En direct : un sommet Brexit sans accord final

En direct : un sommet Brexit sans accord final

octobre 18, 2018 0 Par La rédaction

Les chefs d’État européens se retrouvent à 28, puis à 27, puis à 19 entre mercredi 17 et jeudi 18 octobre pour un sommet Brexit qui ne tiendra pas complètement sa promesse, en l’absence d’accord sur la frontière irlandaise.

Les chefs d’Etat des 28 se ont mis d’accord sur un certain nombre de sujets sur les migrations, la sécurité intérieure et les relations internationales. C’est ce que reflètent les conclusions du Conseil, qui viennent d’être publiées.

Conclusion de la première journée du sommet

Conclusion de la première journée du sommet

Au delà des sujets attendus, les dirigeants se sont mis d’accord sur la date des 24 et 25 février pour un sommet inédit avec le groupe de la Ligue arabe, en Egypte.

Aucune mention des questions économiques, évoquées lors du déjeuner, n’est faite au sein des conclusions.

Theresa May et les 27 n’ont pas progressé sur l’accord  de divorce entre Londres et Bruxelles. Michel Barnier estime pour sa part avoir encore besoin de « beaucoup de temps » pour finaliser un compromis.

Un Conseil pour rien. Les pourparlers sur la finalisation de l’accord du Brexit et sur une déclaration politique sur l’avenir des relations commerciales avec l’UE ont été – comme attendu – bloqués par l’absence d’accord sur l’Irlande du Nord.

Les deux parties veulent en effet éviter une frontière physique entre l’Irlande du Nord et la République en cas d’absence d’accord sur les relations futures entre l’UE et le Royaume-Uni, mais divergent sur la manière d’atteindre cet objectif.

L’UE propose un « filet de sécurité » (backstop, en anglais) qui maintiendrait en pratique l’Irlande du Nord au sein de l’union douanière, tandis que Theresa May insiste sur un accord avec l’ensemble du Royaume-Uni.

En décembre dernier, les négociateurs de l’UE et du Royaume-Uni ont convenu d’une période de transition de 21 mois après la sortie officielle du Royaume-Uni en mars de l’année prochaine et de la nécessité d’une solution pour la frontière irlandaise. Durant cette période, le pays resterait au sein du marché unique, mais n’aurait pas son mot à dire sur les nouvelles règles qui le régissent.

Vers une extension de la période de transition

Le président du Parlement européen, Antonio Tajani, a confirmé que les deux parties avaient évoqué l’idée de prolonger la période de transition d’une année supplémentaire. « J’ai certainement perçu une volonté politique d’aller de l’avant », a-t-il ajouté.

Rien de neuf

Si la prolongation de la période de transition est un compromis entre Londres et l’UE à 27, rien ne garantit que Theresa May serait en mesure de vendre cette option à son propre parti, profondément divisé.

« Je n’ai rien perçu de substantiellement nouveau en termes de contenu en écoutant les propositions de Theresa May », a regretté Antonio Tajani, tout admettant que la Première ministre avait « le ton de quelqu’un qui veut parvenir à un accord ».

Le parlementaire a souligné que « sans accord sur les trois points [les droits des citoyens de l’UE au Royaume-Uni, le projet de loi de Brexit et l’Irlande du Nord], le Parlement européen ne peut et ne veut pas voter en faveur de l’accord ».

Theresa May s’est adressée aux dirigeants de l’UE pendant 15 minutes, avant un dîner auquel elle n’a pas assisté. Son porte-parole a indiqué qu’elle avait appelé les dirigeants européens à faire preuve de « confiance et de leadership ».

« Nous avons montré que nous pouvions conclure ensemble des accords difficiles de manière constructive. Je reste confiante quant à un bon résultat », a-t-elle ajouté. La plupart des dirigeants de l’UE ont fait preuve d’un optimisme prudent sur la conclusion d’un accord, même si, comme prévu, Theresa May n’a présenté aucune nouvelle proposition sur la manière de sortir de l’impasse.

Le président du Conseil, Donald Tusk, a déclaré la réunion finie après l’intervention de la Première ministre, puisque personne n’avait rien à lui répondre.

Le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, s’est déclaré « prudemment optimiste » quant à la conclusion d’un accord « dans les semaines à venir ».

Les mots les plus durs sont venus de la présidente lituanienne, Dalia Grybauskaite, qui a fait allusion aux difficultés de Theresa May à unir son propre gouvernement. « Nous ne savons pas ce qu’ils veulent, ils ne savent pas eux-mêmes ce qu’ils veulent vraiment, le problème est là », a-t-elle estimé.

Pas de sommet en novembre

Les chances qu’un sommet extraordinaire se tienne en novembre pour finaliser un accord ont pratiquement disparu, car les négociations n’ont pas suffisamment progressé.

« Les dirigeants de l’UE à 27 sont prêts à convoquer un Conseil européen lorsque le négociateur de l’Union européenne fera savoir que des progrès décisifs ont été accomplis. Pour l’instant, l’UE à 27 n’envisage pas d’organiser un sommet extraordinaire sur Brexit en novembre », a confirmé une source européenne à des journalistes à Bruxelles.

Les dirigeants de l’UE ont également exprimé leur soutien à leur négociateur en chef, Michel Barnier, et souligné l’importance de maintenir un front uni derrière lui. Ces déclarations répondent aux tentatives du Royaume-Uni d’affaiblir le soutien de différents États membres.

Avant le sommet du 17 octobre, Michel Barnier avait prévenu que les négociateurs auraient besoin de « beaucoup plus de temps » pour conclure un accord, d’où la prolongation de la période de transition.

« Nous n’y sommes pas encore. Le Brexit doit être ordonné pour tout le monde et sur toutes les questions, y compris celle de l’Irlande. Nous avons donc besoin de temps, nous avons besoin de beaucoup plus de temps. Nous continuerons à faire notre travail dans les prochaines semaines avec calme et patience », a-t-il déclaré aux journalistes en arrivant au sommet.

Alexandra Brzozowski et Benjamin Fox

Article publié sur le site de notre partenaire

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