Christophe Castaner a Bruxelles

Christophe Castaner a Bruxelles

octobre 9, 2018 0 Par La rédaction

Ancien porte-voix d’Emmanuel Macron lorsque ce dernier était candidat à l’élection présidentielle 2017, Christophe Castaner est nommé, le 17 mai 2017, porte-parole du gouvernement. Six mois plus tard, le 18 novembre, il est désigné pour prendre la tête du parti du président, La République en marche (LREM). Maire de Forcalquier dans les Alpes-de-Haute-Provence depuis 2001, il avait inlassablement défendu le projet électoral d’Emmanuel Macron. Né en 1966, cet ancien socialiste est également secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement. Après la vice-présidence du Conseil régional de PACA, Christophe Castaner est par ailleurs devenu député en 2012, une première fois, sous l’étiquette PS.

C’est dans sa commune, Forcalquier, bâtie vers le VIIe siècle sur un piton rocheux que Christophe Castaner a exercé pendant seize ans son mandat de maire.Et c’est surtout dans le domaine de l’environnement qu’il veut marquer le terrain. Dès 2003, la commune interdit aux agriculteurs d’utiliser le Gaucho et le Régent, puis supprime l’utilisation des produits phytosanitaires, généralise le bio dans les crèches et les cantines scolaires, installe un marché paysan et un Village vert, espace d’animation, de commerces et de bureau qui promeut le modèle de consommation responsable.

Cet été, beaucoup attendaient la parole de Christophe Castaner, comme délégué général de La République en Marche (LaREM) au Sénat dans le cadre de l’affaire Benalla. Il a été auditionné pendant un peu plus d’une heure et demie, par la commission des Lois du Sénat, qui été exceptionnellement dotée des prérogatives d’une commission d’enquête dans le cadre de l’affaire Benalla. Il l’était en tant qu’employeur de Vincent Crase, salarié de LaREM aperçu aux côtés d’Alexandre Benalla lors des événements du 1er mai, le patron des marcheurs a dénoncé des « actes contraires » aux « valeurs du mouvement« . Cependant, Il lui a été reprochée un certain flottement au moment de défendre l’exécutif et la majorité pendant l’affaire.

Ce 4 septembre, c’est le top départ des européennes,  Christophe Castaner délivre notamment son agenda de déplacements prévus pour lier contacts avec les partis « amis » du mouvement, la Belgique est la première étape puis le reste du Benelux et l’ Europe centrale. Le député LREM des Français du Benelux, Pieyre-Alexandre Anglade mène ce travail avec le délégué général. Des contacts sont déjà noués avec les Espagnols de Ciudadanos et les Italiens du Partido democratico depuis Avril et Mai.

M. Castaner devrait donner la vision du mouvement sur cette élection tout au long des prochains jours. Cette plongée dans l’élection européenne sera aussi l’occasion pour M. Castaner de redorer son blason, lui si critiqué au cœur de l’été.

On ne peut simplement que noter que les Français de l’Étranger ne furent toujours pas au cœur du déplacement des responsables de notre communauté. Ni le député, ni le Délégué général du Parti n’ont évoqué spontanément la situation du réseau éducatif, des impacts du prélèvement à la source pour les Français de l’étranger, le désengagement d’Air France, etc.

Il fallut attendre que Véronique Lederman, candidate à Uccle ainsi que François Lestanguet, candidat à Etterbeek et aussi correspondant de notre site à Bruxelles, interpellent leurs hôtes pour obtenir des réponses évasives à des problématiques bien concrètes.

Accueil des migrants, politique humaniste face aux drames du Sahel et d’ailleurs, ce fut le cœur de l’intervention de Mme Lederman. La réponse fut simple, pragmatique, froide ? M. Castaner est clair : l’Espagne a accueilli l’Aquarius, et se retrouve aujourd’hui à fermer ses frontières, alors même qu’elle a un gouvernement, provisoire, socialiste. Une manière de clore le débat, y compris le débat sur l’orientation idéologique de la République en Marche ?

La question suivante portait sur la détresse des Français de l’étranger face à une crise qui ne devrait pas être : celle des Lycées Français de l’étranger : hausse des frais d’inscription, baisse des budgets, listes d’attentes parfois interminables, 4 exemples furent donnés : Rabah, Londres, Beyrouth, et Hambourg.

Alors que le Délégué Général avouait sa méconnaissance sur ces problématiques particulières, lui qui avait longtemps parlé du modèle éducatif français auparavant, le député des Français du Bénélux n’hésita pas à vanter la solution trouvée, à savoir une consultation, non encore commencée, et dont nous ignorons l’impact des résultats, mais qui, à coup sûr, selon lui, résoudra les problèmes que nos compatriotes de par le monde soulignent depuis longtemps, y compris depuis l’entrée en place du gouvernement il y a plus d’un an. Consultons, consultons, il en restera quelque chose.

Est-ce cela le nouveau monde ? Nous avons assisté à la démonstration intéressante d’un Délégué Général de LREM sur l’enseignement en France mais qui ne connait pas les problématiques des Lycées Français de l’étranger alors qu’il s’adresse à un parterre d’expats ; à une eurocratie bien contente de donner des leçons d’Europe mais qui ne dépasse pas les 2km2 du quartier européen à Bruxelles ; à un système rôdé, trop sans doute, sans apprendre des échecs de ceux qu’ils fustigent.

Nouveau Monde ? Anciennes recettes en tout cas sans nul doute.

Fabien Ferasson de Quental

le 05/09/2018

Photos Copyright : Manel Mselmi

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