À l’approche des élections consulaires qui se tiendront à l’urne le 30 mai en Argentine, les Français établis dans ce pays sont appelés à élire leurs représentants de proximité : les conseillers des Français de l’étranger. Dans ce contexte, Charles-Édouard Courmontagne, tête de liste du « Rassemblement des Patriotes » soutenu par le Rassemblement national, détaille sa vision et ses priorités pour la communauté française.
Écouter le podcast avec Charles-Édouard Courmontagne
Une expatriation en Argentine motivée par un choix de vie
Installé en Argentine depuis huit ans, ce Normand de 50 ans, juriste et géographe de formation, explique son parcours et les raisons de son expatriation : « Nous avons fait le choix, ma femme, mon fils et moi-même, de venir s’installer en Argentine, notamment parce que nous ne souhaitions pas continuer à élever notre fils (…) en France, pour des raisons d’insécurité. »
« Le rôle d'un conseiller des Français de l'étranger, c'est d'être un relais fiable et accessible. Ce n'est pas une fonction honorifique. »
Charles-Édouard Courmontagne, tête de liste du « Rassemblement des Patriotes » soutenu par le Rassemblement national – circonscription Argentine
Selon notre invité, de nombreux Français ont récemment rejoint le pays, modifiant la sociologie de la communauté. Il informe également que sur environ 12 600 inscrits dans la circonscription, 65 % sont binationaux et 80 % vivent dans la région de Buenos Aires.
Un rôle de terrain pour les conseillers des Français de l’étranger
Pour Charles-Édouard Courmontagne, le mandat de conseiller des Français de l’étranger est loin d’être symbolique : « Le rôle d’un conseiller des Français de l’étranger, c’est d’être un relais fiable et accessible. Ce n’est pas une fonction honorifique. » Il insiste sur la nécessité d’un engagement concret auprès des expatriés : « Pour moi, c’est une mission de service, et pas de représentation symbolique. »

Toujours selon lui, les conseillers doivent accompagner les Français dans leurs démarches administratives, l’accès aux soins ou encore les problématiques scolaires, tout en jouant un rôle d’alerte auprès des autorités consulaires.
Un regard critique sur le bilan des élus consulaires sortants
S’il reconnaît leur engagement, le candidat estime que les quatre conseillers actuels n’ont pas su s’adapter aux évolutions récentes : « Depuis six ans, ils n’ont pas tenu compte de la révolution sociologique des nouveaux arrivants. » Il pointe également plusieurs insuffisances, notamment sur les aides sociales et l’accompagnement des nouveaux expatriés, ainsi que sur des dossiers sensibles comme celui du lycée français Jean Mermoz, placé sous la double tutelle de l’AEFE (Agence pour l’Enseignement français à l’étranger) et de la DGEGP (Direction Générale de l’Enseignement Privé).
« J'ai choisi par conviction et par valeur de rejoindre Marine et Jordan. »
Charles-Édouard Courmontagne, tête de liste du « Rassemblement des Patriotes » soutenu par le Rassemblement national – circonscription Argentine
Membre du Rassemblement national (RN), le candidat revendique un choix idéologique clair, en lien avec les figures du parti Marine Le Pen et Jordan Bardella : « J’ai choisi par conviction et par valeur de rejoindre Marine et Jordan. » Il rappelle que ces élections locales ont aussi une portée nationale : « C’est une élection politique (…) un an avant le scrutin des présidentielles. » Les conseillers participent en effet au parrainage des candidats à la présidentielle et au collège électoral des sénatoriales, dont le renouvellement de six des douze sénateurs des Français établis hors de France aura lieu en septembre 2026.
Des propositions axées sur l’accompagnement
Parmi ses priorités, Charles-Édouard Courmontagne souhaite créer une structure innovante pour la communauté française : « Ma proposition […] c’est de créer une maison France sous forme de portail. » Ce dispositif viserait à centraliser les services utiles aux expatriés : emploi, démarches administratives, accompagnement des étudiants ou encore mise en réseau des Français d’Argentine.
« On n'est pas des Français de seconde zone […] et on est encore moins des évadés fiscaux. »
Charles-Édouard Courmontagne, tête de liste du « Rassemblement des Patriotes » soutenu par le Rassemblement national – circonscription Argentine
Le candidat exprime également un ressenti partagé par une partie des expatriés : « On est considérés comme des Français de seconde zone. » Il insiste ainsi sur la nécessité de mieux prendre en compte les réalités vécues à l’étranger : « On n’est pas des Français de seconde zone (…) et on est encore moins des évadés fiscaux. »
Enfin, face à une abstention traditionnellement élevée, Charles-Édouard Courmontagne mise sur une campagne de terrain et digitale : « Je vais mobiliser de manière digitale (…) en organisant des rencontres pour que les gens viennent me voir. »
Pour les élections consulaires, dans cette circonscription pour les Français d’Argentine, six listes ont donc été déposées : (par ordre du tirage au sort)
- Le « Collectif solidaires citoyen.ne.s de gauche, écologistes et féministes » conduite par Pauline MAYNIER
- « Républicains et solidaires » menée par Laurent WAKSMANN
- « Construire » avec Jérôme GUILLOT comme tête de liste
- « ASFE défendre et accompagner les Français d’Argentine » menée par Christophe DUBOIS
- « Rassemblement des patriotes » conduite par Charles-Édouard Courmontagne
- « Nouvel Elan une gauche constructive, moderne et progressiste » avec Marine DETTORI comme tête de liste
Le vote à l’urne aura lieu en Argentine le 30 mai, et le vote par internet du 22 au 27 mai (12h heure de Paris).
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