Ancien ministre des FDE, Hélène Conway parle

Ancien ministre des FDE, Hélène Conway parle

octobre 4, 2018 0 Par La rédaction

Hélène Conway

 

 

Née en Algérie, Hélène Conway-Mouret,  a vécu de nombreuses années en Irlande à Dublin.  Diplômée du très prestigieux « Trinity College »,  elle a été enseignante  en Irlande et dirigé le département des langues de l’Institut de technologie de Dublin. Membre du Parti socialiste, Hélène Conway a été élue à l’Assemblée des français de l’Etranger ( AFE) pour la première fois en 1997, puis réélue en 2000 et  2006. Elue sénatrice des Français établis hors de France en 2011, elle a été ministre déléguée chargée des Français de l’étranger dans le gouvernement Jean-Marc Ayrault du 21 juin 2012 au 31 mars 2014. Madame Conway redevint alors sénatrice. Elle a été réélue au sénat en septembre 2014.   

Ministre, Hélène Conway rédigea et défendit la loi de 2012 qui réforma la représentation des Français de l’étranger et créa les conseillers et délégués consulaires.  A la veille d’une réforme proposant une révision de sa loi et  quelques jours avant la session de l’AFE, Madame Conway répond à nos questions.

 

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Comme ministre vous avez fait voter la réforme de la représentation des FDE en 2012, que pensez-vous des pistes ouvertes par le gouvernement?

Depuis le début du mandat du Président Macron, il y a beaucoup d’annonces. Cependant la réalité est souvent en contradiction avec ce qui est annoncé. J’ai été surprise de l’annonce d’une nouvelle réforme. En général, quand une réforme est annoncée, elle est précédée d’un projet, d’une ligne directrice. Pour le moment, nous n’avons aucune idée sur ce qui va être présenté. Il n’y a aucun objectif clair de fixé pour le moment.

Ma reforme avait pour objet la représentation des Français de l’étranger dans quelques pays où ils se trouvent. Afin qu’il y ait des élus des FDE partout, nous avons procédé à une découpe mathématique tout en prenant en compte la nécessité d’avoir des élus même dans les pays les plus reculés où il n’y a pas beaucoup de Français. Lors du découpage, j’ai été tiraillée entre le calcul mathématique et la représentation de tous les FDE. C’est pour cela que nous avons créé le mandat de délégué consulaire pour pondérer le poids de chaque circonscription en fonction du nombre de FDE en vue des élections sénatoriales.

Je considère les élus locaux comme des lanceurs d’alerte, comme un relais privilégié entre les FDE et les parlementaires. Ils ont une véritable connaissance du terrain et savent quels sont les besoins localement. Ils sont davantage ancrés que les diplomates qui ne restent pour la plupart que 3 ans en poste. L’élu local a une liberté de parole et une liberté d’action.

Je regrette que certains élus à l’AFE souhaitent un retour en arrière quand ils prônent la suppression des conseillers consulaires. Il en est de même pour ceux qui suggèrent la suppression de l’AFE.

A mon sens, la réforme a été très positive. Elle a permis un rajeunissement et une féminisation de l’ensemble des élus des FDE. Il serait une erreur de supprimer les conseillers consulaires surtout avec la diminution de 10% du personnel des postes consulaires. Il faut au contraire s’assurer que la loi est bien appliquée pour qu’ils puissent bénéficier de toutes leurs prérogatives. Il serait aussi judicieux de leur donner davantage de moyens financiers pour qu’ils puissent être davantage connus par le biais de sites internet.

Les postes doivent appliquer la loi telle qu’elle a été votée.

Depuis trois ans, l’AFE ne redistribue pas tous les subsides qu’elle reçoit. Cet argent devrait être rendu aux élus.

Les améliorations du statut des Conseillers consulaires devrait se faire par la voie règlementaire et non en tout détricotant par le biais d’une nouvelle loi.

 

 

Comment voyez-vous la recomposition à gauche? Que pensez-vous de ce qui s’est passé lors de l’élection partielle en Espagne?

Pour ce qui est des élections partielles comme celle qui a eu lieu en Espagne, j’ai préféré rester en retrait. Je ne me mêle des querelles de personnes.
Mon rôle aujourd’hui est de légiférer, de contrôler l’exécutif mais surtout de rester à l’écoute des élus locaux.

 

La Rédaction,

 

Le 27/09/2018

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