Au Congo, Kabila choisit le Président parmi ses opposants.

Au Congo, Kabila choisit le Président parmi ses opposants.

janvier 10, 2019 0 Par La rédaction

Les électionsprésidentielles en République Démocratique du Congo étaient attendues avec espoir et anxiété. Le Congo, est habitué aux guerres civiles, aux invasions étrangères, aux violences post électorales. C’est l’ancien Zaïre de Mobutu, renversé par Laurent Désiré Kabila, père de Joseph, l’actuel Président.

Kabila, Président depuis l’assassinat de son père en 2001, réélu deux fois, avait repoussé de deux ans l’élection présidentielle à laquelle il ne pouvait plus se présenter, ni constitutionnellement, ni politiquement. Trois candidats étaient en lice : le candidat officiel du gouvernement, Emmanuel Shadary, massivement soutenu par la propoagande du pouvoir, qui n’arrive que troisième. Première surprise.

Deuxième surprise, selon la Commission électorale,  le vainqueur serait Felix Tshisekedi, fils d’Etienne Tshisekedi, ancien premier ministre et opposant historique, mort en 2017. Mais cette victoire est contestée par celui qui serait arrivé seulement deuxième, Martin Fayulu.

Selon la Conférence épiscopale, qui a déployé des observateurs et a joué un grand rôle dans la réconciliation nationale, ce serait lui le vainqueur. Il aurait même obtenu la majorité absolue. La France, par la voix de Jean Yves Le Drian a emboité le pas : « le résultat n’est pas conforme aux observations ». Rare que l’Eglise et la France s’engagent à ce point.

Tout se passe comme si, constatant l’échec de son candidat Shadary, Kabila avait traité avec Tshisekedi, qui aussitôt proclamé, a fait l’éloge du Président Kabila. Les contacts entre l’opposant et le Président étaient établi depuis plusieurs jours et garantie a été donnée qu’il n’y aurait pas de « chasse aux sorcières ».

La République démocratique du Congo, ancienne colonie belge, est un géant africain : par sa superficie, c’est le deuxième pays d’Afrique, par sa population aussi. Plus de 80 millions d’habitants, dont 60% ont moins de 20 ans. C’est le premier pays francophone du monde, le Français y est parlé par 90% de la population. Pays aux plus de 200 ethnies, c’est un pays très riche en minerais de toute sorte, or et diamant. Et un des plus pauvres du monde : 87% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté absolu, mais l’analphabétisme régresse. Son premier partenaire commerciale est la Chine.

La France a saisi le Conseil de Sécurité « pour que les résultats constatés soient les résultats réels. » Mais la suite se jouera probablement sur place, entre l’Eglise, Kabila, les oppositions, la rue, les armes ou la menace des armes.

La rédaction

 

 

 

 

 

 

 

 

vote, la conférence épiscopale (Cenco) avait fait savoir que, selon ses données, l’élection «consacre la victoire d’un candidat» et enjoint la Céni de «respecter les vœux du peuple congolais». Elle n’en avait pas dit plus. Jeudi soir, alors que la Céni était sur le point de révéler le nom du futur président, la Cenco avait publié un nouveau communiqué pour appeler à respecter la vérité. Si l’Église n’a jamais dévoilé officiellement le nom du candidat «consacré», selon plusieurs sources diplomatiques et au sein d’OGN, il ne s’agissait pas de Félix Tshisekedi. Les chiffres de la Cenco, pour imprécis qu’ils soient, offraient à Martin Fayulu une large majorité absolue.

 

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