Consultation nationale: Et les Français de l’étranger ?

Consultation nationale: Et les Français de l’étranger ?

décembre 17, 2018 1 Par Redaction

 

Manifestation de gilets jaunes à New York, collectifs de parents inquiets, mépris de Bercy qui ne répond pas à des obligations d’information, les Français de l’étranger veulent participer au grand débat voulu par le Président Macron.

 

Un tapis de neige blanche a recouvert la France et le jaune se dilue. Mais la crise sociale couve toujours alors que notre pays s’apprête à célébrer les fêtes de fin d’année.

Entre 2 et 4 millions de Français vivent hors des frontières nationales. Ils sont les avant-gardes de la France. Contrairement aux clichés la plupart d’entre eux ne sont pas de riches réfugiés fiscaux. Beaucoup sont des hommes et des femmes souvent expatriés pour des raisons de travail. Nombre d’entre eux ont trouvé à l’étranger une chance que la France – bloquée dans ses conservatismes – ne leur offrait pas. D’autres sont des binationaux attachés au lien charnel avec leur seconde patrie. En 2017, plus que les métropolitains, ils ont fait le choix d’Emmanuel Macron.

S’ils n’ont pas manifesté ces dernières semaines, ils n’en suivent pas moins ce qui se passe en France. Ils sont loin d’être les spectateurs béats et passifs car ils sont modérés et pacifiques. Pourtant en avril dernier, lors d’une élection législative partielle, la 5ème circonscription des Français de l’étranger (Espagne, Portugal et Monaco) a été à deux doigts d’élire un député de la France Insoumise. Mélenchon entre Monte Carlo et l’Algarve a de quoi faire réfléchir. Lors des consulaires partielles les candidats des partis ont été dégagés par des apolitiques.

L’observateur de cette France monde peut détecter des signes inquiétants de blocage. Le dialogue entre les expatriés et leurs interlocuteurs élus (conseillers consulaires, membre de l’AFE et parlementaires) ou non élus (ambassadeurs, consuls et ministères dont Bercy) est souvent difficile.

Un collectif de parents d’élèves « Avenir des Lycées Français du monde en danger », qui regroupe 13.000 membres et fédère les associations FCPE et  PEEP de l’étranger, des associations indépendantes et des écoles sans association, en a fait l’expérience. Ses représentants ont voulu rencontrer la députée Samantha Cazebonne en charge d’un rapport sur l’avenir de ces lycées . Cette dernière a refusé de les voir.

Ce même collectif a réclamé la communication des flux financiers entre les lycées et  l’AEFE (Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger) et entre cette dernière et les ministères. Saisie l’autorité en charge de la question, la CADA (commission d’accès aux documents administratifs), a demandé à Bercy et au Quai d’Orsay de le faire. Les Affaires Etrangères ont obtempéré. Bercy n’a même pas daigné répondre. Ce refus conduit à un recours devant le tribunal administratif. En même temps le trésor sans aucune communication a bloqué le fonctionnement de l’Anefe (association nationale des écoles françaises à l’étranger).

Comment qualifier ces nouveaux fermiers généraux que sont devenus les hauts fonctionnaires de Bercy ? Comment comprendre le refus d’une députée figée sur des aprioris de pouvoir ? Comment les Français expatriés ne peuvent-ils pas se sentir méprisés ?

Aujourd’hui French Morning, le magazine des Français des Etats Unis, annonce une manifestation de gilets jaunes devant le consulat général de France à New York. Voilà ce à quoi peut aboutir l’ignorance et l’arrogance de certains. Absence de dialogue, frais de scolarité en forte hausse, discrimination fiscale… les sujets explosifs sont nombreux. Il est urgent que les Français de l’étranger soient entendus et associés à la consultation nationale. Leur connaissance d’autres systèmes économiques et politiques pourrait en outre ouvrir et enrichir le débat.

 

Jean-Louis GIBAULT

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