Élections consulaires Liban-Syrie - Nadia Chaaya : « Être au Liban, c’est très difficile »

Élections consulaires Liban-Syrie - Nadia Chaaya : « Être au Liban, c’est très difficile »

À l’approche des élections consulaires 2026, Lesfrancais.press poursuit ses rencontres avec les candidats engagés auprès des Français de l’étranger. Direction le Liban, où la situation sécuritaire et économique rend le quotidien particulièrement éprouvant. Conseillère sortante et présidente du groupe Les Indépendants à l’Assemblée des Français de l’étranger, Nadia Chaaya revient sur son parcours, ses motivations et les enjeux du scrutin.

Écouter le podcast avec Nadia Chaaya

Un retour au Liban entre engagement et attachement personnel

Installée récemment au Liban, à Beyrouth, Nadia Chaaya revendique un lien profond avec le pays de son enfance. « Je suis installée au Liban depuis trois semaines, (…) Je suis très attachée à ce pays parce que je suis originaire du Liban », explique-t-elle.

« Revenir au Liban, c’est revenir aux sources. C’est un pays qui est vraiment resté dans mon cœur. »

Après une carrière marquée par 25 années en Arabie saoudite et plusieurs mandats d’élue consulaire dans la circonscription de Jeddah-Sanaa, son retour s’inscrit dans une continuité. « Revenir au Liban, c’est revenir aux sources. C’est un pays qui est vraiment resté dans mon cœur », confie-t-elle. Son engagement ne date pas d’hier : impliquée à l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), elle a notamment suivi des dossiers sensibles comme l’explosion du port de Beyrouth ou la situation des déposants dont les fonds sont bloqués dans les banques libanaises.

Une communauté française fragilisée et en attente de soutien (Liban-Syrie)

La circonscription Liban-Syrie compte environ 24 000 Français inscrits au registre, dont près de 20 000 électeurs. Pourtant, la participation reste faible. « On sait très bien qu’au niveau du vote, il y a juste 20 % qui votent pour les consulaires », souligne Nadia Chaaya. Sur le terrain, elle constate une méconnaissance du rôle des élus. « Beaucoup de compatriotes ne sont pas vraiment informés et ne savent pas qu’il y a des élus qui les représentent », regrette-t-elle.

Nadia Chaaya au lycée français Charles de Gaulle à Damas en Syrie
Nadia Chaaya au lycée français Charles de Gaulle à Damas en Syrie

Lors d’un déplacement récent en Syrie, elle a été marquée par l’isolement des Français sur place : « Les compatriotes, ils n’attendaient que ça. Ils veulent vraiment le lien avec la France et ils ont été coupés de ce lien il y a très longtemps ».

Une situation quotidienne de plus en plus difficile

Au Liban, la dégradation est générale. « Être français au Liban, est-ce que c’est difficile ? Déjà, être au Liban, c’est très difficile », affirme-t-elle sans détour. Entre instabilité sécuritaire et crise économique, la population est à bout. « Les guerres se répètent. Elles changent de forme. Elles se répètent », observe-t-elle, évoquant un climat de fatigue généralisée.

« J’étais la seule élue qui allait dans des zones qui n’étaient pas vraiment autorisées. »

Elle insiste aussi sur l’effondrement du système bancaire : « On n’a plus accès à nos comptes bancaires. C’est dramatique ». Certains Français souhaitent quitter le pays sans en avoir les moyens, tandis que d’autres restent malgré l’insécurité croissante. Dans ce contexte, le rôle des élus devient crucial. « D’où l’importance d’avoir des élus disponibles, mais vraiment une disponibilité totale, avec des informations en temps réel », insiste-t-elle.

Une approche de terrain et de proximité

Fidèle à son expérience passée, Nadia Chaaya défend une présence active sur le terrain. « Je prévois de visiter toutes les zones une fois par mois », annonce-t-elle. Elle rappelle son engagement en Arabie saoudite, où elle allait à la rencontre des Français dans des zones isolées : « J’étais la seule élue qui allait dans des zones qui n’étaient pas vraiment autorisées ».

Nadia Chaaya avec les parents des victimes de l'explosion du port de Beyrouth
Nadia Chaaya avec les parents des victimes de l'explosion du port de Beyrouth

Son objectif reste le même : recréer du lien et répondre concrètement aux besoins des expatriés. Sur le plan politique, Nadia Chaaya revendique une position claire. « Ce n’est pas pour rien qu’on a choisi d’être indépendant », explique-t-elle. Pour elle, l’essentiel est ailleurs : « L’essentiel pour nous, quand on est élu, c’est le bien-être des Français à l’étranger et d’améliorer leur quotidien ». Une indépendance qui permet, selon elle, de travailler avec tous les acteurs sans logique partisane.

Dans une région marquée par l’incertitude la mobilisation des électeurs reste un enjeu clé. Pour les élections consulaires concernant les Français de la circonscription Liban-Syrie, 5 Conseillers des Français de l’étranger sont à élire et 1 délégué consulaire. Le scrutin se tiendra du 22 au 27 mai par Internet et le 31 mai à l’urne.

6 listes ont été déposées : (par ordre du tirage au sort, cliquez ici)

  • « La communauté française au cœur » menée par Lucas LAMAH
  • « Ghassan AYOUB et son équipe : solidarité et indépendance, notre seul parti pris »
  • « Union populaire pour l’écologie et la justice sociale » conduite par Moemen DABOUSSY
  • Ensemble au service des Français du Liban et de Syrie » avec Karim FADDOUL comme tête de liste
  • « Pour vous ! Proximité – soutien – équité » menée par Georges AZAR
  • « À vos côtés – Pour un nouvel élan au service des Français au Liban et en Syrie » / Nadia EL-AZZI CHAAYA

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