Les épreuves que notre compagnie nationale a traversées, la Covid-19, les restructurations, les appels au boycott de l’aérien ou les difficultés actuelles de KLM et de Transavia ont indéniablement amélioré la capacité de résilience d’Air France. La semaine dernière, devant la presse, Air France-KLM a annoncé des ambitions de consolidation en Europe. Benjamin Smith, le PDG canadien, espère intégrer « une, voire deux » nouvelles compagnies au groupe cette année, avec SAS et TAP Air Portugal en ligne de mire.
Une belle année 2025
Car « malgré un monde qui se referme », des « tensions multiples » et « beaucoup de vents contraires » fiscalement ou géopolitiquement, 2025 aura été, de l’avis de sa direction et en attendant les résultats financiers, une année de réussites pour le groupe Air France-KLM. Sont cités pêle-mêle les 20 ans du programme de fidélité Flying Blue et ses 30 millions de membres, l’introduction des nouvelles cabines La Première, du wifi haut débit gratuit à bord, de l’offre Air France Holidays (vol + hôtel), mais aussi les projets communs avec le groupe Aéroports de Paris (mise en place des short connections pass…) ou de la SNCF (offre Train + Air ouverte aux Ouigo).
Au cours de la conférence, il a aussi été évoqué le renouvellement de la flotte d’Air France qui se poursuit « à un rythme inédit dans l’histoire de la compagnie », d’après Anne Rigail, directrice générale de la compagnie tricolore. Les barres des 40ᵉ Airbus A350 et 50ᵉ A220 ont été franchies récemment.
Départ d’Orly
2026, année du 50e anniversaire de la mise en service du Concorde, commencera aussi par un départ : celui d’Air France d’Orly, prévu pour fin mars, à l’exception des vols vers la Corse.
« Transavia deviendra l’opérateur de référence du groupe sur Paris-Orly. Même si nous y gardons une base de maintenance, c’est un départ très symbolique »
Anne Rigail, directrice générale d’Air France

Air France KLM accélère sur le dossier TAP
Le transporteur national est le premier candidat à officialiser sa manifestation d’intérêt pour le rachat de la TAP, lançant ainsi un processus en plusieurs étapes qui permettrait au repreneur d’acquérir jusqu’à 44,9% du capital de la compagnie nationale portugaise. AF-KLM préserverait la marque TAP, maintiendrait Lisbonne comme hub et continuerait d’investir dans le réseau de TAP.
L’attrait de TAP réside dans ses liaisons dominantes vers le Brésil, sa solide présence en Afrique et ses connexions vers l’Amérique du Nord. La compagnie a transporté 16 millions de passagers en 2024, soit une hausse de 1,6 % par rapport à l’année précédente, et est restée rentable depuis 2022 après cinq années de pertes.
Mais Air France n’est pas seule, Deutsche Lufthansa et IAG, propriétaire de British Airways, ont aussi manifesté leur intérêt au cours de l’année écoulée. La compagnie aérienne portugaise se distingue parmi le petit nombre de compagnies aériennes publiques encore disponibles à la vente en Europe, une région désormais dominée par les trois grands groupes.
Un troisième hub à Copenhague
En attendant le processus de privatisation de TAP Air Portugal, dans lequel s’est déclaré candidat Air France-KLM, Benjamin Smith a pris la parole, lors de la conférence de presse, pour donner des nouvelles de la dernière acquisition du groupe : Scandinavian Airlines (SAS).
Ainsi, d’ici fin 2026, le groupe va détenir 60,5 % des actions, en rachetant les parts détenues par Castlelake (32 %) et Lind Invest (8,6 %). Cette intégration se fera sous réserve des approbations réglementaires, notamment de l’Europe, concernant une possible situation monopolistique, ce qui ne devrait pas poser de problème sur ce dossier.

Bien que le siège social de SAS soit en Suède, la compagnie possède deux principaux hubs : l’un à Stockholm et l’autre à Copenhague. Le but stratégique d’Air France est de faire de Copenhague le troisième hub du groupe et plus globalement de consolider sa position au nord de l’Europe. Le groupe devrait, ainsi, être en mesure d’affronter la concurrence régionale de Norwegian, ainsi que celle d’acteurs comme Emirates, Qatar Airways et Turkish Airlines.
C’est aussi une opportunité pour Scandinavian Airlines qui pourrait regagner des parts de marché, qu’elle a perdues ces dernières années, elle va, aussi, pouvoir s’appuyer sur SkyTeam, alors même que Star Alliance n’a jamais vraiment joué collectif pour favoriser des opportunités de croissance. Enfin, SAS pourra aussi bénéficier des volumes d’Air France-KLM pour acheter de nouveaux avions, grands ou petits, à des conditions plus avantageuses.






















