de Vespasien à Hidalgo

de Vespasien à Hidalgo

octobre 10, 2018 0 Par La rédaction

 

L’Empereur Vespasien les aurait inventées,  Anne Hidalgo les réinvente. En fait c’est le lieutenant-général de police de Paris sous Louis XV, Antoine de Sartines, qui installa les premiers urinoirs publics.  En  1834, à l’instigation du préfet de Paris, le Comte de Rambuteau, les barils disposés au coins de rue deviennent  des édicules. Il en fait installer quatre cent soixante-dix-huit sur les trottoirs de la Paris.  Déjà sous le feu des railleries de son opposition  qui parle de« colonne Rambuteau », ce dernier parle de «colonne vespasienne », en référence à l’empereur Vespasien.

 

 

Aujourd’hui les opposants à Anne Hidalgo, ont trouvé un terrain de combat: les nouvelles pissotières écolos installées depuis quelques mois à Paris.   Certes elles ne sont qu’au nombre de 4, mais l’installation dans la très selecte île Saint Louis fin juillet du dernier de ces « uritrottoirs », fait couler beaucoup…. d’encre.

 

Par delà le débat politique,  le principe des pissotières  écologiques n’est pas sans intérêt. Ceux que la nature pressent peuvent se vider la vessie  sur une botte de paille surmontée d’un bac à fleur coloré et faire du compost grâce à la paille, comme du fumier dans une ferme. La paille en plus fait office de filtre , ce qui permet de limiter les odeurs et d’économiser de l’eau pour nettoyer les rues souillées par ceux qui se soulagent contre murs et portes.

 

Si les urinoirs publics ont disparu depuis quelques décennies des rues parisiennes, les Français de l’étranger savent qu’il en reste dans  des villes comme Hambourg ou Amsterdam. dans le monde. La gratuité est leur fondement.

 

L’opération médiatique semble plutôt réussie, mais elle peut  apparaître comme un cache misère.  Alors que Paris a  durant des mois fait les gorges chaudes de la presse internationale pour son absence de plus en plus préoccupante de propreté, pour la prolifération des rats ou pour les conditions d’insalubrité auxquelles de  nombreux migrants sont réduits, l’installation de ces urinoirs écologiques peut passer pour  une tentative de détourner l’attention des vrais problèmes .

 

Il n’en reste pas moins que nos compatriotes font preuve d’une certaine ingéniosité. Une campagne au lendemain des chocs pétroliers  des années 70 disait déjà  » En France on n’a pas de pétrole mais on a des idées », aujourd’hui on pourrait dire  » On  a des idées pour masquer l’insalubrité ».

 

La Rédaction

Le 13/08/2018

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