Fin de calvaire : Julien Février retrouve la liberté au Venezuela

Fin de calvaire : Julien Février retrouve la liberté au Venezuela

C’est un dénouement que la diplomatie française n’osait plus espérer après de longs mois d’incertitude. Julien Février, le dernier ressortissant français détenu dans les geôles vénézuéliennes, a été libéré ce mercredi 08 avril 2026. Un retour à la vie qui met fin à une épreuve éprouvante pour ce civil pris dans les rouages complexes d’une crise politique qui le dépassait.

Un engrenage judiciaire opaque

L’affaire remonte à 2024, dans un climat de tension extrême au Venezuela. Julien Février avait été arrêté par les services de renseignement vénézuéliens (SEBIN) sous des accusations aussi lourdes que floues : « association de malfaiteurs » et « espionnage ». À l’instar d’autres ressortissants étrangers à cette période, les autorités de Caracas le soupçonnaient d’avoir des liens avec des tentatives de déstabilisation du gouvernement.

Pendant de longs mois, sa famille et les associations de défense des droits de l’homme ont dénoncé une détention arbitraire, soulignant l’absence de preuves tangibles et des conditions d’incarcération précaires dans la tristement célèbre prison d’El Helicoïde. Pour Paris, Julien Février n’était rien d’autre qu’un « otage d’État », utilisé comme monnaie d’échange dans un bras de fer géopolitique.

Entre fermeté et dialogue : les relations franco-vénézuéliennes

Cette libération intervient après des années de relations diplomatiques en dents de scie. La France, alignée sur la position de l’Union européenne, a longtemps maintenu une ligne dure face au gouvernement de Nicolas Maduro, exigeant le retour à un processus démocratique.

Toutefois, derrière la fermeté affichée, des canaux de discussion discrets n’ont jamais été rompus. Le rôle de la France, notamment via son ambassade à Caracas, a été crucial pour maintenir un accès consulaire et veiller à l’état de santé de notre compatriote. Ce dénouement semble être le fruit d’une détente relative, marquée par la récente loi d’amnistie vénézuélienne de février 2026, qui a vu la libération de nombreux prisonniers politiques sous la pression internationale et des médiations régionales.

Le soulagement de la libération

Le signal tant attendu est finalement tombé ce matin. Les autorités vénézuéliennes ont remis Julien Février aux représentants diplomatiques français. Visiblement marqué par ses mois de captivité, mais conscient et soulagé, il a pu s’entretenir brièvement avec ses proches par téléphone avant d’entamer son voyage de retour vers l’Hexagone.

L’Élysée a salué cette libération comme la victoire d’une « diplomatie de la patience et de la ténacité ». Ce retour vient clore un chapitre douloureux pour les services consulaires qui se battaient pour prouver son innocence.

Julien Février
Julien Février

Une semaine de libérations pour les Français de l'étranger

Le retour de Julien Février ne vient pas seul. Il coïncide miraculeusement avec la libération, intervenue ce mardi 07 avril, de Cécile Kohler et de son compagnon Jacques Paris, détenus en Iran depuis mai 2022.

En l’espace de quelques jours, trois de nos compatriotes sortent de l’ombre pour retrouver la lumière de la liberté. Que ce soit à Téhéran ou à Caracas, la France prouve qu’elle n’abandonne jamais ses enfants, même dans les contextes les plus hostiles. C’est une belle et grande semaine pour la France et pour tous les Français de l’étranger, un rappel puissant que la solidarité nationale et l’action diplomatique restent les meilleurs remparts contre l’arbitraire.

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