Claude Wiseler parle aux Français du Luxembourg

Claude Wiseler parle aux Français du Luxembourg

octobre 9, 2018 0 Par La rédaction

     

  Claude Wiseler                         Jean-Pierre Raffarin                    Frédéric Lefebvre

Claude Wiseler– qui fait la course en tête dans les sondages  pour les élections législatives luxembourgeoises du 14 octobre prochain – est venu à Paris lundi 25 septembre afin de  rencontrer  Jean-Pierre Raffarin et Frédéric Lefebvre.  Ce  chrétien-démocrate francophile est un  professeur de lettres de  58 ans titulaire d’un doctorat obtenu à la Sorbonne.  C’est tout naturellement qu’il a réservé son premier déplacement à l’étranger à notre pays, avant d’aller à Berlin pour déjeuner le lendemain avec la Chancelière allemande.  En marge d’un déjeuner organisé au Sénat par des hommes avec qui il partage le même engagement européen, le probable futur premier ministre du Luxembourg a  répondu à nos questions.

 

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Le 14 octobre prochain auront lieu les élections. Vous êtes ces jours ci en France et en Allemagne. Pourquoi?

Le but de ces visites est de consolider les liens et de soigner les relations entre les deux pays.  Pendant les 5 dernières années passées dans l’opposition, il était important pour moi de continuer à entretenir de bonnes relations avec les responsables politiques de nos pays voisins. Ces échanges sont d’une importance particulière afin de comprendre et de connaître les besoins et les attentes des différents pays vis-à-vis du Luxembourg.

 

Claude Wiseler & Angela Merkel

Quelle est votre vision de la relation entre la France et le Luxembourg ?

Pour le Luxembourg les relations avec nos pays voisins sont essentielles. Il y a des milliers de frontaliers français et allemands qui viennent quotidiennement travailler au Luxembourg. Les Français constituent la deuxième communauté étrangère du Grand-Duché. A noter encore la présence de nombreux Français au sein des institutions européennes et internationales présentes au Luxembourg. Donc déjà au quotidien il s’agit d’organiser cette vie commune et d’œuvrer dans le sens de la cohésion sociale de la communauté qui vit et travaille au Luxembourg.

Mais la France est également un partenaire dès lors qu’il s’agit de s’engager pour une idée commune qui est celle de la construction européenne. La nécessité de donner un nouvel élan à l’idée européenne nous unit.

Enfin, je suis persuadé que les relations culturelles avec la France méritent d’être approfondies. Un vaste chantier…mais qui en vaut la peine.

Quelle place occupent les Français au Luxembourg?

Les Français sont de plus en plus nombreux soit à passer définitivement la frontière pour s’installer dans notre pays soit à la passer quotidiennement pour travailler au Grand-Duché. Les uns et les autres sont le bienvenue. Et pour être clair, nous avons besoin d’eux pour que notre économie puisse se développer. Tout le monde à donc à y gagner. Il s’agit donc tout simplement de prendre les décisions politiques nécessaires pour que la vie quotidienne des uns et des autres, notamment en matière de mobilité ou encore de logement, permette la meilleure qualité de vie possible.

De nombreux Français voteront aux européennes au Luxembourg ? Quelle peut être leur contribution?

Participer activement aux élections européennes au Luxembourg est déjà en soi une contribution importante. Parce que c’est le signe d’une volonté d’intégration. Moi je souhaiterais que la participation des Français à la vie politique, sociale et culturelle puisse dans les années à venir s’étendre et que la présence française au Grand-Duché outre la contribution économique évidente nous apporte cette « french touch » – anglicisme uniquement utilisé pour en souligner l’universalité – bienfaisante.

Que pensez vous des crises récentes que traverse l’Europe? Orban /réfugiés?

J’appelle à plus de solidarité au sein de l’UE, notamment sur la question de la migration et en matière de politique d’asile. Pour moi, la solidarité signifie que chacun doit prendre ses responsabilités. Le refus de prendre sa part de responsabilité est à mes yeux le déni des principes mêmes sur lesquels était fondé cette grande idée européenne conçue par les pères fondateurs.

Je me réjouis néanmoins dans ce contexte que la France et l’Allemagne aient tenté de relancer le projet européen pour faire face aux défis actuels. Aujourd’hui les citoyens souhaitent plus que jamais une Europe capable de répondre aux défis économiques et sociaux posés par un monde en mouvement où d’aucuns n’hésitent pas à se tourner vers un protectionnisme synonyme de guerre commerciale. Je suis également convaincu que les citoyens européens attendent désormais une politique étrangère commune, une politique de sécurité commune et une politique de défense commune. Ce sont là les chantiers d’avenir sur lesquels il faut refonder le projet européen.

La Rédaction,

Le 26/09/2018

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