n’y a pas de cooptation. Déjà, on accueille tous les contributeurs. » Universitaires, journalistes, membres de la société civile ou expatriés : la diversité est pensée comme une richesse.

Soutenez la France et le monde en commun
Soutenez la France et le monde en commun

« C’est cette diversité qui nous semble être une grande richesse et un grand apport des Français d’étranger pour la France. » Le fonctionnement repose sur les contributions volontaires et une adhésion accessible : « On a une petite adhésion à 20 euros qui nous aide à fonctionner. »

Des chantiers de fond : diasporas, francophonie, violences faites aux femmes

Parmi les travaux déjà réalisés figurent des études sur la binationalité, la francophonie ou la représentation électorale. Les études-rapports associent enquêtes, entretiens et recommandations : « à la fin […] on fait des recommandations. »

« Notre démarche, c'est plutôt d'éclairer les politiques publiques françaises. »

Deux axes récents illustrent la ligne éditoriale : la diaspora scientifique française aux États-Unis et les entraîneurs de football français à l’étranger. Mais un sujet mobilise particulièrement l’équipe : « la violence faite aux femmes chez les Françaises de l’étranger […] n’apporte pas les bonnes solutions aux situations concrètes. »

Transformer les idées en leviers d’action publique

Pour peser dans le débat, le think tank combine diffusion médiatique et travail institutionnel. « D’abord, on travaille avec des parlementaires […] Et puis, on diffuse ce qu’on fait. » Un partenariat stratégique a été noué avec l’Académie diplomatique et consulaire : « C’est très précieux pour nous […] ça nous permet d’avoir des échanges et de diffuser nos travaux à l’intérieur du ministère des Affaires étrangères. » La collaboration avec la Fondation Jean Jaurès contribue également à amplifier la portée des analyses et recommandations.

Visibiliser une population et adapter les politiques publiques aux Français de l’étranger

L’ambition affichée reste constante : « rendre visible et apporter une meilleure connaissance de cette population des Français d’étranger. » Et surtout, inscrire systématiquement leur réalité dans l’action publique : « quand une nouvelle politique publique se met en place en France, qu’elle soit aussi pensée avec sa déclinaison pour les Français d’étranger. »

Consultez le site « La France et le Monde en commun » en cliquant ici

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