Invité sur le plateau de BFMTV, mardi 25 février, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé avoir pris une série de mesures de restriction de circulation et d’accès au territoire français contre plusieurs dignitaires algériens, et ce, alors que les relations entre Paris et Alger restent très tendues ces derniers mois.
« Ce sont des mesures réversibles qui s’éteindront dès lors que la coopération à laquelle nous appelons reprendra », a expliqué le membre de l’exécutif. Afin de justifier la mise en place de ces mesures, le chef de la diplomatie française est notamment revenu sur le plateau de BFMTV sur le refus de l’Algérie d’accueillir sur son territoire plusieurs de ses ressortissants en situation irrégulière en France et expulsés de l’Hexagone, à l’instar de l’assaillant de l’attentat de Mulhouse ou encore de l’incarcération depuis mi-novembre 2024 de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal.
Étendre les mesures à l’espace Schengen
Invité de Télématin, sur France 2, mercredi 26 février, Jean-Noël Barrot a par ailleurs évoqué une autre mesure de durcissement : celle de réduire les délivrances de visas dans tous les pays de l’Union européenne pour les États qui refuseraient de reprendre leurs ressortissants expulsés. « Si un pays ne coopère pas avec les autorités françaises, je vais proposer que tous les pays européens, en même temps, puissent restreindre leur délivrance de visas », a-t-il ainsi expliqué.
À l’inverse, il souhaite que les pays coopérant sur la question de leurs ressortissants expulsés puissent, là encore au niveau européen, bénéficier de baisses de droits de douane.
Relations diplomatiques tendues
Alors que les relations diplomatiques entre Paris et Alger restent tendues ces derniers mois, notamment depuis la brouille autour du Sahara occidental, celle-ci s’est intensifiée au fil des semaines après l’incarcération de Boualem Sansal et l’affaire des influenceurs algériens. Ainsi, une réunion interministérielle autour du Premier ministre François Bayrou doit se tenir, mercredi 26 février, à laquelle participeront plusieurs ministres comme Gérald Darmanin (Justice), Élisabeth Borne (Éducation nationale), Yannick Neuder (Santé), Jean-Noël Barrot (Europe et Affaires étrangères) ou Bruno Retailleau (Intérieur). Lors de cette réunion, plusieurs enjeux autour de la maîtrise des flux migratoires devraient être abordés, même si aucune « décision jupitérienne » ne sera prise, a prévenu Matignon.
Alger a réagi mercredi à l’annonce de Jean-Noël Barrot concernant les mesures de restriction d’accès à la France pour certains dignitaires algériens. Le gouvernement algérien dénonce une nouvelle « provocation » de la part de Paris et assure n’avoir été « aucunement informé » au préalable. Après avoir exprimé sa « surprise » et son « étonnement », l’Algérie a également déclaré que cette décision « s’inscrit dans la longue liste des provocations, des intimidations et des menaces dirigées » à son encontre.
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