Au Mexique, les Français sont vigilants !

Au Mexique, les Français sont vigilants !

Le chef d’un important cartel de la drogue. Nemesio Oseguera, alias « El Mencho », a été abattu par l’armée mexicaine dimanche 22 février à Tapalpa. Ce qui serait un fait divers dans de nombreux pays est un évènement majeur pour le Mexique ! Depuis, il y a eu au moins 55 personnes ont perdu la vie. De leur côté, les autorités consulaires françaises ont appelé nos compatriotes à la plus grande prudence. On fait le point pour les Français de l’étranger.

Le Mexique plonge dans l’incertitude

Dimanche, la mort de Nemesio Oseguera Cervantes, leader du Cártel de Jalisco Nueva Generación (Cártel de Jalisco Nouvelle Génération, CJNG) connu sous le pseudonyme d’«El Mencho», à l’issue d’une opération menée par l’armée mexicaine réalisée avec le soutien des États-Unis, a provoqué une vague de violences qui pourrait s’étendre à d’autres pays.

Des voitures prises de force et incendiées à proximité des péages ou sur les routes du pays, des commerces détruits, des hommes armés faisant irruption dans la rue… Ces scènes effrayantes se sont déroulées ce dimanche 22 et ce lundi 23 février 2026 dans plusieurs régions du Mexique et principalement dans l’État du Jalisco (ouest). Les gouverneurs de plusieurs États invitent les habitants à rester chez eux et à prendre des « précautions extrêmes » après cette explosion de violence.

Car déjà 25 membres de la garde nationale, ainsi qu’un agent de sécurité et un fonctionnaire du parquet, ont été assassinés dans les attaques menées par le Cartel de Jalisco Nueva Generacion (CJNG), a annoncé lundi le ministre de la Sécurité, Omar Garcia Harfuch. Il a par ailleurs rapporté que 70 personnes avaient été arrêtées dans sept États au cours des violences survenues à la suite de la capture. Lors de ces événements survenus dans l’État de Jalisco (ouest), une femme a également trouvé la mort et 30 membres du cartel ont été tués par les forces de l’ordre, a précisé le ministre.

Qui était Nemesio “El Mencho” Oseguera ?

Né en 1966 dans une famille pauvre du Michoacan où les cultures illégales de cannabis étaient légions, il immigre jeune aux États-Unis, où il est condamné dans les années 1980 pour trafic d’héroïne. Il est expulsé du pays après avoir purgé sa peine. De retour au Michoacan, il rejoint le cartel del Milenio, dont il est éjecté à la suite de luttes internes. « El Mencho » quitte alors son État natal pour le Jalisco voisin, où il fonde en 2009 les « Mata Zetas », bientôt rebaptisé Cartel Jalisco Nueva Generacion.

©AFP
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Les images de lui sont rares. « El Mencho » « faisait très attention à ne pas s’exposer publiquement, on sait peu de choses sur sa vie », observe le spécialiste du narcotrafic José Reveles. Divorcé, Oseguera avait trois enfants. Son ex-épouse et deux de ses fils ont été emprisonnés. Cette dernière a été relâchée depuis, tandis que son aîné, alias « El Menchito », a écopé de la prison à perpétuité aux États-Unis.

Après l’extradition aux États-Unis du « Chapo » et de « Mayo », le Cartel Jalisco Nueva Generacion (CJNG) est devenu le plus puissant. En 2025, le département d’État américain déclare le CJNG organisation terroriste, soulignant son caractère « transnational avec une présence dans quasiment tout le Mexique ». Trafic de drogues, d’armes, extorsions, traite de migrant, vols de pétrole et de minerais, Washington l’accuse d’une litanie de crimes.

El Mencho, « violent de nature » selon le spécialiste du narcotrafic José Reveles, s’en prenait de front aux autorités, quand d’autres organisations similaires restaient sur la défensive. Ne parvenant pas à rivaliser avec ses concurrents qui contrôlent la frontière avec les Etats-Unis, « El Mencho » infiltrait d’autres marchés. « L’Europe, l’Asie, l’Afrique et même l’Australie étaient moins disputées par les Mexicains, et là-bas la drogue se paie plus cher », selon le spécialiste.

Les Français restent en alerte

Dans une note publiée ce 22 février, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères appelle les ressortissants français présents dans l’État du Jalisco à faire preuve « de la plus grande prudence » et à rester confinés pendant la durée des opérations en cours. Pour les autres États concernés, Paris recommande notamment : d’éviter strictement les zones d’intervention des forces de l’ordre ; de limiter les déplacements non essentiels ; de suivre les informations des médias locaux fiables ; de se conformer aux instructions des autorités, d’appeler le 911 en cas d’urgence et d’informer régulièrement ses proches de sa situation. À ce stade, aucune consigne d’annulation générale des voyages vers le Mexique n’a été émise. Mais la vigilance est clairement renforcée.

Le pays est vaste et la situation demeure très contrastée selon les régions. Les grandes stations balnéaires des Caraïbes, comme Cancún et la Riviera Maya, ne figurent pas parmi les zones mentionnées dans l’alerte récente. Selon TourMag, Air France indique à ce stade maintenir l’ensemble de son programme de vols vers le Mexique.

Du côté des élus des Français de l’étranger, pour le député des Français de cette zone, Benoît Larrouquis (suppléant d’Eléonore Caroit), joint par la rédaction, celui-ci rappelle que « nous avons à Guadalajara, là où a eu lieu l’arrestation du leader du cartel (…) une communauté française importante, près de 2000 à 2500 personnes, avec beaucoup de binationaux ». Le parlementaire de la 2ème circonscription des Français de l’étranger souligne aussi que « l’ambassade et les services consulaires sont extrêmement vigilants de ce qui se passe ». Il nous informe d’ailleurs qu’un message a été adressé à notre communauté sur place par les autorités françaises.

Même son de cloche pour Véronique Ramon-Déchelette, conseillère des Français de l’Étranger au Mexique, elle confirme que « le Consulat Général de France à Mexico a rapidement informé la communauté française au Mexique des mesures de sécurité préconisées par les autorités mexicaines et par le Ministère des Affaires Étrangères. » Jointe par Lesfrancais.press, elle indique également que ces « informations ont été relayées sur tout le territoire, notamment par le réseau des 5 Conseillers des Français de l’Étranger au Mexique et celui des « îlotiers » (français résidents sur tout le territoire du Mexique, qui bénévolement servent de relais d’information entre les autorités consulaires et nos ressortissants). »  Selon elle, il a été demandé à la communauté française se trouvant dans les états touchés par ces incidents de faire preuve de la plus grande prudence et de rester confinée pendant la durée des opérations. Un message bien reçu par la communauté comme en témoigne un client de la banque France Pay, installé sur place depuis plus de 15 ans, qui nous confirme que les rues n’ont pas totalement retrouvé le calme.

« L’atmosphère est très tendue. C’est impossible de se rendre à Guadalajara. Mes proches sont coincés chez eux et ne peuvent pas aller travailler. Les habitants se tiennent au courant des lieux de confrontations en cours sur internet »

Gérard Signoret, également conseiller des Français du Mexique et aussi membre de l’AFE (Assemblée des Français de l’étranger) nous partage le fait qu’au « consulat – on a eu – une cinquantaine d’appels de jeunes partis en week-end avec impossibilité de revenir dû à certains blocages routiers, mais « pour le moment rien de grave » rassure-t-il.  Il note que les « les aéroports fonctionnent » et invite toutefois la communauté française vivant au Mexique à « rester en alerte. »

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