Ces dix inconnues seront résolues en 2019

Ces dix inconnues seront résolues en 2019

janvier 6, 2019 0 Par La rédaction

Ces dix inconnues seront résolues en 2019

Et si ? Et si Churchill n’avait pas été Premier ministre? Et si Mitterrand avait perdu ? Et si le coup d’Etat contre Gorbatchev avait réussi ? Et si Hillary avait été élue Présidente ? Et bien le monde ne serait pas tout à fait le même. Comme quoi, la politique, petite ou grande, compte. En 2019, un certain nombre d’incertitudes seront levées, qui détermineront, chacune, un peu l’avenir de chacun. Sans parler de celles que l’on ne connait pas, qui sont les surprises de l’histoire, mais qui viennent toujours.

  1. La première inconnue, toute proche, c’est le sort du Brexit et de Theresa May.

Personne ne veut de son plan. Mais personne n’a d’autre solution. Un Brexit sans accord, un nouveau vote ? Première étape, janvier, avec le vote au Parlement. Dernière étape, le 29 mars : sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne.

  1. Deuxième inconnue, la paralysie de Trump.

Les Démocrates contrôlent la Chambre des Représentants ; le Procureur Mueller poursuit son enquête sur les liens Trump-Russie et devrait en avoir assez pour inculper la fille du Président et son gendre, d’ici juin, début des primaires démocrates. Donald Trump sera encerclé. Incapable de gouverner, mais capable de se défendre. Un animal blessé peut être dangereux.

  1. Le monde dans une nouvelle crise économique?

Entre la guerre commerciale avec la Chine, le déficit budgétaire américain record, la remontée des taux d’intérêts, la fin d’un cycle de croissance, un redoutable effet de ciseau est à craindre aux Etats-Unis. Si les Etats-Unis entrent en crise, le monde aussi.Consolation: tout le monde s’y attend. Le sommet du G7 fin aoûten France peut être un événement.

  1. Les Eurosceptiques majoritaires au Parlement européen ?

Les vagues populistes se ressemblent, le dégagisme se porte bien. Pas tant que çà : des percées partout, de vraies victoires nulle part. Sauf en Italie avec le mariage de la carpe et du lapin. Et puis, in fine, on s’accroche à l’Europe comme à la seule alliance à peu près sûre dans un monde instable. Mais à force de crier haro sur le baudet, il sera plus ou moins vaillant. Les élections européennes auront lieu en mai. Quoiqu’il arrive, Juncker s’en va. Monsieur Brexit, Michel Barnier, reste à l’affût.

  1. Une crise politique et sociale en Algérie?

Tout y prépare. L’économie algérienne est à bout de souffle. La rente pétrolière, avec la baisse des prix du baril, est insuffisante. Bouteflika ne sait peut-être pas qu’il pourrait se succéder à lui-même à la prochaine élection présidentielle enavril, puisqu’il n’est que le fantôme de lui-même. Aucun successeur ne s’impose. La menace islamiste reste, avec la corruption, le seul ciment des clans au pouvoir. Une crise en Algérie affecterait tout le Maghreb et l’Europe. En Tunisie, les élections présidentielle sauront lieu à l’automne. Et si la Tunisie réussissait finalement sa révolution démocratique?

  1. Quelle nouvelle guerre au Moyen-Orient?

Assad, la Russie et l’Iran sortent vainqueurs du conflit syrien. Qu’y ont-ils gagné ? Le droit de rejouer dans un nouveau conflit. Ni Israël, ni l’Arabie saoudite et ses alliés ne peuvent accepter une victoire iranienne. Les élections israéliennes, en avril, devraient donner une coalition nouvelle à Netanyahou. Et l’Iran est malgré tout fragile. De quoi tenter des aventures, soit par désespoir, soit par opportunisme. Comme beaucoup de régimes tyranniques, celui des mollahs résistera jusqu’à la dernière goutte de sueur et de sang de sa population.

  1. Un nouveau cycle politique en Amérique latine?

Avec la victoire de Bolsonaro, une nouvelle droite est-elle en train de succéder à la vague de gauche des décennies passées, celles des Chavez, Correa, Kirchner, Lugo, Morales,  Lula qui finit avec Ortega et Maduro ? Sombrera-t-elle dans des excès semblables et inverses ? Macri, malgré le traitement de choc qu’il administre à l’Argentine, peut-être réélu enoctobre. Ortega peut tomber, Maduro s’écrouler, Cuba, qui va adopter une nouvelle Constitution, s’ouvrir vraiment.

  1. Quand La Chine stagnera

Entre sanctions américaines, contrôle social accru et endettement des entreprises publiques, l’économie chinoise peut-elle maintenir son rythme de croissance ? Chaque année on en doute. Chaque année, elle répond avec succès. Le 4 mai, un profond silence commémorera les trente ans de la répression de la place Tian’anmen.  A moins que.

  1. La France sur de bons rails ?

Après la crise des gilets jaunes et dix milliards de relâchement budgétaire, le gouvernement est-il encore capable de rassurer, rassembler et réformer, comme le dit Emmanuel Macron? Tout le monde en doute. On parle grand débat et referendum. Les Européennes pourraient sonner le glas du Premier ministre, mais le Premier ministre n’est pas en cause. C’est la capacité de rebond et de modernisation du pays qui est en question.

Telles sont les inconnues que l’on connait. 2019 apportera une réponse. Il peut surtout y avoir bien d’autres surprises, même des bonnes.

Laurent Dominati

A. Ambassadeur de France

A. Député de Paris

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