Entreprises étrangères en France : 1 % des entreprises, 11 % des emplois

Entreprises étrangères en France : 1 % des entreprises, 11 % des emplois

décembre 28, 2018 0 Par La rédaction

En France, selon l’INSEE, 28 600 entreprises étaient sous le contrôle de firmes multinationales étrangères en 2016. Ces entreprises représentent moins de 1 % de l’ensemble des entreprises mais emploient 11 % des salariés des entreprises marchandes en France dans les secteurs marchands non agricoles et non financiers, soit 1,8 million de personnes. La moitié de l’emploi en France des multinationales étrangères se concentre dans des entreprises de taille intermédiaire (ETI). En comparaison, les firmes multinationales françaises concentrent un peu moins du tiers de leurs emplois en France dans les ETI et les deux tiers dans les grandes entreprises (GE).

Des entreprises européennes et américaines de taille intermédiaire

En 2016, 17 pays étrangers concentrent 95 % de l’emploi en France sous contrôle étranger. Les pays de l’Union européenne en concentrent 62 %. Les entreprises allemandes arrivent en tête (318 000 emplois) suivies de celles du Royaume-Uni, de la Belgique et des Pays-Bas. Hors Union européenne. Les entreprises américaines contrôlent plus de 380 000 emplois en France. 115 pays étrangers contrôlent des entreprises en France. La Chine arrive très loin derrière avec moins de 10 000 emplois contrôlés.

Qui investissent dans l’industrie

Les emplois dans le secteur industriel sont surreprésentés dans les entreprises contrôlées par des firmes multinationales étrangères. L’industrie concentre 37 % des emplois sous contrôle étranger en France, contre 29 % des emplois des firmes multinationales françaises et 13 % de ceux des autres entreprises françaises. Les firmes japonaises sont très présentes dans le secteur industriel. 55 % des emplois contrôlés par le Japon le sont dans l’industrie. L’Italie, le Royaume-Uni et la Belgique, par leurs entreprises, sont également très implantés dans ce secteur d’activité. Le commerce est le deuxième secteur le plus important, en particulier grâce au commerce de gros. Il regroupe 30 % des emplois en France dépendant de multinationales étrangères, contre 18 % de ceux des multinationales françaises et 26 % de ceux des autres entreprises françaises. La concentration des emplois dans ce secteur atteint 40 % des emplois en France sous contrôle néerlandais, allemand et belge. En revanche, le secteur du bâtiment est peu pénétré par les entreprises étrangères. Ce secteur est constitué par quelques grandes multinationales françaises (Bouygues, Eiffage, Vinci, etc.) et par une multitude de PME. Seuls 2 % des emplois sur le sol français des entreprises sous contrôle étranger sont dans le secteur de la construction.

Paient mieux leurs salariés

Les entreprises étrangères rémunèrent mieux leurs salariés que leurs homologues françaises. À 61 900 euros, les coûts salariaux moyens par tête sont plus élevés dans ces entreprises que dans les multinationales sous contrôle français (56 000 euros). L’écart est faible dans l’industrie mais plus élevé dans le secteur des services. Dans ce secteur, les coûts salariaux moyens par tête en France s’élèvent à 57 600 euros dans les entreprises sous contrôle étranger, contre 42 400 euros dans les entreprises contrôlées par des multinationales françaises.

Représentent 16% de la valeur ajoutée de l’entreprise France

Les entreprises contrôlées par des multinationales étrangères réalisent 153 milliards d’euros de valeur ajoutée en France, soit 16 % de la valeur ajoutée totale des entreprises en France, dans les secteurs marchands non agricoles et non financiers. Cette création de valeur ajoutée correspond à 20 % du chiffre d’affaires des entreprises sous contrôle étranger en France. Les entreprises contrôlées par des firmes multinationales étrangères réalisent moins d’investissements corporels que les autres sur le sol français. Leur investissement global de 27 milliards d’euros correspond à 18 % de leur valeur ajoutée en France contre 25 % pour les multinationales françaises.

extrait de Lorella Ecodata, lettre d’information économique confidentielle avec l’autorisation de son Président, Philippe Crevel, économiste

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