C’est un discours audacieux pour certains, lunaire pour d’autres que Donald Trump a livré à Davos ce mercredi 21 janvier 2026 ! Succès économique, Emmanuel Macron, Zelensky, le Groenland, etc… Tous les sujets ont été évoqués en 60 minutes dans cette séquence qui restera dans les annales du Forum Économique Mondial (FEM).
Primauté américaine
Arrivé à Davos avec du retard, le président américain a ouvert son discours en s’autocongratulant, évoquant « une croissance comme notre pays n’a jamais connu et sans doute aucun autre pays non plus », des « ménages qui s’en tirent très bien », et « sont ravis ».
« Aucun pays n’a jamais réussi ça jamais dans l’histoire. Nous étions un pays moribond nous sommes maintenant le pays le plus génial du monde. »
Donald Trump à Davos ce mercredi 21 janvier 2026
Cette ouverture a donné le ton du discours. « Les États-Unis sont de retour, plus forts que jamais », c’est le message qu’a martelé le président américain dans la station de ski suisse en direction des dirigeants européens avec qui il ne fut pas tendre. Pour lui, l’Europe ne va « pas dans la bonne direction », il précise même qu’« il y a des endroits en Europe qui ne sont plus reconnaissables », évoquant des « vagues de migration de masse » et le fait que « beaucoup de dirigeants ne comprennent pas ce qui se passe ».
Autre cible, le président Emmanuel Macron qui fut cité plusieurs fois par Donald Trump. Pendant de longues minutes, il s’est payé la tête de son homologue français, croisé à Davos « avec ses magnifiques lunettes de soleil ». « Je l’ai regardé, il jouait au dur », a-t-il ricané. Puis, le président américain a encore une fois refait le match de sa confrontation avec Emmanuel Macron qu’il aurait forcé à augmenter le prix des médicaments en France contre la menace de droits de douane supplémentaires.

Donald Trump a, aussi, jugé que c’était à l’Otan et à l’Europe « de s’occuper de l’Ukraine », et pas aux États-Unis. Pour autant, il rencontrera Volodymyr Zelensky ce jeudi 22 janvier 2026 à Davos.
« Qu’est-ce que les Etats-Unis retirent de tout ce travail, de tout cet argent, autre que mort, destruction et des sommes d’argent colossales qui vont vers des gens qui n’apprécient pas ce que nous faisons ? Ils n’apprécient pas ce qu’on fait, je parle de l’Otan, je parle de l’Europe. C’est à eux de s’occuper de l’Ukraine, pas à nous. Les Etats-Unis sont très loin, un grand et bel océan nous sépare. Nous n’avons rien à voir avec ça »
Donald Trump à Davos ce mercredi 21 janvier 2026
« Un bout de banquise »
Donald Trump a bien évidemment abordé le sujet du Groenland. Il a réitéré dans son discours prononcé au Forum économique mondial de Davos, sa volonté de prendre le contrôle du Groenland, en dépit de l’opposition de ses alliés occidentaux. Le président américain a dit vouloir engager des négociations immédiates pour discuter d’un rachat de ce territoire autonome danois, excluant pour l’heure un recours à la force.
« On pensait que j'utiliserais la force, mais je n'en ai pas besoin. Je ne veux pas utiliser la force. Je n'utiliserai pas la force. »
Donald Trump à Davos ce mercredi 21 janvier 2026
Pour lui, seule la « grande puissance » des États-Unis peut défendre le territoire. « J’ai énormément de respect pour le peuple du Danemark », ajoute-t-il. Le président américain a appelé à ouvrir des « négociations immédiates » sur une acquisition de l’immense île. Il revient alors sur la Seconde Guerre mondiale : « Sans nous, les européens parleraient allemand ou japonais. Puis nous avons rendu le Groenland, une grande erreur de notre part. » Il en a profité pour rappeler les obligations qui incombent aux membres de l’alliance !
« Tout allié de l'OTAN a l'obligation d'être capable de défendre son propre territoire. Et le fait est qu'aucune nation ou groupe de nations n'est en mesure de défendre le Groenland autre que les États-Unis. Nous sommes une grande puissance, bien plus grande que ce que les gens imaginent »
Donald Trump à Davos ce mercredi 21 janvier 2026
Pendant ce temps, l’armée danoise annonce continuer de se déployer au Groenland, où des personnels et équipements étrangers sont aussi acheminés. Selon le Commandement arctique, une frégate française, la Bretagne, manœuvre aussi conjointement avec un navire danois, le Thetis, dans l’Atlantique Nord. L’armée française avait annoncé l’envoi de la Bretagne dans l’Atlantique Nord en vue d’une « appréciation de situation dans une zone stratégique et exigeante ». Elle a présenté ce déploiement comme une « contribution régulière de la Marine nationale à la sécurité des espaces maritimes communs, des approches européennes et du flanc nord de l’OTAN ».
De leur côté, les Groenlandais ne sont pas restés passifs, ce mercredi, le gouvernement groenlandais a présenté une nouvelle brochure fournissant des conseils à la population en cas de « crise » sur le territoire convoité. Ce document est « une police d’assurance », a déclaré le ministre de l’Autosuffisance, Peter Borg, lors d’une conférence de presse à Nuuk, la capitale groenlandaise. « On ne s’attend pas à ce qu’il faille y recourir », a-t-il souligné.
Auteur/Autrice
-
L'AFP est, avec l'Associated Press et Reuters, une des trois agences de presse qui se partagent un quasi-monopole de l'information dans le monde. Elles ont en commun, à la différence de son prédécesseur Havas, de ne pas avoir d'actionnaire mais un conseil d'administration composé majoritairement d'éditeurs de presse.
Voir toutes les publications
























