Education : 2 questions à la sénatrice Evelyne Renaud-Garabedian

Education : 2 questions à la sénatrice Evelyne Renaud-Garabedian

janvier 10, 2019 0 Par Redaction

 

Femme d’affaires, directrice du groupe immobilier et hôtelier Cible, fondé et dirigé par Jean-Pierre Bansard, Evelyne Garabedian  est membre  fondateur de l‘Alliance Solidaire des Français de l’Etranger.    Numéro 2   sur une liste divers droite, elle est élue sénatrice des Français établis hors de France le 24 septembre 2017.

1/ Madame le Sénateur vous avez interpellé Bruno Le Maire au sujet du blocage des garanties de l’Etat au financement de projets immobiliers dans réseau d’enseignement français à l’étranger. Pouvez vous nous dire en dire plus? Où en est le dossier?

Comme vous le savez, depuis 40 ans, les lycées français peuvent demander à l’Association Nationale des Ecoles Françaises à l’Etranger (ANEFE) la garantie de l’Etat pour leurs emprunts visant à acheter, construire ou rénover leurs locaux. Ceci permet d’obtenir plus facilement les prêts auprès des banques, et donc favorise le fait d’avoir des lycées français dans le monde.
Il y a pratiquement un an, la DGTrésor a demandé un audit de l’ANEFE. Et en septembre dernier, elle a brutalement gelé les garanties de l’Etat, sans que les résultats de l’audit ne soient rendus publics. J’ai demandé des explications à Bruno Le Maire, qui de toute évidence n’était pas parfaitement au fait de ce qu’avait fait son administration. Il m’a ensuite invité à auditionner, en novembre dernier, la Secrétaire Générale du Trésor qui avait pris la décision de geler les garanties en question.

Celle-ci m’a assurée qu’il n’y avait eu aucune erreur de gestion de la part de l’ANEFE. Simplement, la DG Trésor considère que les encours de cette petite association – où travaillent à peine deux personnes – sont beaucoup trop élevés. En effet, ses engagements s’élèvent à 275,7 millions d’euros, et ils ont beaucoup augmenté au cours des cinq dernières années.

On peut comprendre les doutes de Bercy. Toutefois, cela pose la question immédiate de deux lycées français qui sont en difficulté (Mascate et Panama). Ainsi que la dizaine d’autres établissements qui avaient commencé à constituer un dossier auprès de l’ANEFE.

Surtout, le gel s’est fait de façon abrupte et sans envisager de solutions. On aurait pu faire exactement la même chose en discutant entre partenaires… Mais maintenant que va-t-il se passer ?

La seule chose certaine, c’est que l’ANEFE ne va pas récupérer les garanties de l’Etat. La procédure va être confiée à un autre organisme public, qui n’est pas la DGTrésor et qui connaît très bien les lycées français. Ça, c’est l’information que j’ai eu il y a un mois et demi.

Puis, avant les vacances de Noël, j’ai appris qu’ils souhaitaient au préalable constituer un « groupe de travail » pour réfléchir au nouveau dispositif. Maintenant, dans le contexte social et politique actuel, il est certain que ce dossier n’est pas une priorité… Il traîne. D’autant plus que la Secrétaire Générale en question a entretemps changé de poste…mais je ne lâcherai rien jusqu’à ce que le nouveau dispositif ait été mis en place, je peux vous l’assurer.

 

2/ A la veille de la publication du rapport Cazebonne quelle est votre analyse de la situation de ce réseau ?

Je pense que nous sommes à un moment crucial pour le réseau. Il a été contraint a tellement d’économies, qu’il est difficile de rogner sur quoi que ce soit de plus sans entamer sérieusement la qualité de l’éducation qui y est donnée, et qui est la marque de fabrique de nos lycées français dans le monde : leur excellence a un prix élevé mais encore accessible. Il faut que l’Etat se réengage, ou bien qu’il affiche clairement que les lycées français iront dans le sens des lycées anglo-saxons… avec un coût de la scolarité largement inabordable, saupoudré de bourses pour les Français, et encore qui ne suffiront pas à couvrir les coûts de scolarité.

Je ne sais pas ce que va contenir le rapport Cazebonne, et peut-être pourrions-nous être agréablement surpris, comme avec le rapport Genetet qui était solide. Mais ce que je sais c’est que des rapports, nous en avons fait beaucoup. Le Sénat en a encore produit un l’année dernière où vous pourrez trouver mes propositions dans les contributions. Maintenant, espérons que tout ceci sera enfin suivi d’effet. S’il y a une chose qui me semble intolérable, c’est que des Français de l’étranger soient obligés de renoncer à ce que leurs enfants suivent leur scolarité au lycée français à cause du prix. C’est une perte énorme pour la France, pour son influence, que nous ne pourrons que regretter plus tard.

 

La Rédaction,

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