Disparition de l’architecte Paul Andreu

Disparition de l’architecte Paul Andreu

octobre 18, 2018 0 Par Redaction

@ www.paul-andreu.com

 

Paul Andreu est né en 1938 à Caudéran,en Gironde.  Après des études  au lycée Louis le Grand, il fait l’école Polytechnique (X-Ponts) puis Architecture à l’école de Beaux Arts d’où il sort diplômé en 1968. A peine trentenaire, il commence à travailler pour les aéroports de Paris et en 1974 devient leur architecte en chef  pendant 40 ans. Les aéroports ne le quitteront plus.

Parmi ses principales réalisations figurent les aéroports de Roissy et leur gare TGV-RER, les aéroports d’Abu Dhabi, de Jakarta, du Caire, de Dar-Es-Salaam, de Bruneï, de Kansaï dans la baie d’Osaka, de Nice, de Bordeaux, de Pointe-à-Pitre, la Grande Arche de la Défense (qu’il construit sur des dessins de Otto von Spreckelsen, lauréat du concours), ainsi que le terminal français du tunnel sous la Manche.

Paul Andreu exerce  beaucoup en Asie, spécialement en Chine ou il enseigna et où il réalisa entre autres projets réalisa l’opéra de Pékin, à coté de la cité interdite. En Asie il fit aussi le musée maritime d’Osaka et le musée archéologique de Taiwan.

Au long de sa carrière il reçut des nombreux prix dont le grand prix national d’Architecture et le Grand prix du globe de cristal. Officier de la Légion d’Honneur, il  fut élu membre de l’Académie des Beaux Arts en 1996.

Paul Andreu, est  aussi un intellectuel qui a publié des nombreux livres d’architecture et de   littérature , a réalisé des décors de théâtre et a oeuvré comme désigner.

 

Comme  plusieurs sites  d’information ont évoqué sa biographie et son œuvre je préfère retranscrire ici quelques réflexions extraites de ses entretiens.

« J’ai fait une expérience étonnante, j’ai cherché sur google earth des images d’une gare que j’avais faite au Caire. Elle était démolie !  avait complètement disparu. La mort totale, n’est pas la plus douloureuse, c’est la défiguration de son œuvre ».

A l’aéroport de Roissy des escalateurs sont disposés dans le terminal 1 , construit entre 1967-74. Paul Andreu avait prévu à proximité une fontaine, pour reprendre le mythe d’Icare, qui s’envole sur la mer. Pourtant la symbolique de son œuvre, «le rêve » , son allusion a était défigurée par la suppression de l’eau et l’installation d’un espace pour fumer.

 

 

Pour l’opera de Pékin, Paul Andreu, explique qu’il à souhaité créer de espaces pour les visiteurs afin d’attirer un public, qui ne va pas forcement à l’opéra. Sa démarche est  perceptible dans son œuvre et sa volonté d’interpeller le visiteur , de le questionner.

« Je ne crois pas que quelqu’un soit capable de fabriquer le bonheur des autres, (…). Le bonheur est une chose individuelle. Ont peux créer les conditions pour que les gens arrivent au bonheur. L’architecture dois s’occuper d’une série des choses dont les gens ont besoin (…) Les bâtiments sont faits comme des serres, faites pour que les plantes grandissent, on met ce qu’il faut pour pourvoir  leurs besoins : de l’eau, des nutriments…les agronomes fournissent cela  pour qu’elles poussent, mais ce n’est pas eux qui grandissent. Un beau bâtiment c’est cela, il est beau, il est durable, il est bien exploité, il a toutes les qualités qu’on lui  demande (…) et en plus  de vous émouvoir  il vous fait découvrir une chose à la laquelle  vous ne vous attendiez pas forcement : il vous fait grandir. C’est  cela l’architecture,  comme tout les arts. A quoi servent les arts ? à rajouter quelque chose dans le monde en le dérangent en petit peu et à faire grandir ceux  qui entrent en rapport avec. »

Musée archéologique de Taiwan

Au sujet des différences entre les cultures, à l’occasion d’un entretien pour une chaine chinoise, il répond : « Les lois de la physique sont les mêmes pour tout le monde. Ce que diffère c’est la manière de regarder, c’est la culture, c’est l’habitude. D’une civilisation à une autre, ont aimera  la pluie ou l’aura en horreur. Pourtant la pluie c’est toujours de l’eau qui tombe. Dans les sentiments c’est la même chose. Ce qui change c’est la manière de les exprimer ». Comme tout architecte sensible, Paul Andreu  portait une attention particulière aux sites de ses projets pour créer des bonnes interactions.

« …Il est important d’être patient et de  comprendre les gens , de ne pas accepter des choses aux quelles vous ne croyez pas. Accepter des choses par lassitude, gâche le bâtiment. Le travail d’un créateur ce n’est d’être jamais être résigné ». « Aux architectes ont dit, vous vous faîtes plaisir… Beaucoup des gens imaginent que les artistes sont des hommes qui ne travaillent pas vraiment, qui prennent du plaisir. C’est très difficile de créer. Il faut travailler beaucoup, il faut accepter cette chose très cruelle de n’être pas toujours satisfait… c’est parce que vous n’êtes pas satisfait que vous allez plus loin. Les métiers artistiques, ne sont  pas de métiers que l’on fait plaisir. On est heureux, mais ce n’est pas du plaisir. Le bonheur est plus profond, il faut le chercher plus loin ». « Le bonheur est diffèrent, c’ est quelque chose qui nous permet de faire une pas en direction de nous-même ».

 

Aéroport du Caire

Bruno Veauvy

 

Le 18/10/2017

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