Argentine : Cristina jugée pour corruption, Macri en récession

Argentine : Cristina jugée pour corruption, Macri en récession

décembre 30, 2018 0 Par La rédaction

Marchés publics contre pots de vin, du banal. Il s’agirait, selon un juge argentin, d’un système mis au point dés le premier mandat de Nestor Kirchner, le Président péroniste auquel succéda sa femme Cristina. Le couple se serait enrichi de centaines de millions de dollars, 160 selon la justice. Les biens des Kirchner devraient être mis sous séquestre, mais l’ancienne Présidente, devenue sénatrice, ne sera pas placée en détention grâce à son immunité parlementaire, en attendant le jugement.

Cristina n’est pas la seule à être accusée de corruptions. Outre des membres de son gouvernement et des hauts fonctionnaires, de nombreux chefs d’entreprises sont concernés. Parmi eux, le frère et le père de l’actuel Président Macri. Il est vrai que la patriarche du clan Macri considérait son fils cadet comme un bon à rien et voulait le déshériter. Mauricio est devenu Président. Pas sûr que son père ait voté pour lui : même pas capable de le protéger des juges.

Cristina, qui attend d’être jugée dans plusieurs autres affaires de corruption, n’écarte pas la possibilité d’être candidate du parti péroniste contre Macri. L’élection est l’an prochain, et la purge économique imposée par l’actuel Président à l’Argentine a provoqué une récession. L’Argentine a obtenu le soutien du FMI, avec un prêt de 57 milliards de dollars, mais le FMI n’est pas vraiment populaire. La récession de 2018, avec un effondrement du peso, a accentué la pauvreté. Certes, le traitement de choc a réduit le déficit budgétaire ce qui donne espoir au gouvernement de maitriser enfin la masse monétaire et l’inflation (40%). En 2019, l’Argentine devrait atteindre, hors charges de la dette, l’équilibre budgétaire. Pour que Macrisoit réélu, il faudrait surtout que l’économie reparte. C’est possible : On l’a vu avec l’Irlande, le Portugal, l’Espagne, la Lettonie. Mais il faut du temps et des investissements.  Le G20 a permis à Mauricio Macri de montrer au monde entier que l’Argentine est sur la bonne voie, comme l’a publiquement déclaré Emmanuel Macron, mais est-ce suffisant pour en convaincre les Argentins ?

En fait, son plus grand atout semble justement être Cristina, dont l’étoile a considérablement pali. Le mythe des « K » s’est effrité : le président des pauvres et sa femme ont su multiplié leur fortune, celle de leurs amis,  pas celle du pays. Et puis Cristina est invisible. C’était déjà le cas à la fin de sa Présidence. On la dit malade, psychologiquement. D’autres se préparent, mais aucun péroniste n’émerge. Le troisième homme pourrait être Massa, déjà troisième à la dernière élection, jeune homme un peu vieilli, ancien partisan des Kirchner en dissidence depuis des années. Pas sûr qu’il ait les soutiens suffisants.

Pour l’instant, la cote d’une réélection de Macri reste jouable. Ce qui serait une nouveauté en Argentine et en Amérique latine : un Président réélu malgré une politique de redressement brutal des Finances publiques. Une leçon pour d’autres, y compris en Europe ? Cristina n’est pas encore jugée et la récession n’est pas finie. Que viva Argentina !

La rédaction

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