Étudier à l’étranger : le parcours des jeunes Français et des enfants d’expatriés

Étudier à l’étranger : le parcours des jeunes Français et des enfants d’expatriés

En 2026, plus de 105 000 jeunes Français choisissent chaque année de poursuivre leurs études à l’étranger, une tendance en hausse de 16 % depuis 2016. Parmi eux, les enfants de parents expatriés représentent une catégorie particulière : bilingues, habitués à la mobilité, et souvent en quête d’une formation internationale. Pourquoi ce choix ? Quels sont les pays les plus prisés, les défis à anticiper, et comment financer ces études ? Cet article fait le point sur les opportunités, les témoignages, et les ressources utiles pour réussir son projet d’études à l’étranger.

Pourquoi les jeunes Français partent-ils étudier à l’étranger ?

En 2026, les jeunes Français sont de plus en plus nombreux à choisir de poursuivre leurs études à l’étranger, une tendance qui s’inscrit dans une volonté d’ouverture et de différenciation sur un marché du travail toujours plus compétitif. Plusieurs motivations expliquent cet engouement.

L’enrichissement du CV et l’employabilité figurent en tête des raisons invoquées. Dans un contexte de globalisation, afficher une formation internationale sur son parcours est un atout indéniable, surtout pour les secteurs en forte demande comme le commerce, l’ingénierie ou les sciences politiques. Les recruteurs valorisent cette expérience, synonyme d’adaptabilité, de curiosité et de maîtrise des langues étrangères.

L’immersion culturelle et linguistique est un autre moteur puissant. Près de trois quarts des jeunes interrogés citent la découverte d’un nouveau mode de vie, d’une autre culture, et l’opportunité de perfectionner une langue comme des éléments décisifs. Partir étudier à l’étranger, c’est aussi l’occasion de sortir de sa zone de confort, de gagner en autonomie et de se construire un réseau international.

Les opportunités académiques et professionnelles jouent également un rôle clé. Certains pays, comme le Canada, le Royaume-Uni ou les États-Unis, proposent des formations pointues, des infrastructures de recherche de pointe, ou des spécialisations absentes en France. De plus, les perspectives de carrière et de rémunération à l’étranger sont souvent perçues comme plus attractives, notamment dans les domaines technologiques et financiers.

Enfin, l’attrait pour l’aventure et le désir de se confronter à de nouveaux défis ne sont pas à négliger. Les jeunes générations, habituées à la mobilité et aux échanges internationaux dès le lycée, voient dans les études à l’étranger une étape naturelle de leur parcours, aussi bien personnel que professionnel.

Enfants suivant des études
Image d'illustration

Le cas spécifique des enfants de parents expatriés

Les enfants de parents expatriés forment une catégorie à part parmi les jeunes Français qui choisissent d’étudier à l’étranger. Leur parcours, souvent marqué par une mobilité précoce et une exposition à plusieurs cultures, les distingue des autres étudiants. Dès leur plus jeune âge, ces enfants évoluent dans un environnement bilingue, voire multilingue, et fréquentent des établissements scolaires internationaux (lycées français à l’étranger, écoles bilingues, ou systèmes éducatifs locaux). Cette immersion les prépare naturellement à des études supérieures dans des contextes multiculturels, où l’adaptabilité et l’ouverture d’esprit sont des atouts majeurs.

Leur principal avantage réside dans le réseau familial et professionnel déjà établi à l’étranger. Leurs parents, souvent installés depuis plusieurs années, facilitent l’accès aux universités locales ou aux programmes internationaux, et les aident à naviguer dans les démarches administratives complexes. De plus, leur familiarité avec les attentes des établissements étrangers leur permet de mieux anticiper les exigences académiques et culturelles.

Cependant, ces jeunes doivent aussi faire face à des défis spécifiques. Le premier est le choix entre poursuivre leurs études dans le pays d’expatriation ou revenir, voir découvrir la France, une décision qui peut influencer leur intégration professionnelle et sociale. Certains optent pour une continuité à l’étranger, où ils bénéficient d’un environnement connu, tandis que d’autres préfèrent revenir en France, ce qui peut poser des questions de reconnaissance des diplômes ou d’adaptation à un système éducatif différent.

Enfin, leur double culture est à la fois une richesse et un défi. Ces jeunes doivent souvent concilier deux identités, ce qui peut être source de questionnements, mais aussi d’opportunités uniques pour construire un profil professionnel hybride et recherché sur le marché du travail international.

Les défis à anticiper

Partir étudier à l’étranger représente une aventure enrichissante, mais aussi un parcours semé d’embûches. Le coût des études arrive en tête des obstacles : frais de scolarité élevés, logement, assurance santé et dépenses courantes peuvent rapidement alourdir le budget. En 2026, les étudiants doivent souvent cumuler jobs étudiants, bourses (Erasmus+, AMI, aides régionales) et économies personnelles pour financer leur projet.

Les démarches administratives constituent un autre défi majeur : visa, titre de séjour, ouverture de compte bancaire, inscription à la Sécurité sociale… Chaque pays a ses propres exigences, et les retards ou erreurs peuvent compromettre le séjour.

L’intégration sociale et culturelle n’est pas toujours évidente. La barrière linguistique, le choc culturel ou l’isolement peuvent freiner l’adaptation, surtout lors des premiers mois. Heureusement, les universités et associations locales proposent souvent un accompagnement pour faciliter cette transition.

Enfin, la reconnaissance des diplômes en France peut, aussi, poser problème. Il est conseillé de se renseigner auprès du Centre ENIC-NARIC pour obtenir une attestation de comparabilité, surtout si l’on souhaite travailler ou poursuivre ses études en France après son retour.

Auteur/Autrice

  • Chantal Julia est maitre de conférence en Suisse. Après plusieurs années à l'Université de Lettre Paris 1, Chantal a suivi son compagnon à Lausanne où elle enseigne toujours la littérature française. Elle écrit pour différents magazines universitaires et Lesfrancais.press

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