European Payments Initiative : Vers une révolution des paiements en Europe 

European Payments Initiative : Vers une révolution des paiements en Europe 

Vous êtes Français et vivez à l’étranger ? Vous connaissez probablement les défis des paiements transfrontaliers : frais élevés, délais de traitement, ou incompatibilités entre systèmes bancaires. L’European Payments Initiative (EPI) est un projet ambitieux visant à unifier les paiements en Europe et à simplifier la vie des expatriés. Dans cet article, découvrez ce qu’est l’EPI, ses objectifs, ses avantages pour les Français de l’étranger, et son calendrier de déploiement.

Un projet européen pour unifier les paiements

L’EPI est une initiative lancée en 2020 par 16 grandes banques européennes, dont BNP Paribas, Société Générale, Deutsche Bank et ING. Son objectif ? Créer un système de paiement paneuropéen capable de rivaliser avec les géants américains (Visa, Mastercard) et chinois (Alipay, WeChat Pay). Mais pourquoi l’EPI est-il nécessaire ?

L’objectif est de réduire la fragmentation des systèmes. En effet, chaque pays européen utilise ses propres infrastructures (ex : Cartes Bancaires en France, Girocard en Allemagne). Du coup, les systèmes de paiements sont dans une situation de dépendance aux acteurs étrangers. 70 % des paiements en Europe passent par des réseaux non-européens.

Une solution unique pour tous les paiements

L’EPI ne remplace pas les systèmes nationaux (comme la CB en France ou Bancontact en Belgique), mais les complète pour offrir une alternative européenne unifiée.

Mais l’EPI est une démarche globale, c’est dans le cadre du projet du consortium bancaire, qu’a été déployé un schéma de paiement instantané avec des virements en temps réel, 24/7, dans toute l’Europe. À terme, l’ambition est de créer une carte bancaire européenne qui serait acceptée partout en Europe, avec des frais réduits.

Application Wero Wallet
Application Wero Wallet

Enfin, il y a aussi Wero ! Ce schéma de paiement, qui a pris en France la suite de Paylib, permet aux particuliers d’envoyer et de recevoir de l’argent entre eux, via des virements instantanés de compte à compte, en utilisant un numéro de téléphone, un QR code généré par l’application ou une adresse e-mail. Le projet EPI, dont le coût de développement était estimé en milliards d’euros, a connu depuis ses débuts de nombreux vents contraires, provoquant plusieurs retards successifs.

Europe du sud vs Europe du nord

Mais l’EPI a un concurrent européen ! Le nombre d’actionnaires est bloqué à 16, quasiment moitié moins qu’à l’origine, notamment depuis le départ des banques espagnoles qui avancent en parallèle sur une solution comparable, au nom ironiquement proche (European payments alliance, EuroPA) et qui se met progressivement en place en Europe du Sud.

« D’autres institutions financières (…) peuvent rejoindre EPI en tant qu’actionnaires ou membres » déclarait en avril 2025 EPI, qui se dit par ailleurs « prête à coopérer activement avec l’ensemble des réseaux de paiements numériques locaux, représentatifs en Europe, à une approche d’interopérabilité ».

EPI revendique « plus de 40 millions de clients inscrits », un chiffre qui illustre en creux le décollage très faible de Wero en Allemagne, puisque Paylib avançait un volume d’inscrits proche en fin d’année dernière : 35 millions. Le marché allemand a pourtant été lancé trois mois avant la France, en juillet dernier.

La société EPI précise aussi mardi le calendrier de ses prochains développements : les paiements sur internet à partir de l’été 2026 et les paiements en magasin d’ici la fin de l’année.

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