Elections municipales en Belgique – Les Français mobilisés?

Elections municipales en Belgique – Les Français mobilisés?

octobre 4, 2018 0 Par La rédaction

Il s’agit des premières élections depuis mai 2014. L’occasion de tester la célébrité des personnalités politiques et des partis après plus de quatre ans sans consultation. Des élections d’autant plus importantes quand on sait à quel point le paysage politique belge a été chahuté ces dernières années. C’est aussi la première élection après le doublement de la population française en Belgique.

Malheureusement, les Français ne furent que 30 000 à s’inscrire sur les listes électorales belges sur 150 000 résidents (estimation basse) mais plus de cinquantes d’entre-eux se présentent au suffrage. Beaucoup de disparités au niveau des enregistrements qui démontrent des différences de stratégies, et de succès, de la part des autorités municipales pour inciter les non belges à s’inscrire, dans un des derniers pays ou, une fois l’inscription faite, le vote est obligatoire.

Des profils divers parmi les candidats français, présents majoritairement sur les listes bruxelloises, ce qui peut s’expliquer tant par la présence massive de nos compatriotes dans la capitale belge que, carrières professionnelles oblige, d’une certaine implication dans la vie politique, en France, en Europe, et en Belgique donc. Parmi les communes qui comptent le plus de candidats français ou franco-belges, nous pouvons citer sans surprise Ixelles, Uccle, Etterbeek et encore Saint-Gilles.

Coté belge, Pascal Delwit, célèbre politologue de l’ULB, nous indique que certains partis sont particulièrement à tenir à l’œil. C’est notamment le cas de Défi qui tente de s’implanter en Wallonie ou du cdH qui est au plus bas des sondages qui ne sont, certes, « pas toujours prédictifs ». Par contre, le politologue pense que le parti de centre chrétien risque « d’arriver à un seuil où la crédibilité du parti est entachée aux yeux des électeurs et le cdH pourrait être handicapé pour les régionales et fédérales ».

Nouvelles formations, nouveaux partis

Plusieurs partis tentent de se faire une place dans le grand bain de la politique. Sauf que les élections communales sont « les plus difficiles » pour les nouvelles formations. Ceci s’explique notamment par le facteur de proximité qui joue un rôle primordial lors des élections communales. Une proximité difficile à créer pour des partis neufs qui n’ont pas forcément le temps ou les moyens de faire leurs preuves et gagner la confiance des citoyens.

C’est par exemple le cas du parti animaliste DierAnimal ou du plus controversé parti Islam duquel il ne faut pas vraiment « avoir peur », estime Pascal Delwit. « Il n’y a pas vraiment de vote musulman en Belgique c’est-à-dire que la majorité des musulmans ne votent pas sur base religieuse. » La récente polémique autour des menaces de morts lancées par leur tête de liste à Woluwe Saint-Lambert vis-à-vis de la tête de liste MR Amélie Pans rappelle, tout de même, le niveau de dangerosité potentiel de ce parti qui prône l’instauration de la charia en Belgique.

Où sont les femmes?

Que ce soit en Flandre ou en Wallonie, mais également à Bruxelles, les partis ont du mal à remplir leurs listes électorales puisque la théorie de la tirette oblige un certain quota de femmes. Sauf que celles-ci ne semblent plus attirer par les partis politiques existants. Certains aimeraient donc voir cette théorie abolie.

Pour certains, supprimer les quotas reviendrait à revenir en arrière plutôt que d’affronter le réel problème à savoir le manque d’intérêt général pour les partis classiques. « Quand on examine les partis politiques en Belgique et en Europe, on remarque la diminution générale d’adhérents. Les partis sont très focalisés sur les élections et la vie institutionnelle et ils délaissent les autres dimensions » nous rappelle Pascal Delwit.

Quoiqu’il en soit, ces élections communales seront l’occasion pour tous les partis confondus, de tester la popularité de ces nombreux Français qui se présentent et de faire le point après ces dernières années de politique mouvementées. Que cela concerne les choix politiques au fédéral du MR ou les scandales dans lesquels le PS a trempé, les jeux sont ouverts.

Fabien Ferasson de Quental

 

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