Changement d’heure en 2026 ! Qui et quand ?

Changement d’heure en 2026 ! Qui et quand ?

Chaque année, des millions de personnes dans le monde avancent ou reculent leurs montres pour s’adapter au passage à l’heure d’été ou d’hiver. En France, ce rituel aura lieu dans la nuit du samedi 28 au dimanche 29 mars 2026, à 2h du matin, où il sera soudainement 3h. Mais d’où vient cette pratique ? Pourquoi le changement d’heure en 2026 est remis en question ? D’ailleurs, quels pays l’appliquent encore ? On fait le point pour les Français de l’étranger.

Une idée ancienne, une application récente

L’idée d’adapter l’heure aux saisons remonte à Benjamin Franklin en 1784, qui proposait de mieux utiliser la lumière naturelle pour économiser les bougies. Cependant, c’est en 1916, en pleine Première Guerre mondiale, que l’Allemagne devient le premier pays à instaurer officiellement le changement d’heure, rapidement suivie par le Royaume-Uni et la France. L’objectif était clair : économiser de l’énergie en réduisant l’utilisation de l’éclairage artificiel le soir, en profitant davantage de la lumière naturelle.

Dans l’hexagone, le changement d’heure est réintroduit en 1976, après le choc pétrolier de 1973. À l’époque, l’électricité était principalement produite à partir de centrales au fioul lourd. Le gouvernement de Valéry Giscard d’Estaing décide alors de décaler les horloges pour réduire la consommation d’énergie en soirée. Selon l’ADEME, ce dispositif a permis d’économiser 440 GWh en 2009, soit la consommation annuelle de 800 000 ménages.

Et depuis 1998, les dates de changement d’heure sont harmonisées au sein de l’Union européenne : le passage à l’heure d’été a lieu le dernier dimanche de mars, et le retour à l’heure d’hiver le dernier dimanche d’octobre. En 2026, ces dates sont donc fixées au 29 mars et au 25 octobre pour la France.

Remettre en question le changement d’heure

Depuis deux décennies, on entend, porté par des voix de plus en forte, le désir des populations de mettre fin au changement d’heure. Mais pourquoi ?

Tout d’abord, si le changement d’heure a longtemps été justifié par des économies d’énergie, son utilité est aujourd’hui violemment remise en question. En 2026, les modes de consommation ont évolué : l’éclairage ne représente plus qu’une faible part de la consommation électrique, et les économies réalisées sont marginales. Pire, certaines études montrent que les gains en soirée sont annulés par une augmentation de la consommation de chauffage le matin en hiver.

De plus, les psychiatres et autres professionnels du corps médical alerte sur le décalage horaire, même d’une heure. Celui-ci perturbe le rythme circadien et peut entraîner des troubles du sommeil, de la fatigue, voire des risques accrus d’accidents cardiaques ou routiers dans les jours qui suivent. Ces effets sont particulièrement marqués chez les enfants, les personnes âgées et les travailleurs de nuit.

Le 26 mars 1976, à Paris, les employées d’une horlogerie mettent à l’heure des réveille-matin.
Le 26 mars 1976, à Paris, les employées d’une horlogerie mettent à l’heure des réveille-matin. © Archives AFP

Des arguments qui ont trouvé écho dans les populations européennes. En 2018, une consultation menée au niveau de l’UE a recueilli 4,6 millions de réponses, dont 84 % de Français favorables à la suppression du changement d’heure. Le Parlement européen vote même sa fin pour 2021, mais le projet est bloqué par les États membres, incapables de se mettre d’accord sur le choix entre heure d’été permanente ou heure d’hiver permanente. Ailleurs, comme l’Ukraine, ils ont déjà tranché en faveur de l’heure d’hiver permanente et ce depuis 2024.

Car finalement, le principal obstacle à la suppression du changement d’heure en Europe est la coordination entre pays voisins. Personne ne souhaite créer une mosaïque de fuseaux horaires contradictoires, qui compliquerait les transports, le commerce et la vie quotidienne. En attendant, la France et la plupart des pays européens continuent d’appliquer le système, malgré son impopularité croissante.

Quels pays appliquent encore le changement d’heure en 2026 ?

Pour finir, on fait le tour des pays qui appliquent le changement d’heure en 2026.

En Europe

La majorité des pays de l’Union européenne appliquent toujours le changement d’heure, avec des dates harmonisées :

Passage à l’heure d’été : dernier dimanche de mars (29 mars 2026)

Passage à l’heure d’hiver : dernier dimanche d’octobre (25 octobre 2026)

Pays concernés : France, Allemagne, Espagne, Italie, Belgique, Pays-Bas, Pologne, Suède, Suisse, etc..

Dans le reste du monde

États-Unis et Canada : le changement d’heure a lieu le deuxième dimanche de mars (8 mars 2026) et le premier dimanche de novembre (1er novembre 2026). Certaines régions, comme l’Arizona ou Hawaï, ne l’appliquent pas.

Australie (certains États)

Nouvelle-Zélande

Brésil (certains États)

Chili, Paraguay, Uruguay (dates variables selon les années)

En revanche, la Russie, la Chine, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud et la plupart des pays d’Afrique et d’Amérique latine ne pratiquent plus le changement d’heure, souvent en raison de leur proximité avec l’équateur, où les variations de luminosité sont faibles. Ainsi, le changement d’heure, né d’une volonté d’économie d’énergie, est, en 2026, dépassé par les réalités énergétiques et les attentes citoyennes. Si son abolition semble inévitable à moyen terme, les désaccords entre États membres de l’UE retardent encore sa mise en œuvre. En attendant, les Français de l’étranger devront continuer à prendre en compte deux fois par an cette heure de décalage lors de leurs échanges avec le pays.

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