Escalade de violence dans les affrontements à Hong-Kong

Escalade de violence dans les affrontements à Hong-Kong

novembre 18, 2019 0 Par Catya Martin

Depuis juin 2019, Hong-Kong traverse sa plus grave crise depuis la rétrocession à la Chine en 1997. Les manifestations sont de plus en plus violentes et pour les manifestants, il ne semble pas y avoir, à aujourd’hui, d’issue à ce conflit. Le retrait du projet de loi sur les extraditions vers la Chine (une des cinq demandes), n’ayant pas suffit à stopper cette escalade de violence, les revendications restent les mêmes, « cinq demandes rien de moins ». Les protestataires, qui dénoncent l’ingérence de plus en plus forte de Pékin, exigent des réformes démocratiques. Ils demandent une amnistie pour l’ensemble des personnes arrêtées dans le cadre des manifestations, la mise en place d’une commission d’enquête sur les violences policières, ne plus qualifier « d’émeutes » les manifestations et enfin l’instauration du suffrage universel direct aux élections.

Par Catya Martin – Rédactrice en Chef du magazine Trait d’Union et de la French Radio Hong-Kong/Macao

Du Brésil, où il participait au 11e sommet des BRICS, le président chinois Xi Jinping déclarait que le plus urgent aujourd’hui à Hong-Kong était de « rétablir l’ordre et de mettre fin au chaos ». Le Président chinois réitérant son soutien à la Cheffe de l’exécutif, Carrie Lam et à l’action de la police hongkongaise, a affirmé que le gouvernement chinois disposait « d’une détermination à toute épreuve pour protéger sa souveraineté, sa sécurité et ses intérêts de développement nationaux, mettre en œuvre le principe “un pays, deux systèmes” et s’opposer à toute force extérieure s’ingérant dans les affaires de Hong Kong ».

De son côté, un porte-parole du gouvernement central chinois a vivement condamné vendredi dernier, selon l’agence de presse Xinhua, « l’agression par des émeutiers sur un civil innocent de Hong-Kong, qui est décédé des suites de graves blessures, et l’attaque visant une fonctionnaire du gouvernement de la Région administrative spéciale (RAS) de Hong-Kong à Londres ».

Lors de sa visite officielle en Chine, le Président Français n’a pas abordé publiquement la crise que vit Hong-Kong depuis plusieurs mois. Ce n’est qu’au sein de l’ambassade de France à Pékin que le Président Emmanuel Macron a déclaré aux médias français présents « J’ai appelé à la retenue, au dialogue, à la recherche d’une désescalade à Hong-Kong ».

Samedi 16 novembre, plusieurs soldats de l’armée chinoise, en caserne à Hong-Kong, sont sortis, fait extrêmement rare, afin de participer au nettoyage de rues. Aux côtés des riverains, les militaires chinois ont, en moins d’une heure, ramassé les briques, réparé les barrières pour permettre à la circulation de reprendre. « Des soldats de l’Armée populaire de libération ont aidé des habitants à dégager les voies et ont été applaudis par les riverains », a affirmé l’armée sur le réseau social Weibo. Des images qui, volontairement ou pas, font redouter aux hongkongais un déploiement de l’armée chinoise au sein de l’ancienne colonie britannique.

Le 11 novembre dernier, un jeune manifestant était touché par un tir de la Police, à balle réelle, un homme masqué à, de son côté, aspergé un autre homme avec un liquide inflammable, le transformant en torche humaine.
Un homme de 70 ans est décédé jeudi dernier après avoir reçu une brique au cours d’affrontements entre pro et anti gouvernement. Les manifestants ont également blessé un policier avec une flèche, nouvelle arme utilisée.

Depuis plusieurs jours, les universités sont devenues de véritables bunkers où se sont regroupés les manifestants. Les rues sont bloquées par des barricades, les écoles fermées, les commerces fonctionnement au ralenti et les transports publics perturbés. Les affrontements entre la police et les manifestants ont lieu sur plusieurs sites à la fois, laissant une population totalement dépassée par la situation. Cette violence, chaque jour de plus en plus radicale, montre une véritable fracture et une forte division entre pro-Pékin et démocrates au sein des hongkongais, et ce, à quelques jours des élections locales (district council elections) qui devraient avoir lieu le 24 novembre prochain.

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