Les films français ont connu une année 2025 plutôt réussie à l’étranger, attirant 42,5 millions de spectateurs selon les estimations d’Unifrance publiées lundi, en hausse de 6% par rapport à 2024.
Qu’est-ce qu’un film français ?
Unifrance, chargé de la promotion du cinéma et de l’audiovisuel à l’international, considère qu’une production est française à partir du moment où une partie même minoritaire du financement vient de l’Hexagone.
Ainsi, sont référencés par Unifrance, tous les films produits ou coproduits par la France (via une ou plusieurs structures de production inscrites au Registre français des entreprises), à la condition qu’ils répondent à au moins l’un des critères ci-dessous :
- Avoir reçu l’agrément de production du CNC
- Être détenteur d’un visa délivré par le CNC
- Être sélectionné dans au moins un festival partenaire d’Unifrance
En revanche, les films sans part de coproduction française, ou seulement avec une production exécutive en France, ne peuvent être référencés. Enfin, la nationalité française du réalisateur/de la réalisatrice n’implique pas la nationalité française du film.
Rebond après 2024
Le cinéma français retrouve le niveau de fréquentation à l’étranger qu’il avait connu en 2023 mais qui reste cependant inférieur de 26% à la moyenne enregistrée sur les années 2017-2019, avant la pandémie de Covid-19. Cela représente un chiffre d’affaires de 272 millions d’euros environ pour le cinéma tricolore.
Mais il y a un bémol, les productions uniquement en langue française reculent avec 17,1 millions d’entrées, contre 25,8 millions en 2024. « On n’a pas eu de films français comme « Un p’tit truc en plus » ou « Le Comte de Monte Cristo » mais aussi « Anatomie d’une chute », qui ont bien marché », a expliqué à l’AFP la directrice générale d’Unifrance, Daniela Elstner. Elle a souligné en revanche la capacité du cinéma français à attirer des auteurs étrangers comme l’Iranien Jafar Panahi, dont le film « Un simple accident », Palme d’or à Cannes, est une production majoritairement hexagonale.
Les succès français de 2025
Le plus gros succès de l’année dernière à l’étranger, selon Unifrance, revient à une production minoritaire, le film d’animation « Flow », réalisé par le Letton Gints Zilbalodis. Couronné de l’Oscar et du César du meilleur film d’animation, ce récit des aventures d’un chat noir dans un monde inondé a attiré 7,8 millions de spectateurs hors de France. « Pour nous, c’est quasiment un film français » avec 45% de financement français, souligne Daniela Elstner. L’animation française a d’ailleurs enregistré une de ses meilleures années à l’étranger avec 13 millions d’entrées cumulées, juste derrière 2015 et 2017.

Sur la deuxième marche du podium, on retrouve une production majoritairement française mais tournée en langue anglaise : « Dracula », de Luc Besson, dont les films s’exportent souvent bien, a été vu par 3,7 millions de spectateurs à l’étranger. Il a même attiré plus de spectateurs en Italie (723.000) et en Russie (1,76 million) qu’en France (651.000). Le cinéma français s’est particulièrement bien exporté en Amérique latine, avec le Mexique en tête du classement (4,2 millions d’entrées), grâce notamment au succès de « Flow ». L’Amérique latine est une région « où on a des fans tournés vers le cinéma indépendant français. Il y a une vraie « fanbase » qu’on n’a jamais négligée« , insiste Daniela Elstner. Le podium des territoires d’export est complété par l’Italie (4 millions d’entrées) et l’Allemagne (3,2 millions), au même niveau que la Russie.

























