Selon l’INSEE, en France, la fonction publique emploie 5,9 millions d’agents fin 2024, en hausse sur un an de 0,6 %, contre +1,1 % en 2023. En 2024, 528 800 entrées dans la fonction publique (hors militaires) ont été enregistrées pour 499 400 sorties. Le taux de rotation du personnel civil recule légèrement à 9,3 %.
La fonction publique de l’État a accru son nombre d’emplois de 0,8 % en 2024, comme en 2023, pour atteindre 2 587 400 agents fin 2024. La territoriale, en revanche, marque nettement le pas avec une hausse de 0,3 % en 2024, contre +0,9 % en 2023 ; elle compte désormais 2 039 400 agents. La fonction publique hospitalière enregistre de son côté une hausse de ses effectifs de 0,5 % en 2024 après +1,9 % en 2023, pour s’établir à 1 249 900 agents. L’année 2024 marque une normalisation après les hausses observées avec la crise sanitaire.
Toujours plus de contractuels
Le fait marquant n’est pas tant le niveau que la composition des trois fonctions publiques. D’un côté, les effectifs de fonctionnaires (militaires compris) sont quasi stables, –0,1 % en 2024, soit –3 900 agents ; de l’autre, les contractuels continuent d’augmenter, même si le rythme est moins rapide qu’en 2023, +2,6 % en 2024 après +4,9 % en 2023. La proportion des contractuels au sein des fonctions publiques atteint 24,0 % en 2024, soit +0,7 point en un an et +7,6 points en dix ans. Cette proportion est de 26 % dans la fonction publique territoriale, de 23 % pour celle de l’État et de 22 % pour l’hospitalière. Les contractuels représentent 74 % des entrées en 2024. Le solde net des contractuels reste très positif (+125 700), tandis que celui des fonctionnaires est fortement négatif (–104 200). La stabilisation globale des titulaires tient donc à des mécanismes de titularisation et de transformation de contrats, pas à une relance du recrutement de fonctionnaires. Cette recomposition s’accompagne d’une montée en qualification. En 2024, les effectifs de catégorie A dépassent pour la première fois ceux de catégorie C. 38 % des agents sont désormais en catégorie A, contre 37 % en catégorie C. La hausse de la catégorie A est continue depuis 2011, portée à la fois par la progression des métiers historiquement classés A et par des reclassements de B vers A.

Plus âgée et plus féminisée
Sur le plan démographique, la fonction publique vieillit. L’âge moyen atteint 43 ans et 11 mois en 2024, soit deux mois de plus qu’en 2023. La territoriale est la plus âgée (45 ans et 9 mois), l’hospitalière la plus jeune (42 ans et 4 mois). Surtout, près de quatre agents sur dix ont 50 ans ou plus (37,9 % en 2024). Au sein des 50 ans ou plus, la part des 62 ans ou plus continue d’augmenter, de 11 % en 2023 à 11,7 % en 2024, soit +20 700 agents.
La fonction publique reste enfin très féminisée. La part des femmes atteint 64 % en 2024, contre 59 % vingt ans auparavant. En 2024, les femmes représentent 58 % des effectifs de l’État, 61 % de la territoriale et 78 % de l’hospitalière. Le travail à temps partiel est avant tout l’apanage des femmes, 16,3 % des agents sont à temps partiel, et 84 % des agents à temps partiel sont des femmes. La féminisation est forte dans certains secteurs d’activité : 85 % de femmes chez les professeurs des écoles dans l’État, 87 % parmi les infirmières et 90 % chez les aides-soignantes et auxiliaires de puériculture à l’hôpital. A contrario, les femmes ne représentent que 19 % des militaires.
Auteur/Autrice
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Philippe Crevel est un spécialiste des questions macroéconomiques. Fondateur de la société d’études et de stratégies économiques, Lorello Ecodata, il dirige, par ailleurs, le Cercle de l’Epargne qui est un centre d’études et d’information consacré à l’épargne et à la retraite en plus d'être notre spécialiste économie.
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